Le projet de loi 40 crée des dissensions dans les comités de parents

Le ministre Jean-François Roberge (photo) a annoncé la semaine dernière que les parents siégeant au conseil d’administration des futurs centres de services scolaires seront élus.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Jean-François Roberge (photo) a annoncé la semaine dernière que les parents siégeant au conseil d’administration des futurs centres de services scolaires seront élus.

La division prend de l’ampleur au sein de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ). Un groupe de parents vient de déposer une plainte contre l’ensemble de l’exécutif de la Fédération pour son appui à des amendements apportés par le gouvernement Legault au projet de loi 40, qui vise à abolir les commissions scolaires.

Selon ce que Le Devoir a appris, une enquête interne a été déclenchée à la FCPQ à la suite d’une plainte formulée par des parents de trois commissions scolaires, dont la plus grande du Québec. Les plaignants reprochent au président de la Fédération, Kévin Roy, d’avoir accueilli favorablement des modifications récentes au projet de loi, annoncées par le ministre Jean-François Roberge.

Cet appui contrevient à la position de la FCPQ adoptée l’automne dernier en conseil général, ultime instance décisionnelle de la Fédération, font valoir les parents.

Le projet de loi 40, qui réforme la gouvernance scolaire, a créé de profondes divisions au sein des parents. Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur affirme que l’abolition des commissaires élus remettra des pouvoirs entre les mains des parents, mais ceux-ci sont loin d’en être convaincus.

Ce projet de loi controversé, qui comporte plus de 300 articles, fait toujours l’objet d’un bras de fer entre le gouvernement et les partis de l’opposition en commission parlementaire à Québec.

Influence des parents

Le ministre Roberge a annoncé la semaine dernière que les parents siégeant au conseil d’administration des futurs centres de services scolaires seront élus par et parmi les membres du comité de parents.

La FCPQ s’est réjouie de cet amendement, qui crée un lien « essentiel entre le comité de parents et le conseil d’administration ».

Les parents perdraient pourtant de l’influence au sein des conseils d’administration des centres de services scolaires, avec les amendements annoncés par le ministre Roberge, selon les plaignants.

Les parents devaient détenir à l’origine 8 des 16 sièges au sein des conseils ; ils n’en auraient plus que 5 sur 15. La Fédération exigeait aussi qu’au moins un siège soit réservé à un parent d’enfant ayant des besoins particuliers, ce qui ne semble pas acquis.

« L’exécutif [de la FCPQ] ne respecte pas les engagements pris lors du conseil général. La Fédération a déjà concédé les points qui ont été décidés en conseil général », dit Marc-Étienne Deslauriers, président du comité de parents de la Commission scolaire de Montréal. Il est un des quatre signataires de la plainte contre l’exécutif de la FCPQ.

Le secrétaire général de la Fédération, Jean-François Rioux, a répondu aux plaignants qu’il mettra en place une enquête respectant « la neutralité et la transparence du cheminement de votre plainte ».

Il a refusé de répondre aux questions du Devoir.

L’opposition des parents au projet de loi 40 se déploie sur un autre front : les présidents de 23 comités de parents, représentant 493 870 élèves du Québec (52 % de l’effectif), ont écrit au ministre Roberge, lundi, pour réclamer une « révision complète du projet de loi 40 ». Ils sont appuyés par les mouvements de parents Je protège mon école publique et L’école ensemble.

« Le projet de loi 40 est trop gros et trop complexe pour être amendé à la pièce, écrivent-ils. Oui, M. Roberge, prenons vraiment le temps de bien faire les choses. »