Le Cégep de Sherbrooke offre des cours en présence, même en zone rouge

Au Cégep de Sherbrooke, la majorité des cours sont donnés à distance depuis le mois d’août. Mais les activités en présence se font en demi-groupes, pour permettre la distanciation et réduire les risques de transmission du virus.
Photo: Libertad-PB Creative Commons Au Cégep de Sherbrooke, la majorité des cours sont donnés à distance depuis le mois d’août. Mais les activités en présence se font en demi-groupes, pour permettre la distanciation et réduire les risques de transmission du virus.

Même en zone rouge, le Cégep de Sherbrooke continuera d’offrir au moins 25 % de ses cours en présence lors de la session d’hiver. La Direction de santé publique (DSP) de l’Estrie a recommandé un seuil minimal d’enseignement en classe après avoir conclu que moins de 1 % des infections au coronavirus dans la région étaient dues à la présence sur les campus, l’automne dernier.

L’Estrie reste une sorte de village gaulois en enseignement supérieur au Québec : le Cégep et l’Université de Sherbrooke ont offert une portion importante de leurs cours en présence lors de l’automne — et pas uniquement en laboratoire —, malgré la pandémie. La Santé publique régionale a conclu que les campus sont restés sûrs en dépit de la présence d’étudiants et de membres du personnel.

« Ces milieux sont sécuritaires et réussissent à faire respecter les règles sanitaires de base. […] Les lieux d’acquisition étaient davantage dans la communauté que dans les salles de classe ou les laboratoires », indique une note de la DSP de l’Estrie datée du 8 janvier 2021.

À peine 59 des 6918 infections à la COVID-19 (moins de 1 %) signalées au cours de l’automne 2020 en Estrie sont attribuables à la présence dans un cégep ou une université de la région, a conclu la DSP.

Au Cégep de Sherbrooke, la majorité des cours sont donnés à distance depuis le mois d’août. Mais les activités en présence se font en demi-groupes, pour permettre la distanciation et réduire les risques de transmission du virus.

L’Université de Sherbrooke a offert des cours en plein air au début de la session d’automne et a loué des espaces dans un couvent et des églises. Selon nos informations, l’avis de la Santé publique est arrivé trop tard pour permettre à l’UdeS d’offrir le nombre souhaité d’activités en présence en début de semestre, mais l’établissement compte s’en inspirer pour la suite de la session.

Une aide à la motivation

La présence en classe a eu un « effet protecteur » sur la santé mentale des étudiants, estime la Dre Mélissa Généreux, professeure au Département des sciences de la santé communautaire de l’Université de Sherbrooke. Cette ancienne directrice de la santé publique de l’Estrie a contribué à l’avis favorable à la présence en classe dans les cégeps et universités de la région.

Pour Éric Gagné, directeur des études au Cégep de Sherbrooke, il ne fait aucun doute que la présence en classe aide considérablement à garder les élèves motivés — et en meilleure santé mentale — qu’avec un enseignement uniquement à distance.

Plusieurs élèves sont anxieux face à l’obligation de se présenter en classe pour certains cours


  

 

Une équipe de professionnels du Cégep a appelé tous les élèves de l’établissement au cours des dernières semaines pour sonder leur état d’esprit. « La principale recommandation des étudiants a été de maintenir autant que possible la présence en classe », dit-il.

L’Association étudiante du Cégep de Sherbrooke (AECS) est satisfaite de la consultation menée par l’établissement. L’Association estime que le Cégep a « bien réagi à la situation actuelle avec la mise en place de nombreux gestes barrière efficaces contre le virus (masque de procédure obligatoire en classe, désinfection des mains et des plans de travail et port d’équipement de protection lorsque la distanciation ne peut être respectée, en laboratoire par exemple) ».

« Cependant, avec la recrudescence actuelle de cas de COVID, plusieurs élèves sont anxieux face à l’obligation de se présenter en classe pour certains cours. Nous serons attentifs à cette situation au cours de la session », souligne Hugo Forget, responsable aux affaires externes de l’AECS.

Le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke a la même réaction partagée par rapport au seuil imposé de cours en présence : « Nous, on dit que les profs sont les mieux placés pour faire ce choix-là [d’enseigner en présence ou à distance] », explique Julie Dionne, présidente du syndicat.

Tout le monde préfère les cours en présence en temps normal, mais de nombreux enseignants sont inquiets de la montée des infections au Québec, explique Julie Dionne.