Fini le gonflage des notes, décrète le ministre de l'éducation

Jean-François Roberge souhaite ainsi «ne pas abaisser les exigences de la diplomation».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Jean-François Roberge souhaite ainsi «ne pas abaisser les exigences de la diplomation».

Il n’est plus question d’arrondir automatiquement à 60 % les notes de 58 % ou 59 % obtenues par des élèves aux examens ministériels, a décrété le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge. En juin 2017, 5312 élèves avaient bénéficié de cette mesure.

Dans une lettre datée du 15 avril et envoyée aux présidents des commissions scolaires et aux directions des établissements d’enseignement privés, le ministre Roberge écrit que la « note attribuée à l’élève doit être juste et équitable » et que les diplômes doivent « refléter la vraie réussite de l’élève ».

« À l’approche de la session d’examens de fin d’année, je confirme qu’à partir de maintenant, les notes de 58 % et de 59 % obtenues dans une matière dont les unités sont requises pour la sanction des études ne passeront plus systématiquement à 60 % (le seuil de réussite déterminé au Québec) », spécifie-t-il. Il ajoute que cette décision contribuera à « ne pas abaisser les exigences de la diplomation ».

L’ancien ministre libéral de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, avait reconnu en 2017 qu’il existait un « traitement statistique » qui faisait en sorte que la note de passage était de facto attribuée aux élèves qui obtenaient 58 % ou 59 % aux épreuves ministérielles. Une mesure qui visait à corriger d’éventuelles erreurs commises au moment de la correction qui pourraient pénaliser des élèves, avait-il alors expliqué.

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui représente quelque 43 000 enseignantes et enseignants au Québec, estime que la décision du ministre Roberge est « un pas dans la bonne direction ».

« Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg », enchaîne-t-il, rappelant que la directive du ministre ne concerne que les évaluations ministérielles.

« Il faut qu’au niveau des commissions scolaires et des établissements d’enseignement, la même logique prévale et qu’on cesse le tripotage de notes ou les pressions exercées sur les enseignants pour qu’ils changent les résultats qu’obtiennent certains de leurs élèves. »

Selon Sylvain Mallette, l’évaluation des élèves devrait « être du domaine exclusif des enseignants », puisque cela relève de leur expertise. Il critique du même souffle la « logique des cibles à atteindre » et de la « réussite à tout prix », qui incite certains conseillers pédagogiques et directeurs d’école à s’immiscer dans l’évaluation des élèves.

Selon un sondage effectué l’an dernier par la FAE, 11 % des enseignants disent encore subir des pressions pour modifier les résultats de certains de leurs élèves.