Deux écoles «mobiles» à Montréal

Ces bâtiments «nomades» permettront d’éviter que des élèves cohabitent avec d’importants chantiers scolaires, comme c’est le cas à l’heure actuelle.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Ces bâtiments «nomades» permettront d’éviter que des élèves cohabitent avec d’importants chantiers scolaires, comme c’est le cas à l’heure actuelle.

Un centre de services scolaire s’apprête à tester une solution inédite pour héberger des élèves pendant des travaux de rénovation : l’installation d’écoles mobiles, qui peuvent être déménagées au gré des chantiers scolaires.

Selon ce que Le Devoir a appris, le Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSSMB), qui couvre l’ouest de l’île de Montréal, vient d’obtenir 14 millions de dollars pour aménager deux de ces écoles qualifiées de « nomades ». Une première au Québec.

Les écoles du Centre de services débordent, après avoir accueilli 7000 élèves supplémentaires depuis l’année 2014-2015 (une hausse de 16 %), et le parc immobilier se dégrade après des décennies de négligence dans l’entretien des bâtiments. « On a beaucoup d’écoles à rénover, mais peu d’espaces pour loger les élèves pendant les chantiers. On doit être créatifs », dit Marc Prescott, directeur des ressources matérielles du CSSMB.

Lui et son équipe se sont inspirés d’une solution imaginée en France et dans d’autres pays européens : ils ont demandé à Québec de financer des écoles mobiles, qui peuvent être déplacées au rythme des chantiers scolaires. Le ministère de l’Éducation a confirmé le financement la semaine dernière.

Ces écoles pourront être démantelées et réinstallées en trois mois, explique Marc Prescott. Si tout se passe comme prévu, le Centre de services prévoit d’installer les deux écoles mobiles à temps pour la rentrée scolaire de l’automne prochain.

Désagréments à éviter

Ces bâtiments « nomades » permettront d’éviter que des élèves cohabitent avec d’importants chantiers scolaires, comme c’est le cas à l’heure actuelle. Ces chantiers causent du bruit et de la poussière qui compliquent la vie des profs et des élèves.

Les gestionnaires essaient autant que possible de faire les travaux majeurs durant les vacances d’été, en l’absence des élèves, mais cela devient de moins en moins possible, avec la multiplication et l’ampleur des chantiers. Le manque d’écoles pour reloger temporairement les élèves, pendant les travaux, cause aussi des désagréments.

« En sortant les élèves des écoles en rénovation, on pourra faire les travaux plus rapidement et à moindre coût », dit Marc Prescott.

Ces écoles mobiles ressembleront aux classes modulaires installées près des écoles qui débordent, mais elles seront plus sophistiquées, souligne le directeur des ressources matérielles. Les bâtiments seront reliés aux services d’aqueduc municipaux. Ils comporteront 12 classes ainsi qu’une salle multifonctionnelle (pour le service de garde, les repas ou d’autres usages), des espaces pour le personnel administratif et des blocs sanitaires.

Les écoles « nomades » seront érigées à un endroit pour des périodes estimées entre six mois et cinq ans. Le CSSMB envisage d’ériger les deux bâtiments sur le même terrain, dans un secteur (à déterminer) où plusieurs écoles nécessitent des rénovations importantes, ou encore d’installer les écoles à deux endroits, en fonction des besoins.