École Cardinal-Roy: le milieu divisé

Face à la hausse des demandes pour le programme Sport-Arts-Études et l’impossibilité d’agrandir l’école, la Commission scolaire souhaite vouer l’école exclusivement au programme.
Photo: Lachlan Cunningham Getty Images AFP Face à la hausse des demandes pour le programme Sport-Arts-Études et l’impossibilité d’agrandir l’école, la Commission scolaire souhaite vouer l’école exclusivement au programme.

À Québec, la décision de déménager les élèves du programme ordinaire d’une école secondaire pour donner plus de place au programme Sport-Arts-Études (SAE) dérange de nombreux résidents de la Basse-Ville de Québec.

« On revendique une école accessible et de proximité », réclamait Éloïse Gaudreau, qui manifestait avec d’autres mardi soir devant l’école secondaire située près du stade de baseball, dans la Basse-Ville de Québec.

Cet établissement public de 854 élèves offre actuellement le programmeordinaire en 1re et 2e secondaires (56 jeunes), un programme spécifique pour les élèves en adaptation scolaire (48) et un programme SAE très populaire (750).

Face à la hausse des demandes pour le SAE et l’impossibilité d’agrandir l’école, la Commission scolaire souhaite vouer l’école exclusivement au programme SAE et déménager les élèves des programmes ordinaire et en adaptation scolaire. Elle tenait mardi soir une assemblée publique pour sonder l’opinion du milieu.

Un peu avant 19 h, ils étaient plus d’une centaine à s’être rassemblés devant le bâtiment avec leurs enfants pour constituer une chaîne humaine qui a fini par occuper toute la largeur de la vaste façade.

Comme bien des parents présents à la manifestation, Mme Gaudreau n’a pas d’enfants étudiant présentement à Cardinal-Roy, mais elle aimerait que ses deux enfants aujourd’hui au primaire « puissent fréquenter une école du quartier au secondaire ».

On ne croit pas que ce soit aux adolescents de Saint-Sauveur de faire les frais de ce manque d’espace

 

Non seulement le programme ordinaire doit être maintenu, croit-elle, mais la Commission devrait rétablir le programme de deuxième cycle aboli en 2009. « C’est à cause de cela que la fréquentation scolaire [du programme ordinaire] a diminué », dit-elle.

D’emblée, les conseils d’établissement d’écoles primaires des environs s’opposent également au projet. « On ne croit pas que ce soit aux adolescents de Saint-Sauveur de faire les frais de ce manque d’espace », a déclaré Marie-Claire Tremblay, représentante du Conseil d’établissement de l’école primaire Sacré-Coeur.

La nouvelle députée de Taschereau, Catherine Dorion, qui était sur les lieux, a quant à elle déploré que le changement force des adolescents du quartier à franchir deux autoroutes pour se rendre à leur école. « Est-ce que l’école de quartier est encore quelque chose d’important ? »

Un programme très apprécié

Mais le projet a aussi ses défenseurs. Le conseil d’établissement de Cardinal-Roy l’appuie à 100 %, le personnel à 78 % et les parents des élèves à 93 %, selon trois sondages menés au printemps.

D’anciens élèves du programme SAE ont aussi transmis des mémoires où ils vantent les mérites du programme SAE. « Je dois ma carrière et la personne que je suis à ce programme », a fait valoir une ancienne élève qui a participé à deux championnats du monde de nage synchronisée.

Au-delà du projet qui est sur la table, certains réclament une réflexion plus vaste. La présidente du conseil d’établissement de Cardinal-Roy, Hélène Loubier, qui est en faveur du projet, a demandé qu’on révise la répartition des écoles sur le territoire.

« C’est un indicateur évident de la nécessité de reconsidérer l’organisation scolaire du centre-ville », a-t-elle dit. En attendant, la commission scolaire a jusqu’au 20 novembre pour trancher.