Les écoles restent ouvertes en zone rouge

La Direction de santé publique de Montréal tient à éviter une fermeture généralisée des écoles, comme lors du printemps.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir La Direction de santé publique de Montréal tient à éviter une fermeture généralisée des écoles, comme lors du printemps.

Le reconfinement pour 28 jours des bars, des restaurants et d’autres lieux publics vise à « protéger les écoles ». Même dans les trois régions qui virent au rouge, le gouvernement Legault dit garder les écoles ouvertes pour le bien des enfants.

« Pour l’instant, il n’y a rien de changé dans les écoles. La grande majorité, 99 %, des enfants peuvent continuer à suivre leurs cours, et il faut que ça reste comme ça. C’est un risque calculé, et il y a un risque encore plus important si on garde les enfants à la maison », a déclaré le premier ministre, François Legault, en conférence de presse lundi en début de soirée.

Les écoles primaires et secondaires restent ouvertes dans la grande région de Montréal (qui regroupe les 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal), dans la Capitale-Nationale et dans la région de Chaudière-Appalaches, qui passent en zone rouge en raison de la hausse de la propagation du virus.

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Selon ce que Le Devoir a appris, la Dre Mylène Drouin, directrice de la santé publique de Montréal, a indiqué lundi lors d’une rencontre virtuelle avec des élus de la métropole qu’elle compte « tout faire pour ne pas fermer les écoles ». La santé mentale des jeunes — et leur réussite éducative — sera mieux servie par des écoles ouvertes, a-t-elle fait valoir.

Locaux recherchés

La Dre Drouin et son équipe doivent rencontrer mardi des représentants de cégeps et d’universités de la région montréalaise (où l’enseignement se fait principalement à distance) pour discuter de la possible location de locaux pour scolariser des élèves — ou même pour les faire socialiser, avec le confinement du reste de la société. Cette possibilité permettrait de libérer de l’espace dans des écoles primaires ou secondaires, et d’améliorer la distanciation physique.

Cette idée est loin de plaire aux collèges et aux universités, qui estiment être déjà remplis avec environ 30 % de leurs étudiants en présence sur les campus. « On est à distance parce qu’on n’a pas la capacité d’accueillir tous nos étudiants. Notre taux de présence tient compte des normes sanitaires », dit Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps du Québec.

Même son de cloche du côté des universités montréalaises. L’espace manque pour accueillir les élèves du primaire et du secondaire, indiquent les établissements. « Est-ce que ça serait possible ? Tout est possible, mais ça ne se ferait pas la semaine prochaine. La réorganisation de nos locaux est tout un casse-tête », dit une source universitaire.

Par exemple, un auditorium de 100 places peut accueillir une trentaine d’étudiants, avec les règles de distanciation. Et il est impossible de tenir deux cours de suite dans le même local : il faut désinfecter les locaux entre chaque cours.

C’est clair que la contamination s’accélère dans les écoles. Il faut ajouter des mesures de sécurité, parce que, si ça continue, les écoles devront fermer dans deux ou trois semaines.

 

Le niveau de progression du virus est relativement maîtrisé dans les écoles malgré des éclosions ponctuelles, estime le premier ministre Legault. L’école secondaire Gérard-Filion, de Longueuil, a ainsi fermé ses portes pour deux semaines, après la contamination de 7 enseignants et de 26 élèves. Mais les autres écoles de la région restent ouvertes.

Mise en garde des enseignants

Les syndicats d’enseignants sont d’accord pour garder les écoles ouvertes, mais les professeurs ont besoin de sentir que leur santé est aussi importante que celle des élèves. « C’est clair que la contamination s’accélère dans les écoles. Il faut ajouter des mesures de sécurité, parce que, si ça continue, les écoles devront fermer dans deux ou trois semaines », croit Daniel Gauthier, président du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec.

Lui et son homologue de l’Alliance des professeures et des professeurs de Montréal, Catherine Beauvais St-Pierre, estiment que le port du masque devrait être obligatoire en classe même pour les élèves, si des cas de contamination surviennent dans une école — ou lorsque des élèves et des professeurs doivent se côtoyer sans distanciation.

« Nos enseignants ont réussi à sécuriser les élèves depuis le début de l’année scolaire, mais qui prend soin des enseignants ? », ajoute Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ).

« La plupart des centres de services scolaires ne permettent pas le télétravail pour la formation et le temps personnel des enseignants, note-t-elle. Le gouvernement dit qu’il faut éviter d’aller travailler dans les bureaux, mais les enseignants doivent travailler dans les écoles même lors des journées pédagogiques, par exemple. Un enseignant, c’est un travailleur. »

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