Des étudiants demandent le renvoi de l’enseignant de l’école Henri-Bourassa

La semaine dernière, une vidéo montrant le professeur Vincent Ouellette utiliser le mot en n dans son cours d’histoire a fait la manchette.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La semaine dernière, une vidéo montrant le professeur Vincent Ouellette utiliser le mot en n dans son cours d’histoire a fait la manchette.

Des étudiants et anciens élèves du professeur Vincent Ouellette, qui a utilisé le mot en n en classe à l’école Henri-Bourassa, envisagent d’entamer des procédures judiciaires et demandent son renvoi immédiat et une enquête indépendante. Selon eux, l’enseignant tient des propos racistes depuis des années. Ils ajoutent que leurs plaintes à la direction n’ont jamais eu d’échos.

« On étudie différents recours, confirme l’avocat Alain Arsenault, qui a été contacté plus tôt cette semaine par d’anciens étudiants. Poursuite civile, action collective ou autre, on ne sait pas encore, on n’est pas rendus là. »

La semaine dernière, une vidéo montrant le professeur Vincent Ouellette utiliser le mot en n dans son cours d’histoire a fait la manchette. D’anciens élèves se sont alors mobilisés pour dénoncer le fait que ce professeur tiendrait de tels propos depuis des années.

Mercredi, ils ont mis en ligne une vidéo de dix minutes dans laquelle on peut voir des étudiants de différentes cohortes témoigner contre leur professeur.

Dans une lettre publiée sur leur page Facebook, les élèves, regroupés sous le nom de « béliers solidaires », demandent « le renvoi immédiat » de Vincent Ouellette et « une enquête transparente et indépendante qui se penche sur le suivi que la direction de l’école a accordé aux plaintes à l’égard de l’enseignant ».

Plaintes

Même si les comportements reprochés touchent un professeur en particulier, la démarche des étudiants va beaucoup plus loin, affirme Cathy Ramirez, une diplômée de la cohorte 2011 qui a elle-même porté plainte contre M. Ouellette à l’époque.

« C’est un problème qui dépasse cet individu, qui touche notre direction, notre centre de services scolaires, notre système scolaire, affirme-t-elle. Il y a eu des plaintes à plusieurs niveaux et aucune de ces plaintes n’a donné suite à des changements ou à un suivi. C’est le signe de quelque chose qui dépasse les murs de cette classe. »

Le centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSSPI) n’était pas en mesure de confirmer si d’autres plaintes ont été déposées à l’encontre du professeur Vincent Ouellette. « Toute plainte reçue par le CSSPI est traitée de façon diligente, mais nous ne sommes pas autorisés à divulguer ou commenter le contenu du dossier d’un employé, comme d’éventuelles sanctions ou suites données à une plainte », répond la responsable des communications, Valérie Biron.

Il y a eu des plaintes à plusieurs niveaux et aucune de ces plaintes n’a donné suite à des changements ou à un suivi. C’est le signe de quelque chose qui dépasse les murs de cette classe.

 

Vincent Ouellette fait déjà l’objet d’une enquête administrative à la suite de la diffusion de la première vidéo. Réagissant à la deuxième vidéo, mercredi, le CSSPI « tient à assurer aux élèves, aux anciens élèves et aux membres de la communauté que le dossier est pris en charge par le service des ressources humaines et que les mesures appropriées seront prises à la suite de l’enquête. »

« Le service des ressources humaines analyse actuellement tous les témoignages d’élèves actuels et qui ont gradué, et ce, dans le respect des procédures et délais prévus à la convention collective », ajoute Mme Biron.

Au moment où ces lignes étaient écrites, Vincent Ouellette n’avait pas répondu à la demande d’entrevue du Devoir. Plus tôt cette semaine, il avait envoyé un courriel dans lequel il faisait son mea culpa pour l’utilisation du mot en n. « Je m’excuse auprès de mes élèves, auprès de la communauté où j’enseigne depuis 25 ans, ainsi qu’auprès de tous ceux et celles qui ont été offensés », écrivait-il.

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