Jardins pédagogiques: apprendre en jardinant

Si apprendre à cuisiner le plus tôt possible peut donner envie aux enfants de goûter à de nouveaux aliments et de mettre la main à la pâte lors de la préparation des repas en favorisant l’estime de soi, il y a fort à parier qu’il en est de même lorsqu’on les invite à passer du côté jardin.
Photo: iStock Si apprendre à cuisiner le plus tôt possible peut donner envie aux enfants de goûter à de nouveaux aliments et de mettre la main à la pâte lors de la préparation des repas en favorisant l’estime de soi, il y a fort à parier qu’il en est de même lorsqu’on les invite à passer du côté jardin.

Éduquer les enfants en jardinant, c’est le souhait de plusieurs parents du Québec. Pas moins de 93 % des 564 répondants à un sondage OpinionQc croient que les jardins pédagogiques devraient être accessibles tant aux enfants qu’à leur communauté.

En ce sens, 100°, une initiative de Québec en forme, lance un appel de projets de jardins éducatifs, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Sous le nom Cultiver l’avenir : des jardins pour apprendre, l’appel vise à soutenir les nouveaux projets et à améliorer les jardins pédagogiques existants, qu’ils soient en milieu scolaire, dans les services de garde de la petite enfance, les municipalités ou les organismes communautaires.

Cultiver son jardin

Si apprendre à cuisiner le plus tôt possible peut donner envie aux enfants de goûter à de nouveaux aliments, de mettre la main à la pâte lors de la préparation des repas et favoriser l’estime de soi, il y a fort à parier qu’il en est de même lorsqu’on les invite à passer du côté jardin.

« Ces jardins pédagogiques seront d’excellents véhicules d’éducation à l’agriculture et à l’alimentation saine, locale et écoresponsable pour nos jeunes, souligne André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, dans un communiqué de presse. Ils constitueront des outils concrets et stimulants pour les sensibiliser à la provenance des aliments et en faire de futurs consommateurs responsables. »

En ce sens, les enfants pourront également prendre conscience de tout le travail nécessaire pour faire pousser les fruits et légumes, ce qui leur permettra certainement d’être plus reconnaissants envers le travail des agriculteurs. Gageons que les petits qui jardinent ne se gêneront pas pour donner de grandes leçons d’agriculture durable à leurs parents !

Ça pousse au Québec

« Le Québec compte déjà plus de 80 jardins pédagogiques, toutefois nous souhaitons en voir éclore de nouveaux, explique Frédéric Therrien, directeur de l’initiative 100° chez Québec en forme. Et on aimerait prêcher davantage aux non-convertis. » Pour plusieurs, la création de jardins pédagogiques ne se retrouve pas en haut de la liste des priorités, que ce soit par manque de ressources humaines ou matérielles. Il existe toutefois déjà plusieurs organismes qui veillent à soutenir les petits et les plus grands projets à vocation environnementale et alimentaire.

Un bon exemple de projets existants est certainement Croquarium. Depuis plus de 10 ans, cet organisme a pour objectif de « contribuer au bien-être des jeunes par l’éducation alimentaire expérientielle axée sur le plaisir de manger, de la terre à la table ». Dans le cadre du programme Un trésor dans mon jardin, les enfants, accompagnés par leur enseignant, conçoivent, plantent et prennent soin de leur jardin, grâce aux outils conçus par Croquarium.

Lorsque vient le temps de goûter aux fruits de leur récolte, les enfants bénéficient d’apprentissages concrets mettant en valeur une approche globale tenant compte des principaux aspects de l’alimentation : social, économique, culturel, environnemental, physiologique. C’est par le fait même un bon exemple à suivre pour repenser le modèle alimentaire actuel.

Dans la forêt

Une autre approche intéressante est celle des forêts nourricières, mises en avant par l’organisme Eurêko. Cet OBNL a pour mission de « proposer aux citoyens et aux acteurs communautaires, privés, institutionnels et gouvernementaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean diverses activités axées sur la défense et la promotion d’un environnement sain et l’amélioration de la qualité de vie de la collectivité ».

La forêt nourricière a comme objectif d’amener la population à s’approprier son environnement en s’engageant à l’entretenir pour ensuite bénéficier des récoltes de la forêt. Des affiches et un guide éducatif permettent de se familiariser avec les différentes variétés de végétaux qui ont été plantées et surtout, de savoir comment les cuisiner. À titre d’exemple, l’école secondaire Jean-Gauthier d’Alma, la ville de Saint-Félicien et l’Université du Québec à Chicoutimi ont désormais leur forêt nourricière.

Outre l’appel de projets de 100°, d’autres organismes visent à soutenir le développement de jardins pédagogiques, comme Arbres Canada – Subventions communautaires, qui finance entre autres la plantation d’arbres fruitiers dans les communautés pour lutter contre l’insécurité alimentaire, et Nouveaux Horizons pour les aînés – Projets communautaires, un programme soutenu par Emploi et Développement social Canada. Dans ce dernier cas, les projets financés doivent favoriser la participation et l’inclusion sociale des aînés, comme dans le cas du jardin collectif intergénérationnel de Dunham.

À vous de jouer!

L’appel de projets « Cultiver l’avenir : des jardins pour apprendre » permettra de répartir plus de 400 000 $ entre des projets porteurs partout au Québec, à la hauteur de 15 000 $ par projet. Les propositions retenues doivent répondre à trois critères : être pertinentes et répondre à un besoin ; avoir un impact durant plusieurs années ou auprès d’un grand nombre d’usagers ; être réalisables au chapitre des coûts, du calendrier de réalisation et des compétences.

L’appel de projets prend fin le 7 décembre. Les projets proposés devront être réalisés dans la prochaine année.