Les réponses à vos questions sur le retour en classe

Si un enfant présente des symptômes à l’école, il sera automatiquement isolé et les parents seront contactés pour le ramener à la maison.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Si un enfant présente des symptômes à l’école, il sera automatiquement isolé et les parents seront contactés pour le ramener à la maison.

À quelques jours de la rentrée, Le Devoir a demandé aux lecteurs de nous faire part de leurs questions. Le Devoir a envoyé l’ensemble des questions au ministère de l’Éducation, qui n’a pas été en mesure de répondre vendredi. Nous nous sommes donc fiés aux informations fournies ces derniers mois par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, par le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, de même qu’aux documents officiels publiés en ligne pour leur répondre.

Questions recueillies par Jessica Nadeau

Port du masque

Plusieurs parents se questionnent sur la logistique entourant le port du couvre-visage. Pourquoi n’est-il pas obligatoire en classe ? Faudra-t-il changer de masque entre chaque déplacement ? Faut-il prévoir des masques de rechange ? Ils s’inquiètent également de la capacité des élèves à manipuler correctement le masque puisque ces derniers risquent de devoir le mettre et l’enlever à plusieurs reprises dans une même journée.

En conférence de presse, le 10 août dernier, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, indiquait que le masque n’était pas nécessaire dans les classes, « car on veut préserver cette facilité de communiquer ». Il affirmait avoir pris cette décision après avoir consulté plusieurs professionnels de la santé et de l’éducation qui lui demandaient de ne pas imposer de masque à l’intérieur de la classe. Il n’y a pas non plus de distanciation physique à l’intérieur des classes. « On peut se côtoyer à l’intérieur des classes comme la famille », précisait le ministre. C’est le concept de la « bulle-classe ».

Le nombre de couvre-visages requis n’a jamais été précisé, mais les autorités parlent toujours « d’un couvre-visage ». On peut donc tenir pour acquis que c’est un masque par jour. Dans le document questions et réponses du ministère, on précise que « si, pour un motif exceptionnel, un enfant oublie le sien, l’école pourra lui en fournir un de sa réserve ».

Dans le document du gouvernement fédéral « Directives relatives à la COVID à l’intention des écoles », on précise que « le masque doit être changé s’il est humide ou souillé ». On conseille donc aux parents de « fournir un masque de secours propre / sec à ranger dans son sac à dos pour que l’enfant puisse remplacer le masque non médical souillé ou humide ».

Dans son guide sur le port du couvre-visage, le gouvernement du Québec rappelle également qu’il faut se laver les mains chaque fois que l’on touche son couvre-visage et qu’il ne faut pas le garder accroché au cou ou à une oreille. Pour retirer le couvre-visage de façon sécuritaire, il faut le saisir par les élastiques sans se toucher le visage. Le gouvernement fédéral recommande également aux directions d’école de rappeler aux parents comment utiliser et laver le masque de façon appropriée.

Rhumes, absences et parents

Plusieurs parents se demandent comment ils vont arriver à concilier travail et famille s’ils doivent garder leurs enfants à la maison chaque fois que l’un d’eux présente des symptômes qui peuvent s’apparenter à la COVID-19. La question se pose de façon encore plus criante pour les parents qui travaillent dans le milieu de la santé et qui sont considérés comme des travailleurs essentiels. D’autres aimeraient savoir comment on va appuyer les parents qui devront s’absenter du travail et si un incitatif financier est envisageable.

Le sort des parents qui devront garder leurs enfants à la maison n’a pas été évoqué, ni en conférence de presse ni dans les documents de questions et réponses du ministère destinés aux parents. Toutefois, le sujet des infections saisonnières a été abordé par le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, lors du point de presse du 10 août dernier. Celui-ci n’a pas nié qu’il y aurait « des petits rhumes et des gastros », comme lors de chaque année scolaire, mais il espère que les mesures d’hygiène qui sont prises à la maison et à l’école vont faire en sorte qu’il y ait moins de transmission de ces infections. Il rappelle également que même en temps normal, les parents doivent garder leurs enfants à la maison si ceux-ci font de la fièvre. Enfin, les parents n’auront pas à attendre trop longtemps avant d’avoir les résultats des tests passés par leurs enfants, ce qui devrait aider la conciliation travail-famille. En effet, le Dr Arruda assure que les enfants qui se feront tester pourront obtenir des résultats rapidement.

Quarantaine et éclosions

Des parents se demandent comment les écoles pourront s’assurer que ceux qui ont voyagé à l’étranger cet été, par exemple pour aller voir la famille en Europe, auront bien fait leur quarantaine avant de retourner à l’école jeudi. D’autres se demandent ce qu’il adviendra si un cas de COVID est déclaré à l’école.

Pour s’assurer que chacun respecte la quarantaine, il faudra se fier à la bonne foi de chacun, de même qu’aux autorités canadiennes qui font un suivi très serré avec les citoyens qui reviennent de l’étranger.

Si un enfant présente des symptômes à l’école, il sera automatiquement isolé et les parents seront contactés pour le ramener à la maison. L’école contactera la Santé publique, qui réalisera une enquête épidémiologique et déterminera les interventions à réaliser par la suite. Les parents des autres élèves seront avisés par l’école. S’il y a plusieurs cas, la Santé publique pourrait décider de fermer une classe ou l’école au complet. Les élèves auraient alors accès en moins de 24 heures à de l’enseignement à distance, et ce, pour un minimum de 15 heures de cours par semaine. C’est ce que le ministre Roberge appelle sa « garantie qualité-équité ».

Photo: Renaud Philippe Le Devoir Cette classe de l’école primaire Saint-Romain, à Longueuil, avait été aménagée, lors de l’année scolaire précédente, selon les normes sanitaires du gouvernement.

École secondaire

Plusieurs questions taraudent les parents de jeunes qui fréquentent l’école secondaire. Les élèves se retrouveront-ils tous en même temps aux casiers et à la cafétéria ? Devront-ils respecter la distanciation ? Dans quelle proportion les élèves de 4e et 5e secondaire seront-ils en classe par rapport au temps prévu pour l’enseignement à distance ?

Le ministre a demandé aux écoles de décaler un peu les horaires afin que tout le monde n’arrive pas en même temps. Pour le dîner, il ne semble pas y avoir de directives précises pour les écoles secondaires. Le Devoir a tout de même pu consulter le document d’une école secondaire envoyé récemment aux parents indiquant que les élèves devront garder leur couvre-visage jusqu’à ce qu’ils soient installés à leur table à la cafétéria et qu’ils devront maintenir une distance d’au moins un mètre avec les élèves qui ne sont pas dans leur classe. Cette école interdit l’accès au micro-ondes et recommande les lunchs froids. Pour tous les élèves, la distanciation physique s’applique dès qu’ils sortent de leur classe.

Le concept de « classe-bulle », qui permet de limiter la propagation du virus, est plus difficile à appliquer pour les élèves de de 4e et 5e secondaire puisqu’ils ont des cours à option en fonction du domaine d’études dans lequel ils souhaitent étudier au cégep, expliquait le ministre en juin dernier. Si l’école n’arrive pas à aménager des groupes-classes stables, les élèves de de 4e et 5e secondaire devront partager leur temps entre les cours à l’école et le télé-enseignement. Le ministère demande aux écoles de favoriser la présence en classe le plus souvent possible et impose un seuil minimal de 50 % du temps dans l’école.

Personnes vulnérables et télé-enseignement

Plusieurs parents ayant sous leur toit des personnes vulnérables doutent de la capacité de leur école à les accommoder pour leur fournir des services d’enseignement à distance. À quelques jours de la rentrée, ils sont toujours dans le néant. Une autre mère qui se dit vulnérable aimerait savoir si elle peut garder son enfant à la maison sans billet du médecin.

En conférence de presse le 10 août, le ministre de l’Éducation a été clair : toute personne qui a une vulnérabilité médicale en lien avec la COVID-19 — que ce soit l’enfant ou un parent vivant sous son toit — a le « droit à l’enseignement à distance ». Il affirmait que « le centre de services scolaire [leur] garantira un service d’éducation » avec un enseignant qui donnera des cours à distance et tout l’accompagnement nécessaire.

Toutefois, les documents du ministère sont très clairs là-dessus, il faut absolument que l’enfant présente un billet médical pour obtenir une exemption. Pour tous les autres, l’école est obligatoire, comme le prévoit la Loi sur l’instruction publique.

Le Devoir n’a trouvé aucune indication sur les recours des parents si l’école n’arrive pas à lui fournir les services demandés.

 

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1 commentaire
  • Benoit Samson - Abonné 22 août 2020 07 h 32

    Le port du masque à reconsidérer au Québec

    Après avoir consulté tous ses experts, le ministre Roberge doit se servir de son jugement pour en arriver à la décision finale concernant le port du masque en classe. Il ne peut adopter une politique et son contraire en même temps. Il a raison d’exiger le port du masque aux écoliers quand la distanciation est impossible à respecter comme dans les autobus et les lieux communs des écoles car c’est le seul moyen efficace connu à date pour contrôler la propagation du virus. Il est irrationnel cependant de ne plus se préoccuper de cette prophylaxie quand les élèves sont en classe sans distanciation; c’est illogique. Le concept de la ‘’bulle-classe’’ est voué à l’échec car chacun des 30 élèves d’une classe a été en contact chez lui avec plusieurs autres personnes faisant en sorte que les élèves d’une classe sont ainsi indirectement exposés à un contact avec des centaines d’individus qui pourraient être porteurs silencieux du virus.
    Il reste encore du temps au ministre Roberge pour suivre les recommandations d’autres experts qui ont convaincu d’autres gouvernements d’exiger le port du masque en classe car c’est la seule façon de prévenir des éclosions et d’empêcher la fermeture des écoles avant la fin de septembre, comme on doit le faire présentement aux États-Unis et ailleurs dans des lieux d’enseignement ou le port du masque n’a pas été pris au sérieux.