L’Université Concordia nomme un recteur natif du Québec

Graham Carr occupait le siège de recteur intérimaire depuis le départ de son prédécesseur en juillet dernier. Il a été confirmé au poste de grand patron par le conseil d’administration de l'université.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Graham Carr occupait le siège de recteur intérimaire depuis le départ de son prédécesseur en juillet dernier. Il a été confirmé au poste de grand patron par le conseil d’administration de l'université.

L’Université Concordia vient de nommer un nouveau recteur natif du Québec, à l’aise en français, qui a occupé une série de postes de direction au sein de cet établissement anglophone de Montréal.

Graham Carr, qui occupait le siège de recteur intérimaire depuis le départ de son prédécesseur en juillet dernier, a été confirmé au poste de grand patron par le conseil d’administration de Concordia. Il touchera une rémunération totale de 424 000 $, sans allocation de voiture ou de résidence.

Son prédécesseur, Alan Shepard, recevait un traitement annuel de 476 000 $, qui incluait une allocation de logement de 50 000 $ par an et une prime pour sa voiture.

Le conseil de Concordia a souligné le mandat remarquable d’Alan Shepard à la tête de l’établissement, mais en privé, des membres de la communauté universitaire soulignent ses difficultés à s’exprimer en français.

M. Shepard, issu du Canada anglais, dirige désormais l’Université Western, en Ontario. Le communiqué de l’Université Concordia précise que son successeur, Graham Carr, est « né au Québec » — il est natif de Sherbrooke.

Rencontré jeudi matin sur le campus de l’Université Concordia, boulevard de Maisonneuve, au centre-ville, M. Carr a rappelé une des marques de commerce de son établissement : la diversité. Environ 20 % des 50 000 étudiants de Concordia détiennent un passeport étranger. Ils proviennent de 155 pays.

Destination du savoir

Graham Carr est revenu sur la réforme avortée du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui sert à attirer ici des étudiants étrangers. Le ministre Simon Jolin-Barrette a fait l’unanimité contre lui dans le milieu de l’éducation et de l’enseignement supérieur, rappelle le recteur.

« Cette diversité est une force majeure pour être une université innovante. Le PEQ est un des avantages importants du Québec pour attirer des étudiants étrangers. On doit profiter de cet avantage », dit Graham Carr.

Il rappelle que les étudiants étrangers sont moins attirés qu’autrefois par les universités américaines à cause de l’effet Trump.

L’incertitude en France et au Royaume-Uni favorise aussi le Québec en tant que destination du savoir, insiste le recteur de 64 ans, qui est arrivé à Concordia en 1983 en tant que professeur au Département d’histoire.

L’Université Concordia est comme la soeur de l’UQAM, établie un peu plus à l’est au centre-ville de Montréal : une université urbaine qui se dit « créative » et ouverte sur le monde. Nous rencontrons Graham Carr à l’Espace 4, un local aux larges portes-fenêtres inauguré il y a un an et qui s’ouvre sur l’extérieur. Ce lieu est fait pour accueillir les passants, discuter et leur montrer les fruits de la recherche universitaire. Bref, pour sortir l’université de sa tour d’ivoire.

L’Espace 4 accueille depuis jeudi soir « l’horloge climatique », qui fait un compte à rebours vers le moment où la planète se sera réchauffée de 1,5 degré.

Au moment où ces lignes étaient écrites, il restait 14 ans, 11 mois, 24 jours, 21 heures, 50 minutes, 51 secondes et 4 centièmes avant ce moment fatidique.