Deux conseillers de la présidente de la CSDM recrutés par la CAQ

Catherine Harel Bourdon
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Catherine Harel Bourdon

Les temps sont durs pour l’équipe au pouvoir à la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Deux des plus proches conseillers de la présidente sont partis pour des postes au gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) — qui a promis d’abolir les élus scolaires —, un quatrième commissaire a décidé de siéger comme indépendant et une nouvelle commissaire parent a été élue en promettant du « changement » au sein de l’organisation.

Michel Philibert, qui était conseiller politique au bureau de la présidente, Catherine Harel Bourdon, vient de quitter la CSDM pour devenir conseiller au cabinet du ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon.

Une autre ancienne conseillère de la présidente de la CSDM, Christine Mitton, est devenue directrice des communications du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge — celui-là même qui prépare un grand ménage dans les commissions scolaires. Mme Mitton avait quitté la commission scolaire pour être candidate de la CAQ dans Laval-des-Rapides. Elle a été défaite.

Dans le milieu de l’éducation, cette conversion à la CAQ de deux conseillers de haut rang à la plus grande commission scolaire du Québec n’est pas passée inaperçue.

Michel Philibert et Christine Mitton ont une connaissance intime de la gouvernance scolaire, qu’ils ont défendue bec et ongles durant leur mandat à la CSDM. Ils se joignent pourtant à un gouvernement qui s’est engagé à abolir les élus scolaires et à transformer les commissions scolaires en simples centres administratifs.

Au bureau de Mme Harel Bourdon, on souligne que ce sont des mouvements de personnel prévisibles lors de tout changement de gouvernement. La présidente a décliné nos demandes d’entrevue.

Autre départ

Ces départs surviennent au moment où le vice-président du comité exécutif de la CSDM, Ben Valkenburg, a décidé de quitter l’équipe majoritaire au conseil et de siéger comme indépendant.

« Je ne veux plus représenter la CSDM sur le Plateau-Mont-Royal, je veux représenter le Plateau-Mont-Royal à la CSDM », a dit le commissaire à des représentants du milieu de l’éducation au cours des derniers jours.

Ben Valkenburg a aussi refusé nos demandes d’entrevue, mais plusieurs sources confirment qu’il n’était plus à l’aise au sein du MEMO (Mouvement pour une école moderne et ouverte). Le vice-président du comité exécutif prône notamment une plus grande place des menus véganes dans les cafétérias de la commission scolaire.

Selon nos sources, il a refusé d’approuver une récente résolution d’appui aux producteurs de lait canadiens parce qu’il n’est pas convaincu des bienfaits du lait.

M. Valkenburg est le quatrième membre du conseil des commissaires (sur 13 élus au suffrage universel) à quitter l’équipe dirigeante pour siéger en tant qu’indépendant, après Violaine Cousineau, Jean-François Gosselin et Jean-Denis Dufort. Les commissaires indépendants jouent le rôle d’opposition non officielle au conseil de la CSDM, mais Ben Valkenburg a confié à des proches qu’il réfute l’étiquette « d’opposition ».

Une des quatre nouvelles commissaires parents, Imane Allam, élue le mois dernier, affirme arriver au conseil avec beaucoup de questions sans réponse. « La dynamique va changer au conseil des commissaires, dit-elle. Les parents demandent un renouvellement. Ils veulent de la transparence, ils veulent avoir accès à l’information pour prendre des décisions éclairées. »