La CSDM ajoutera seulement quatre classes de maternelle quatre ans

La CSDM avait prévu d’ouvrir dix maternelles 4 ans de plus en septembre prochain, mais il n’y en aura finalement que quatre de plus.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La CSDM avait prévu d’ouvrir dix maternelles 4 ans de plus en septembre prochain, mais il n’y en aura finalement que quatre de plus.

À cause de la pénurie de locaux et d’enseignants, la plus grande commission scolaire du Québec ne pourra implanter que quatre nouvelles classes de maternelle 4 ans à la rentrée de l’automne prochain.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) prévoit de créer ces quatre groupes qui accueilleront des élèves handicapés (par exemple autistes) ou ayant des difficultés d’apprentissage ou d’adaptation — les élèves qu’on désigne comme HDAA. La commission scolaire avait offert au gouvernement de créer dix de ces classes spécialisées de maternelle 4 ans, mais a reçu le financement pour implanter quatre groupes.

« On fait ce qu’on peut dans le contexte de pénurie de personnel et de manque d’espace », dit Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

Les écoles qui offrent déjà des maternelles 4 ans continueront d’en offrir. Le nombre restera relativement stable. Selon nos sources, des directeurs d’école qui n’offrent pas de maternelle 4 ans ont cependant dû refuser des dizaines d’inscriptions (le nombre précis est indéterminé) : la CSDM n’ouvrira aucune nouvelle classe dans ce groupe d’âge, sauf les quatre financées par Québec pour les élèves en difficulté.

Les deux autres commissions scolaires francophones, situées à l’est et à l’ouest de l’île, sont aux prises avec les mêmes pénuries d’enseignants et de locaux. Si rien ne change, la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île prévoit même de fermer deux de ses vingt-deux maternelles 4 ans à la prochaine rentrée.

Trop de monde

Les taux d’occupation des écoles de toute l’île de Montréal ont atteint un seuil critique, rappelle Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES). « Le manque de locaux crée une espèce de promiscuité qui est désagréable pour tout le monde », dit-elle.

« On ne peut plus sacrifier des bibliothèques ou des locaux de musique ou d’arts plastiques pour aménager des classes pour quinze petits. Ça pénalise toute l’école, quand on fait ça », ajoute la représentante des directions d’école.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est engagé à créer 250 nouvelles maternelles 4 ans à temps plein dès la rentrée de l’automne prochain. Mis à part le manque d’espace et la pénurie de professeurs, il s’agit d’un programme « fantastique », estime Hélène Bourdages.

Elle note que le gouvernement a promis des sommes importantes pour adapter les classes à des tout-petits de 4 ans — comme des meubles faits sur mesure. La présence d’une éducatrice à demi-temps dans chaque classe, pour appuyer les enseignantes, représente aussi une aide importante.

Cohabitation contestée

Le manque d’espace donne lieu à un véritable casse-tête, à la CSDM comme ailleurs. Les gestionnaires doivent faire des prouesses pour trouver une place à tous les élèves. Par exemple, l’école primaire Saint-Étienne, dans Rosemont, doit créer une troisième classe de maternelle ordinaire pour accueillir les enfants du quartier à la prochaine rentrée.

Pour faire de la place pour cette classe, la commission scolaire a décidé de déménager dans une autre école une classe pour élèves ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). La nouvelle classe de maternelle sera logée à l’étage des classes d’élèves TSA. La cohabitation entre élèves ordinaires (d’âge préscolaire) et élèves handicapés rend mal à l’aise des parents et des membres du personnel de l’école.

La CSDM assure que l’opération est bien planifiée et ne donne lieu à aucun risque particulier. Hélène Bourdages, qui représente les directions d’école, rappelle que la cohabitation d’élèves de toutes conditions est à la base même du programme de l’école publique — et se fait quotidiennement.

2 commentaires
  • Elisabeth Naud - Abonné 19 avril 2019 06 h 33

    Une belle occasion d’amener les élèves en nature

    Pas d’espace pour les maternelles 4 ans? J’y vois une belle occasion d’investir dans le transport pour que chaque groupe du primaire puisse passer au moins une demi-journée en plein-air par semaine et idéalement deux pour le préscolaire. Une belle façon de libérer des locaux tout en luttant contre le deficit nature des nouvelles générations....

  • Ange Toutou - Inscrit 19 avril 2019 09 h 03

    Pénurie des enseignants.

    C'est lamentable que les immigrants qui ont déjà un diplôme en enseignement ainsi qu'une bonne expérience de travail soient encore obligés de faire 4 ans dans une faculté d'éducation pour obtenir leurs permis d'enseigner.Pourquoi le ministère de l'Éducation ne collabore pas avec les universités pour créer un certificat de 30 ou 60 crédits avec comme condition d'accès la réussite d'une épreuve de français.Voilà une solution à court terme qui pourra aussi palier ce problème de pénurie.