Manifestation en support aux élèves de l’école Henri-Bourassa

Le militant Jean-Claude Aimé Kumuyange encourage les jeunes à dénoncer les injustices devant l'école Henri-Bourassa, à Montréal-Nord.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le militant Jean-Claude Aimé Kumuyange encourage les jeunes à dénoncer les injustices devant l'école Henri-Bourassa, à Montréal-Nord.

Des anciens étudiants et des membres de la communauté se sont rassemblés devant l’école Henri-Bourassa à la fin des classes vendredi en support aux jeunes qui ont eu le courage de filmer leur professeur alors qu’il prononçait le mot en n en classe.

« Nous sommes ici pour rencontrer les jeunes et les applaudir pour leur courage d’avoir osé filmer leur enseignant », explique Abir Sanih, l’une des membres fondatrices du mouvement les béliers solidaires, un groupe qui a publié une série de témoignages d’anciens étudiants encore ébranlés par les propos racistes que le professeur d’histoire Vincent Ouellette a tenus au fil des années.

« On voulait faire quelque chose de positif et ramener le focus sur les élèves actuels de l’école qui ont filmé le professeur, ajoute la jeune femme qui fait aujourd’hui sa maîtrise en sciences politiques. Sans eux, rien de tout cela n’aurait été possible. »

La cloche sonne. C’est la fin des cours, le début du week-end de l’Halloween. Devant l’école, c’est un peu le chaos, alors que les supporters encouragent les jeunes élèves qui sortent de l’école. Du haut de sa tribune, monté sur une petite roche, l’artiste et militant Kenny Thomas prend la parole, rassemblant tout le monde autour de lui. « On est avec vous », lance l’artiste devant un groupe de jeunes surexcités.

« On va passer à la télé ! », s’écrient en écho certains jeunes en voyant les caméras des médias. « Vite, on va manquer le bus », affirme un jeune en entraînant son ami loin de la petite foule qui écoute les discours improvisés.

« Aucun prof n’a le droit de vous discriminer. Il faut tout dénoncer », lance le militant Jean-Claude Aimé Kumuyange.

« Malgré ce que les autres peuvent dire, vos émotions sont valides, vous n’êtes pas seuls, vous allez être entendus », affirme à son tour Hiba Jabouirik, qui a elle-même été « traumatisée » par le professeur Vincent Ouellette alors qu’elle était son élève en 2015. « J’ai un black-out de cette année-là tellement ça a été traumatisant », raconte la jeune femme.

Racisme systémique

Le militant Will Prosper était de la partie pour soutenir les jeunes vendredi. « Ça m’a choqué de voir ça [la vidéo]. En sortant aussi courageusement, [les jeunes] ouvrent une porte pour le Québec pour qu’on puisse avoir cette conversation-là. »

Le député de Québec Solidaire, Andrés Fontecilla, était lui aussi venu démontrer sa solidarité avec les élèves vendredi. « Des pommes pourries, ça existe. Mais que cet enseignant ait pu continuer à traumatiser ses élèves pendant toutes ces années, c’est une preuve que le racisme systémique existe. »

Le professeur Vincent Ouellette n’a pas répondu aux nombreuses demandes d’entrevues du Devoir ces derniers jours, en lien avec ces nouvelles allégations. Samedi dernier, il avait envoyé un message d’excuses après la diffusion du vidéo le montrant utiliser le mot en n à maintes reprises dans son cours, faisant référence notamment au monologue « Nigger black » d’Yvon Deschamps. Rappelons que Vincent Ouellette fait l’objet d’une enquête administrative de la part du Centre de services scolaires de la Pointe-de-l’Île.