Québec adopte un code architectural pour ses écoles

Le premier ministre, François Legault, était avec son ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour présenter la facture visuelle des prochaines écoles construites au Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le premier ministre, François Legault, était avec son ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour présenter la facture visuelle des prochaines écoles construites au Québec.

Un « gros coup de barre » s’impose pour rénover les trois quarts des 2400 écoles publiques du Québec, qui sont en mauvais état. Quant aux nouvelles écoles, elles seront conçues pour durer 75 ans plutôt que 40 ans comme à l’heure actuelle, ce qui coûtera 15 % plus cher, et elles auront désormais une signature visuelle « porteuse de fierté » : le bois et l’aluminium du Québec, ainsi que des accents de bleu fleurdelisé, orneront des bâtiments dotés de larges fenêtres.

Les écoles seront désormais reconnaissables au premier coup d’oeil, ce qui traduira la « priorité nationale » qu’est devenue l’éducation, a fait valoir mardi le premier ministre, François Legault.

Le gouvernement continuera de construire ou d’agrandir des écoles primaires et secondaires — dont plusieurs débordent, surtout dans la grande région de Montréal. Il faudra aussi rénover pas moins de 1800 des 2400 écoles publiques du Québec, qui se trouvent dans un mauvais ou très mauvais état, faute d’avoir été entretenues au fil des ans.

 

« Comme société, on ne devrait pas être fiers de ça. […] Il y a un gros coup de barre à donner », a dit François Legault. Le gouvernement a investi la somme record de 4 milliards de dollars pour rénover, agrandir ou construire des écoles en 2019. Le budget 2020, attendu au cours du mois de mars, fera aussi une part importante au réseau de l’éducation, a laissé entendre le premier ministre.

Les 20 écoles primaires et les 16 écoles secondaires dont la construction a été autorisée en juin 2019 seront réalisées en fonction de la nouvelle « vision » architecturale du gouvernement.

Cette mise à niveau des immeubles scolaires se fera sans le Lab-École, créé dans la controverse par le précédent gouvernement libéral. Cette initiative du chef Ricardo Larrivée, de l’athlète Pierre Lavoie et de l’architecte Pierre Thibault, visant à inspirer « l’école de demain », prendra fin après la livraison des six établissements prévus au mandat initial.

« On n’a jamais désavoué le Lab-École. J’ai trouvé ça intéressant, on a discuté avec eux et tiré profit de ce qu’ils ont fait. […] Ils vont livrer leurs écoles et on va y aller avec le guide [du ministère] pour la suite », a précisé le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), Jean-François Roberge.

Appel à la patience

Les lignes directrices annoncées mardi visent à rendre les écoles relativement uniformes, pour refléter des valeurs essentielles : la lumière naturelle doit éclairer de vastes espaces communs dans chaque bâtiment. Les écoles doivent devenir un pôle d’attraction dans leur communauté. Elles comporteront une place publique invitante, des espaces extérieurs couverts pour favoriser les rassemblements, et des équipements (intérieurs et extérieurs) ouverts au public. Chaque école aura aussi un panneau signalétique aux couleurs de bleu et de bois naturel montrant un petit drapeau du Québec.

Photo: Capture d'écran Chaque école aura un panneau signalétique aux couleurs de bleu et de bois naturel montrant un petit drapeau du Québec.

Cette vaste mise à niveau des écoles « prendra du temps », a reconnu le ministre Roberge. La pénurie de main-d’oeuvre et la surchauffe dans l’industrie de la construction incitent le gouvernement à la patience. « Si on construit des hôpitaux et des routes, on peut construire des écoles », a fait valoir le ministre de l’Éducation.

Il estime que la facture des travaux augmentera de 15 % à cause des exigences de qualité du gouvernement, et d’un autre 15 % à cause de l’explosion des coûts de construction, surtout dans la grande région de Montréal.

La pénurie de main-d’oeuvre a un effet important sur les projets de rénovation, explique Liza Frulla, directrice de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec — un exemple de « belle école » rénovée de fond en comble. L’Institut planifie des travaux pour solidifier ses vastes fenêtres offrant une vue panoramique sur le mont Royal, mais peine à trouver un entrepreneur : « On a fait trois appels d’offres, mais personne n’a répondu. On repart une autre fois en appel d’offres », dit-elle.

3 commentaires
  • Ruth Nicole Bélanger - Abonnée 26 février 2020 06 h 01

    Qui est l’architecte de cette « signature visuelle »?

    Le MEES a-t-il pensé à l’économie d’énergie et à l’environnement?

    • Sylvain Fortin - Abonné 26 février 2020 13 h 23

      Comme pour les Maisons des aînés la signature visuelle est d'un architecte très proche de la CAQ.

  • Laurent Jobidon - Abonné 26 février 2020 13 h 55

    Bilan energetique des neuvelles ecoles

    J,essaye de savoir si l'on avait fait une etude sur le bilan energetique des nouvelles ecoles prevuees pou durer 75 ans. Je n'ai rien trouve.Il ne faudrait pas attendre apres HQ pour une telle etude.Ils sont interesses a vendre de l'electricite. Du je ne voudrais pas etre assis a cote de ces pans de vitres pour suivre un cours quand il fait -10 degre C dehors meme s'il fait soleil.Quel inconfort quand on est assis dans un restaurant a une table situee le long d'un pan de verre.L'attention de l'eleve a ce que le prof explique n'y sera pas. Laurent Jobidon