Maternelles 4 ans: la FEEP offre son soutien au ministre Roberge

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Arguant que plusieurs de ses membres offrent depuis de nombreuses années déjà un service de prématernelle, la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) souhaite aller de l’avant dans la mise sur pied du programme de maternelles 4 ans.

« Ce que nous offrons aujourd’hui, ce ne sont pas des maternelles, précise David Bowles, président de la FEEP et directeur général du collège Charles-Lemoyne. Il s’agit de préscolaire régi par le ministère de la Famille. Il ne sera pas difficile cependant de transformer ces classes en maternelles 4 ans, régies par le ministère de l’Éducation. L’apprentissage se ferait toujours principalement par le jeu. Mais nous pourrions pousser notre programme d’éveil à la lecture, à l’écriture, au calcul. »

La FEEP se dit ainsi satisfaite de l’annonce faite l’hiver dernier par le ministre Jean-François Roberge que la Loi sur l’enseignement privé sera modifiée afin que les écoles privées puissent offrir des services d’éducation préscolaire à des enfants de 4 ans à partir de 2020-2021. Cette annonce a été faite dans le cadre de la présentation du projet de loi n° 5 obligeant toutes les écoles primaires de la province à proposer des maternelles 4 ans d’ici la fin du premier mandat de la CAQ en 2022.

« Nous croyons que les parents doivent avoir le choix, indique M. Bowles. Il ne s’agit pas de remplacer les CPE, qui offrent un très bon service, mais plutôt d’être complémentaires. Si un enfant est prêt à faire son entrée à l’école, s’il semble pouvoir s’y épanouir, pourquoi l’en priver ? »

Le président de la FEEP cite plusieurs études qui concluent que le préscolaire 4 ans favorise le dépistage rapide des enfants qui ont des besoins particuliers et la mise en place sans délai des mesures adéquates pour leur réussite éducative. Il ajoute que les écoles privées accueillent un nombre important d’enfants issus de l’immigration et que plusieurs d’entre eux ne maîtrisent pas le français au moment de leur entrée à l’école.

« Environ 40 % de notre clientèle est issue de l’immigration, souligne-t-il. Le fait d’avoir deux années d’immersion en français avant d’entreprendre le primaire faciliterait la réussite de ces élèves. L’éveil aux lettres, à la phonologie, au langage est fondamental pour se préparer à la première année. »

Une étude de la FEEP réalisée l’automne dernier indique par ailleurs que plus de 14 % des élèves qui fréquentent une école privée préscolaire-primaire ont un plan d’intervention pour répondre à des besoins particuliers.

« Pour les enfants issus des milieux défavorisés, notamment ceux qui ne fréquentent pas de service de garde, la maternelle 4 ans serait également très bénéfique, ajoute David Bowles. Il s’agirait pour eux non seulement d’un premier pas à l’école, mais aussi d’une première expérience de socialisation en dehors de la famille. »

La FEEP fait par ailleurs valoir que les écoles privées spécialisées en adaptation scolaire sont en mesure d’offrir des services aux enfants de quatre ans qui présentent des problèmes particuliers. Selon elle, en effet, le fait d’intégrer rapidement un enfant dans un milieu stable qui lui fournit les différents services dont il a besoin contribue à accroître ses chances de réussite.