Des opposants au plan de retour à l’école manifestent à Montréal

La première revendication des manifestants est de diminuer les ratios d’élèves par enseignant.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La première revendication des manifestants est de diminuer les ratios d’élèves par enseignant.

Des parents, des élèves, mais surtout des enseignants et des étudiants en enseignement se sont rassemblés dimanche en fin d’avant-midi devant les bureaux du ministère de l’Éducation, à Montréal, pour exprimer leur inquiétude et réclamer un « plan adéquat » pour la rentrée des classes, qui est « à une minute près ».

Le plan actuel est « entièrement insuffisant pour garantir la sécurité des élèves et du personnel scolaire », a estimé Alex Pelchat de Travailleuses et travailleurs progressistes de l’éducation (TTPE), le groupe qui organise la manifestation.

La première revendication des manifestants est la diminution des ratios d’élèves par enseignant, a-t-il expliqué en entrevue avec La Presse canadienne.

Le regroupement militant dont fait partie M. Pelchat est formé de travailleurs du secteur de l’éducation qui se sont donné pour mission de favoriser l’équité, l’inclusion et la diversité dans les écoles, et de lutter contre la pauvreté. Dans un communiqué diffusé dimanche, TTPE a souligné que « trop de questions » demeuraient sans réponse. « Nos écoles nous rendent déjà malades et le personnel d’entretien est surchargé. Maintenant, on nous dit qu’il faut tout désinfecter, se laver les mains plusieurs fois par jour. On ne voit pas comment on va y arriver ! » a affirmé Élyse Bourbeau, enseignante au secondaire, soulignant l’état « lamentable » de plusieurs établissements.

M. Pelchat a affirmé que le Québec est l’un des seuls endroits en Amérique du Nord qui procède à un retour « à pleine capacité et sans mesures suffisantes », ajoutant qu’en ce moment, les élèves et leurs enseignants se retrouveront sans masques dans des classes pleines dont la ventilation est insuffisante.

En poste

Les membres de TTPE ont indiqué qu’ils seraient en poste lundi pour accueillir leurs élèves « malgré les inquiétudes », mais qu’ils envisageaient de prendre d’autres moyens de pression si les « conditions gagnantes » et les « ressources suffisantes pour travailler en sécurité » ne sont pas réunies.

Le plan « révisé » présenté par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, il y a près de deux semaines inclut l’obligation de porter un masque dans les aires communes dès la 5e année et a élargi le concept de « bulle » à toute la classe. Les élèves d’une même classe pourront se côtoyer de près, mais devront respecter une distance de deux mètres avec leur enseignant.

Retour sous la barre des 100 nouveaux cas répertoriés

Selon les données publiées dimanche par le ministère de la Santé, les autorités ont signalé 74 cas supplémentaires de personnes atteintes par la COVID-19, ce qui porte le nombre total de cas à 61 673 depuis le début de la pandémie. La veille, on avait dépassé le cap des 100 pour la première fois en neuf jours. Un seul décès s’est ajouté. Celui-ci est survenu à une date inconnue, mentionnent les autorités. On a déploré 5740 décès sur le territoire québécois à cause de la COVID-19 depuis l’apparition du virus. Signes encourageants : le nombre d’hospitalisations a diminué de sept par rapport à la veille, pour un total de 117. Parmi ces patients, 14 se trouvent aux soins intensifs, une diminution de deux.La Montérégie a détrôné l’île de Montréal à titre de région où la maladie a le plus progressé. On y a signalé samedi 23 nouveaux cas pour un total de 9226 depuis le début de la pandémie.

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