Non aux exercices de confinement dans les écoles de la CSDM

Dans l’île de Montréal, le SPVM a participé à 180 exercices de confinement dans les écoles en 2016, dont la moitié avec la participation des élèves. 
Photo: Justin Sullivan Getty Images / Agence France-Presse Dans l’île de Montréal, le SPVM a participé à 180 exercices de confinement dans les écoles en 2016, dont la moitié avec la participation des élèves. 

Les exercices de confinement barricadé dans les écoles peuvent entraîner de l’anxiété et de la confusion. La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a décidé de ne pas imposer ces exercices controversés visant à enseigner aux élèves et au personnel des écoles comment réagir en cas d’attaque armée entre les murs de l’établissement.

Dans une décision qui risque de faire boule de neige, la plus grande commission scolaire du Québec a entériné mercredi soir le rapport d’un comité d’experts qui exprime des doutes sur la pertinence des exercices de confinement barricadé.

« Actuellement, il n’existe aucune étude qui démontre l’efficacité des exercices de confinement dans les écoles pour diminuer les pertes humaines en cas de tireur actif », indique le rapport de 26 pages. Le comité était formé de huit membres du personnel de la CSDM, dont des directeurs d’école, appuyés par les chercheurs Lyse Turgeon (Université de Montréal), Camillo Zacchia (Institut Douglas) et Jacques Hébert (UQAM).

« Il existe cependant des risques importants, tant physiques que psychologiques, qui doivent être soupesés par rapport aux bénéfices présumés des exercices de confinement », poursuit le document.

La Commission scolaire compte ainsi rappeler aux directions d’école que chaque établissement peut décider d’offrir ou non des exercices de confinement aux élèves et au personnel. Plusieurs écoles croyaient à tort qu’ils étaient obligatoires.

Par contre, tous les employés des écoles de la CSDM, y compris les enseignants, les concierges et les secrétaires, devront suivre une séance d’information sur les « bonnes pratiques à adopter en cas de tireur actif », élaborée avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Il ne s’agit pas d’un exercice de confinement où les participants doivent se barricader en classe dans le cadre d’une attaque armée simulée.

Alerte à l’anxiété

« On prend bonne note du rapport qui nous indique que les exercices de confinement barricadé peuvent créer de l’anxiété chez les élèves et les membres du personnel », a indiqué au Devoir Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

Dans l’île de Montréal, le SPVM a participé à 180 exercices de confinement dans les écoles en 2016, dont la moitié avec la participation des élèves, précise le rapport. « Parmi les obstacles rencontrés par les établissements ayant effectué des démarches en matière d’exercices de confinement, l’anxiété des élèves et des membres du personnel est celui qui est invoqué le plus souvent, soit près de deux fois plus souvent que l’appréhension et la résistance des parents. »

On prend bonne note du rapport qui nous indique que les exercices de confinement barricadé peuvent créer de l’anxiété chez les élèves et les membres du personnel 

Fait à noter, les exercices de confinement barricadé sont obligatoires pour le personnel et les élèves de toutes les écoles des deux commissions scolaires anglophones de l’île (English-Montreal et Lester-B.-Pearson). Le ministère de l’Éducation du Québec a le pouvoir de rendre obligatoire la tenue d’exercices de confinement, mais il laisse cette décision aux décideurs locaux. Ces exercices sont obligatoires en vertu de la loi en Ontario et au Manitoba, et d’une décision ministérielle ou des commissions scolaires dans quatre autres provinces.