Le nouveau recteur de l’UdeM accueilli avec méfiance

L’UdeM a annoncé cette semaine la nomination de M. Jutras comme recteur, pour un mandat de cinq ans qui débutera le 1er juin.
Photo: François Pesant Archives L’UdeM a annoncé cette semaine la nomination de M. Jutras comme recteur, pour un mandat de cinq ans qui débutera le 1er juin.

Le nouveau recteur de l’Université de Montréal, Daniel Jutras, entrera en fonction dans un climat de « méfiance » à cause d’un processus de nomination « illégitime », estime le syndicat des professeurs de l’établissement.

L’UdeM a annoncé cette semaine la nomination de M. Jutras pour un mandat de cinq ans qui débutera le 1er juin. Il succédera à Guy Breton, qui prend sa retraite après 10 années à la tête de l’établissement. Daniel Jutras enseigne à la Faculté de droit de l’Université McGill depuis 35 ans. Diplômé en droit de l’UdeM et de l’Université Harvard, il a notamment été conseiller juridique de la juge en chef de la Cour suprême, Beverley McLachlin.

Photo: Lysanne Larose Daniel Jutras enseigne à la Faculté de droit de l’Université McGill depuis 35 ans.

Expérience

Le chancelier de l’UdeM, Louis Roquet, a souligné les « habiletés de communication exceptionnelles, le leadership inspirant et les expériences variées en gestion universitaire et en philanthropie » du nouveau recteur.

Le Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal (SGPUM) compte solliciter une rencontre avec le nouveau recteur pour le féliciter — et l’interroger sur ses intentions. La communauté universitaire a été tenue dans le brouillard durant le processus de sélection du dirigeant de l’établissement, déplore le syndicat.

Un secret

Avec la nouvelle charte de l’UdeM, adoptée il y a deux ans, le conseil d’administration a nommé le recteur dans un relatif secret, sans réelle consultation de la communauté, souligne Dominic Arsenault, vice-président du SGPUM. « On ne saura pas non plus quelles autres candidatures gardées secrètes ont été écartées, ni pourquoi. »

« C’est difficile de se prononcer sur le nouveau recteur comme individu, parce qu’on ne le connaît pas. On va voir avec ses actions », dit-il. La communauté universitaire ignore les mandats qui ont été confiés à Daniel Jutras par le conseil d’administration, insiste le représentant syndical.

Un processus de nomination plus coopératif aurait pu mener à la nomination d’une rectrice, fait valoir Dominic Arsenault. L’UdeM est une des rares universités québécoises à n’avoir jamais été dirigée par une femme.