L’école Sans-Frontières était «la plus sécuritaire» au Québec, dit la direction

Dimanche soir, cette école multiethnique du secteur de Vanier est devenue la première école du Québec à devoir fermer ses portes dans le cadre de la deuxième vague de COVID-19.
Photo: iStock Dimanche soir, cette école multiethnique du secteur de Vanier est devenue la première école du Québec à devoir fermer ses portes dans le cadre de la deuxième vague de COVID-19.

La directrice de l’école primaire Sans-Frontière est complètement abasourdie par le nombre de cas recensés dans son établissement tant elle estime avoir multiplié les précautions pour éviter la COVID-19.

« Je suis étonnée parce que je considérais que j’étais l’école la plus sécuritaire au Québec », a dit Marie-Josée Bouchard lundi. « Je trouve ça choquant parce qu’on était quand même une école extrêmement prête. »

Dimanche soir, cette école multiethnique du secteur de Vanier est devenue la première école du Québec à devoir fermer ses portes dans le cadre de la deuxième vague de COVID-19. À la suite d’un dépistage massif la semaine dernière, on y a recensé 25 cas positifs, et l’école restera fermée deux semaines.

Depuis la reprise en mai, l’école de 279 élèves mise sur un système serré de « cellules », explique Mme Bouchard. « Chaque cycle est confiné, les salons du personnel sont par cellule. J’en ai quatre avec des bureaux à deux mètres de distance. »

Je trouve ça choquant parce qu’on était quand même une école extrêmement prête

 

Les entrées et les sorties se font par des portes différentes, et les élèves portent des dossards aux couleurs de leur classe afin de ne pas se mêler à d’autres bulles dans la cour de récréation. « Avec mon équipe, on s’est fait des rencontres virtuelles deux fois plutôt qu’une cette semaine et on se disait : “On ne peut pas respecter les règles plus que ça”. »

Elle ajoute qu’il n’y a eu aucune rencontre de professeurs à l’école. « J’ai accueilli mes profs à l’extérieur. J’étais montée sur une table à pique-nique pour faire mon discours, puis je leur ai dit que je ne voulais pas être la première école au Québec à être dans le journal. »

Femeture tardive ?

Mais au syndicat d’enseignants, on se demande si l’école n’aurait pas dû fermer avant. « Vendredi dernier, ça faisait déjà plus d’une semaine qu’il y avait des cas de déclarés chez les enseignants et chez les élèves », déplore le président par intérim du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec (SERQ), Daniel Gauthier.

En l’absence d’un enseignant, le concept de bulle-classe est « altéré » par le fait que plusieurs professeurs vont souvent se partager son horaire. Et d’emblée, dit-il, les bulles ont tendance à se mélanger beaucoup au service de garde.

Le gouvernement recommande de « privilégier, lorsque c’est possible, le regroupement des élèves selon les groupes-classes », afin de « limiter les contacts entre les élèves et les éducateurs ou éducatrices des différents groupes ».

Or on ignore dans quelle mesure les enfants ont été contaminés à l’école. La directrice a été avisée par la Direction de la santé publique que certains cas parmi les 25 cas déclarés venaient de l’extérieur et qu’il avait de la contamination communautaire.

À cet égard, le directeur de santé publique, Horacio Arruda, a déclaré lundi qu’il y avait peu de transmission dans les écoles au Québec. « La majorité, ce sont des cas qui sont venus de l’extérieur. Actuellement, de la transmission active dans les écoles, ce n’est pas significatif. » Il n’y aurait d’ailleurs pas moins de 40 éclosions différentes sur le territoire de la ville de Québec.

En conférence de presse, le maire Régis Labeaume ne mâchait pas ses mots pour dire à quel point il était déçu de figurer au sommet des villes où il y a le plus de cas. « C’est notre faute à nous », a-t-il déclaré lors d’un point de presse. « On est responsables de notre malheur. »

Dans 334 écoles

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur rapporte que 334 écoles sont aux prises avec au moins un cas diagnostiqué de COVID-19. Ces nouvelles données, dévoilées lundi, datent de vendredi dernier à 16 h. Ce même bilan recense 392 cas actifs parmi les élèves, dont 100 nouveaux cas, et 93 cas actifs parmi le personnel, dont 25 nouvellement ajoutés. Au total, on compte maintenant 235 groupes-classes fermés.  


La Presse canadienne


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