Manque criant de profs à la CSDM

Le nombre d’élèves explose, les écoles débordent et il manque de candidats pour pourvoir tous les postes d’enseignant affichés.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le nombre d’élèves explose, les écoles débordent et il manque de candidats pour pourvoir tous les postes d’enseignant affichés.

Un seul enseignant pour deux groupes dans un même local. Des suppléants qui se succèdent dans les classes. Le manque de professeurs se fait encore sentir dans les écoles publiques de la région de Montréal, a constaté Le Devoir.

Comme chaque année, la rentrée scolaire donne lieu à un casse-tête pour les gestionnaires d’école primaire et secondaire. Le nombre d’élèves explose, les écoles débordent et il manque de candidats pour pourvoir tous les postes d’enseignant affichés.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) avait l’équivalent de 37 postes d’enseignant à temps complet à pourvoir à la fin de la semaine dernière — presque deux fois moins que la semaine précédente (69 postes affichés). C’est du même ordre qu’à pareille date l’an dernier.

Dominique Drolet, mère d’un garçon de sixième année, est découragée. Quatre suppléants se sont succédé dans la classe de son fils depuis la rentrée. Ce groupe d’élèves n’avait pas d’enseignant titulaire. Mince consolation, il semble que le dernier suppléant soit le bon. Il sera là pour toute l’année. Si tout va comme prévu.

« Mon fils était démoralisé et démotivé. La sixième année est une année de transition très importante pour préparer les élèves au secondaire. Mais avec des remplaçants qui changent tout le temps, le climat n’est pas bon dans la classe », explique Dominique Drolet.

« Je pensais changer mon fils d’école, mais je ne sais pas où j’aurais pu l’envoyer », dit la mère de cet élève de l’école Marie-de-l’Incarnation, dans le quartier Ville-Émard. Elle croise les doigts pour que la nomination d’un titulaire ramène le groupe sur la bonne voie.

Un peu plus loin, l’école secondaire du quartier a aussi besoin de professeurs. Il n’y a qu’une enseignante de français pour deux groupes de cinquième secondaire à l’école Honoré-Mercier. Elle enseigne aux deux groupes en même temps dans un local conçu pour un seul groupe.

« Nous avons réaménagé la classe pour que nous ayons tous un bureau, ce qui n’était pas le cas avant. À part la chaleur étouffante qui règne en classe, c’est supportable », raconte une élève. La professeure gère bien sa classe. Les jeunes sont motivés, ajoute-t-elle.

De son côté, l’école secondaire La Dauversière, dans Ahuntsic-Cartierville, cherche en vain un enseignant en art depuis… le printemps dernier. La tâche est de 50 % en art dramatique et de 50 % en arts plastiques, mais la direction est prête à embaucher un professeur à 100 % dans un seul des deux arts si un candidat se manifeste.

« On cherche quelqu’un ! Les élèves n’ont que des suppléants depuis le début de l’année », indique la directrice de l’école, Marie Cabana, dans une offre d’emploi publiée récemment.

Priorité aux tout-petits

Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM, réclame la tenue d’États généraux sur l’éducation dès la formation du prochain gouvernement, après les élections. « Je pense que tous les partis comprennent qu’on a besoin d’enseignants. Ils devront passer de la parole aux actes. Les citoyens vont être à l’affût, ils sont derrière notre réseau public », dit-elle.

La plus grande commission scolaire du Québec donne la priorité aux postes à pourvoir au préscolaire et au premier cycle du primaire. « Plus les enfants sont petits, plus ça peut être insécurisant pour eux [d’avoir des suppléants plutôt qu’un titulaire en classe] », dit Mme Harel Bourdon.

Pour recruter plus facilement des enseignants, elle estime qu’il faudrait assouplir le temps requis pour réussir une « maîtrise qualifiante » donnant le droit d’enseigner. À l’heure actuelle, des gens qui ont un diplôme universitaire ou une expérience de travail pertinente peuvent obtenir un brevet d’enseignement en faisant une telle maîtrise.

Une procédure appelée « tolérance d’engagement » permet d’enseigner tout en étudiant à temps complet. Mais la tolérance d’engagement prend généralement fin avant que l’aspirant enseignant ait obtenu sa maîtrise, note Catherine Harel Bourdon. Il faudrait permettre aux gens de prendre plus d’années pour parachever leurs études de maîtrise tout en enseignant, selon elle.

« Avec des suppléants qui changent tout le temps, le climat n’est pas bon dans la classe. »

1 commentaire
  • Caroline Mo - Inscrite 26 septembre 2018 07 h 45

    Une grande partie de la faute à la CSDM


    Chers parents, Chers élèves,

    Sachez que la CSDM fait passer des entrevues et refusent des professeurs d'expérience (plus de 20 ans) sous prétexte qu'ils ont enseigné ailleurs ou auprès d'une autre clientèle...