Les CPE risquent la pénurie de gants

Le ministère recommande aux services de garde d’approcher les cabinets de dentiste ou d’esthétique, les salons de coiffure, les artisans ou d’autres entreprises qui «pourraient [les] dépanner» en offrant des gants et d’autre matériel de santé.
Photo: Joseph Prezioso Agence France-Presse Le ministère recommande aux services de garde d’approcher les cabinets de dentiste ou d’esthétique, les salons de coiffure, les artisans ou d’autres entreprises qui «pourraient [les] dépanner» en offrant des gants et d’autre matériel de santé.

Les services de garde d’urgence, voués aux enfants du personnel des services essentiels, sont sur le point de manquer de gants et d’autres produits sanitaires. La crise est telle que le ministère de la Famille recommande aux garderies de « faire appel à la solidarité locale auprès des entreprises autour [d’elles] qui sont présentement fermées ».

« Certains services de garde vivent des difficultés d’approvisionnement pour des gants ou autres produits sanitaires. Le [ministère] n’est pas en mesure actuellement d’intervenir dans les chaînes d’approvisionnement », indique un message du ministère de la Famille envoyé mardi au réseau.

Le ministère recommande aux services de garde d’approcher les cabinets de dentiste ou d’esthétique, les salons de coiffure, les artisans ou d’autres entreprises qui « pourraient [les] dépanner » en offrant des gants et d’autre matériel de santé — notamment du gel désinfectant.

Des gants de protection sont essentiels en tout temps dans les services de garde, entre autres pour changer les couches. Les gants et le gel désinfectant sont encore plus incontournables pour prévenir la propagation du coronavirus chez les tout-petits et les éducatrices.

Les services de garde cherchent aussi à acquérir des thermomètres sans contact, essentiels pour prendre la température des tout-petits, indique Geneviève Bélisle, directrice générale de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).

« Pour l’instant, on est encore corrects, mais on fait l’inventaire [de nos stocks de matériel sanitaire] avec notre fournisseur », dit la représentante des CPE. Le réseau des services de garde a aussi commencé à répartir le matériel en fonction des besoins de chacune des installations.

Le gouvernement donne la priorité à l’approvisionnement du réseau de la santé. Les services de garde veulent « collaborer pour éviter de nuire au réseau de la santé », explique Geneviève Bélisle.

Éducatrices inquiètes

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) s’inquiète de cette pénurie de matériel sanitaire. Les gants et le gel désinfectant sont un minimum pour les éducatrices, qui doivent « se battre quotidiennement pour faire respecter des consignes de base » de la Direction de la santé publique.

« De nombreuses directives concernant les ratios, la distanciation avec les parents ou encore les départs et arrivées limitées ne sont pas respectées. Des directions menacent de congédiement des intervenantes qui craignent pour leur santé ou celle de leurs proches », indique Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ, dans une lettre envoyée mardi au premier ministre François Legault.

Le syndicat réclame une prime, comme en ont plusieurs corps de métier, tant dans le secteur public qu’au privé. Un préposé aux bénéficiaires à l’échelon 1 gagne ainsi 20,55 $ l’heure et bénéficie de l’accès à certaines primes pour bonifier son salaire. L’échelon 1 d’une éducatrice en CPE est de 18,98 $ l’heure, et une responsable d’un service de garde en milieu familial touche 12,42 $ l’heure, selon la FIPEQ.