Les Québécois préoccupés par la réussite des enfants en temps de pandémie

92% des participants au sondage croient que le gouvernement devrait déployer plus de moyens pour aider les élèves qui éprouvent des difficultés d’apprentissage.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir 92% des participants au sondage croient que le gouvernement devrait déployer plus de moyens pour aider les élèves qui éprouvent des difficultés d’apprentissage.

Deux Québécois sur trois sont préoccupés par la réussite scolaire des enfants en temps de pandémie, selon un sondage CROP réalisé pour le compte de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

L’enquête laisse croire que les Québécois sont inquiets à l’aube de la rentrée scolaire, surtout pour les élèves qui éprouvent des difficultés d’apprentissage — 90 % des répondants jugent que ces enfants seront les plus pénalisés par la pandémie de COVID-19 au Québec.

Ainsi, 92 % des participants au sondage croient que le gouvernement devrait déployer plus de moyens pour aider ces élèves.

Mais les répondants semblent inquiets pour tous les petits Québécois qui prendront le chemin de l’école dans quelques jours : 66 % d’entre eux se sont dit « très ou assez inquiets » des répercussions de la pandémie sur la réussite des élèves. Seulement 5 % des répondants n’étaient « pas du tout » inquiets.

Et à en croire le sondage, les Québécois sont partagés sur le niveau de préparation des écoles dans ce contexte : 52 % estiment que les établissements scolaires sont « peu ou pas du tout préparés » à la rentrée, 48 % croyant le contraire.

« On a vu à partir du mois de mars [à quel point] c’était difficile de donner des services aux enfants [avec les jeunes à la maison] », a analysé en entrevue à La Presse canadienne dimanche la présidente de la CSQ, Sonia Éthier.

« On comprend que dans cette pandémie, on n’était pas préparés à ça, mais il y a eu des ratés du ministère de l’Éducation et les gens sont inquiets », a-t-elle souligné.

Le sondage CROP a été réalisé auprès de 1000 Québécois entre le 22 et le 29 juillet. Les experts en recherche et en méthodologie jugent qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.

Réinvestissement nécessaire

Selon la CSQ, les résultats de ce sondage démontrent la nécessité de réinvestir dans l’éducation pour aider les élèves en difficulté.

« Ces élèves-là, qui sont au nombre de 223 000, qui éprouvaient des difficultés avant la pandémie et qui ont été presque six mois sans fréquenter l’école, ils vont avoir besoin de beaucoup de soutien. »

Mme Éthier appelle le gouvernement à donner un sérieux « coup de barre » pour déployer plus de ressources dans les écoles.

Par ailleurs, la CSQ a demandé aux répondants quelle devrait être la priorité du gouvernement en ce moment, et une majorité importante (64 %) a jugé qu’il faudrait réinvestir dans les services publics, contre seulement 36 % qui souhaiteraient plutôt une baisse d’impôts.

Mme Éthier ne croit pas que le gouvernement caquiste pourrait éventuellement imposer des compressions dans le milieu de l’éducation, même si les finances publiques se portent moins bien avec la pandémie.

« Je pense que le gouvernement est très, très au fait du coût s’il y a un désinvestissement, a-t-elle soutenu. Je pense qu’on a réalisé à quel point les mesures d’austérité qui avaient été introduites par le gouvernement précédent ont fait mal au réseau. »

Un plan révisé

Lundi dernier, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a présenté un plan révisé pour la rentrée scolaire.

En vertu des nouvelles mesures, le port du masque sera obligatoire à partir de la 5e année du primaire et le concept de « bulle » a été élargi pour permettre aux enfants d’une même classe de se côtoyer de près.

Le nouveau plan prévoit également qu’advenant une éclosion de COVID-19, les élèves pourront assurément profiter d’un enseignement à distance.

Les partis d’opposition ont déploré que le ministre n’aborde pas dans son plan la question du rattrapage, étant donné que l’année scolaire précédente a été amputée de quatre mois pour la plupart des élèves. Avec les vacances estivales, six mois se sont ainsi écoulés depuis la dernière présence des enfants en classe.

Mme Éthier attend d’ailleurs impatiemment un autre plan du gouvernement, celui pour les élèves en difficulté. « Les classes débutent la semaine prochaine, a-t-elle indiqué. Le ministre est déjà en retard. »