Jean-François Roberge imposera un protecteur de l’élève dans les écoles privées

Selon le ministre de l'Éducation, le système actuel ne répond pas aux besoins des parents.
Photo: Francis Vachon Archives Le Devoir Selon le ministre de l'Éducation, le système actuel ne répond pas aux besoins des parents.

Le nouveau ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, va imposer un protecteur de l’élève dans les écoles privées du Québec et renforcer son rôle dans les écoles publiques.

« Le protecteur de l’élève, dans le réseau privé, est carrément inexistant. Je l’ai dénoncé dans l’opposition. Et je peux vous dire que, maintenant qu’on est au gouvernement, on travaille sur un projet de loi pour avoir un vrai protecteur de l’élève qui couvre autant les jeunes qui sont au privé que les jeunes qui sont au public », a affirmé M. Roberge dans un impromptu de presse à son arrivée au Conseil des ministres mercredi matin.

Selon lui, le système actuel ne répond pas aux besoins des parents. « Le protecteur de l’élève peut fonctionner à l’occasion, il y a des gens qui sont satisfaits. Mais en général, les échos que je reçois, c’est que les gens ne sont pas satisfaits du protecteur de l’élève. »

Dans un rapport publié l’an dernier, le protecteur du citoyen faisait d’ailleurs état des nombreuses failles dans le traitement des plaintes, notamment sur le manque d’indépendance du protecteur de l’élève. À quelques semaines de la dernière session parlementaire, le ministre Sébastien Proulx avait déposé un projet de loi pour répondre à certaines de ces préoccupations — sans aller toutefois jusqu’à l'étendre aux écoles privées — mais le projet de loi est mort au feuilleton.

Jean-François Roberge estime que ce projet de loi était « incomplet » et il promet de faire mieux. « Évidemment, on ne peut pas tout faire en deux ou trois semaines, mais c’est sûr qu’au cours du mandat, on va améliorer le mécanisme d’appel et complètement revoir le [rôle du] protecteur de l’élève, notamment pour les cas d’intimidation. »

Maternelles 4 ans

À quelques heures du discours inaugural de son chef, le ministre Roberge se disait « très content de savoir que l’éducation ferait partie des priorités » du nouveau premier ministre François Legault et il assure que le gouvernement de la CAQ va aller de l’avant avec l’implantation des maternelles 4 ans. « Bien sûr qu’on va réaliser nos engagements », a-t-il répondu aux journalistes qui le questionnaient sur la faisabilité de cette promesse électorale.

À ceux qui disent qu’ils n’ont pas l’espace ou le personnel pour ajouter des classes de maternelle 4 ans, il répète qu’il y aura des fonds de disponibles pour les nouvelles constructions, qu’il va « revoir les mécanismes pour agrandir et construire des écoles plus rapidement » et qu’il « va y avoir une valorisation de la profession enseignante », ce qui devrait faciliter la mise en place de cette priorité du gouvernement Legault.

« Je ne suis pas un fan de cette phrase-là : “On n’est pas capables” », répond-il.

Il ajoute que le manque d’espace dans les écoles n’est pas une réalité dans toutes les régions du Québec. « Il y a dans plusieurs écoles des endroits où il y a des classes libres et on va commencer par ça. On ne peut pas avoir, dès septembre prochain, des milliers de nouvelles classes, on en est conscients. C’est pour ça que le programme est sur cinq ans. »

Universités

Questionné sur le financement des universités, le nouveau ministre, qui cumule les fonctions d’éducation et d’enseignement supérieur, affirme qu’il est en train de documenter le dossier. « Sur la formule de financement des universités, je pense que le gouvernement libéral a fait un bon bout de chemin, mais il y a définitivement des dossiers à régler ».

Il estime qu’il y a des « ajustements à apporter » notamment dans les dossiers de la déréglementation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers et du financement des universités en région. « On est en contact avec les administrations universitaires en ce moment, on va trouver des voies de passage », répond M. Roberge.

Le ministre «préoccupé»

Jean-François Roberge se dit « préoccupé » par le détournement des fonds destinés aux adultes qui retournent sur les bancs d’école. Il réagissait à la manchette du Devoir qui révélait mercredi que la CSDM finançait les services aux élèves aux besoins particuliers au primaire et au secondaire avec des surplus de 20 millions de dollars dégagés par la formation aux adultes et la formation professionnelle.
« Je pense que ce n’est pas une très bonne idée de prendre l’argent qui est destiné à la formation générale aux adultes ou à la formation professionnelle pour l’affecter ailleurs, parce qu’il y a des jeunes et des adultes qui ont des difficultés d’apprentissage aussi et qui n’ont pas de services, donc ça me préoccupe », a répondu le ministre.
De son côté, le Parti québécois demande des explications à la plus grande commission scolaire du Québec. « Ce sont des élus [qui ont pris cette décision] à la CSDM, alors je pense qu’ils ont des explications à donner », a affirmé le chef intérimaire, Pascal Bérubé, qui « soupçonne que c'est notamment lié aux contraintes budgétaires » qui ont été imposées ces dernières années.
Rappelant que l’éducation aux adultes est généralement « un secteur qui est négligé », le député de Matane ajoute qu’il est important d’attribuer les ressources au bon endroit. « L’éducation aux adultes, c’est une seconde chance pour de nombreux adultes. C’est important. Alors, on ne doit pas payer pour un manque de ressources générales pour les jeunes de la CSDM. »