Une école sur un terrain loué est désormais possible

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, et la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La mairesse de Montréal, Valérie Plante, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, et la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon

Un nouveau « modèle d’affaires » peut désormais mener à la construction d’écoles publiques au Québec. Mais ce modèle a un prix. La construction d’une école primaire au centre-ville de Montréal, sur un terrain appartenant à l’Université Concordia, coûtera au moins 50 millions — un coût exceptionnel pour une école publique.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a confirmé vendredi que deux nouvelles écoles verront le jour au centre-ville, où le nombre de familles augmente considérablement. Une école de 14 classes sera aménagée au coût de 21,3 millions dans l’ancienne Académie Bourget, un bâtiment patrimonial qui a besoin de rénovations de la cave au grenier. La Commission scolaire de Montréal (CSDM) possède déjà l’immeuble.

L’autre école prendra forme près de l’ancien couvent des Soeurs Grises, sur un terrain appartenant à l’Université Concordia. Ce bâtiment de 28 classes réparties sur 4 étages coûtera 29,8 millions, auxquels il faut ajouter au moins 20 millions pour l’achat du terrain. La facture serait plus élevée dans le scénario d’une location à long terme, indique un document interne de la CSDM que Le Devoir a obtenu.

La CSDM et l’Université Concordia doivent négocier la cession du terrain au cours des prochains mois. La location ou l’achat du terrain restent envisagés, indique-t-on.

Aller plus vite

Le ministre Proulx a changé les règles pour permettre aux commissions scolaires d’acheter ou de louer un terrain pour construire une école. L’école du site des Soeurs Grises sera la première construite au Québec en vertu de ce nouveau « modèle d’affaires », a dit M. Proulx vendredi.

« On s’est donné de la flexibilité, on se donne de l’agilité pour être capables de recevoir des projets », a dit le ministre aux journalistes.

« Bien sûr, on va analyser la rentabilité […] mais quand on aura un plan d’affaires qui nous permettra de faire de la location sur une certaine période pour nous permettre d’aller plus rapidement pour répondre aux besoins des familles […] de notre côté on sera présents. C’est la raison pour laquelle on adapte le cadre réglementaire. On dit oui à des projets et on réfléchit à comment construire des écoles différemment. Le temps où on construisait tout pareil et on disait non parce que ça n’entrait pas dans le carreau est terminé. »

La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, se réjouit de l’adoption de ces nouvelles règles. La commission scolaire et le promoteur du projet immobilier sur le site de l’ancien Hôpital de Montréal pour enfants souhaitaient qu’une école s’ajoute au projet. Ça n’a pas été possible à cause de la vieille règle gouvernementale empêchant les commissions scolaires d’acquérir un terrain. Le promoteur a perdu patience et a renoncé à construire une école.

« On demandait au ministère d’agir, car on a des besoins urgents pour deux écoles d’ici cinq ans au centre-ville, et peut-être une troisième d’ici dix ans, mais on manque de terrains », dit Mme Harel Bourdon.

La CSDM reconnaît que le budget de la future école sur le site de Concordia « est plus élevé que les standards de construction du MEES. En ce sens, il est possible qu’une révision du programme soit nécessaire pour [respecter] les objectifs budgétaires », indique un document de la commission scolaire.

Il coûte beaucoup plus cher de construire au centre-ville qu’ailleurs au Québec, note le document. En plus du prix du terrain, des contraintes financières s’ajoutent, car il s’agit d’un lieu patrimonial.

Manque de transparence

L’incertitude entoure néanmoins le coût définitif et la pertinence du projet. Violaine Cousineau, commissaire indépendante à la CSDM, déplore le manque de transparence de la commission scolaire autour du choix de cette école. « On n’a pas été informés et on n’a surtout pas pu informer la population des enjeux entourant cette école qui coûte quand même 50 millions de dollars ! » s’indigne-t-elle.

Mme Cousineau se demande pourquoi le ministère a retenu ce projet et non celui qui aurait mené à la construction d’une école sur le terrain du Grand Séminaire, près du mont Royal.

Il faudra abattre plusieurs arbres matures pour construire l’école dans ce secteur où les espaces verts manquent cruellement, déplore Violaine Cousineau. La CSDM a embauché un ingénieur forestier pour obtenir le portrait de ce parc, souligne Catherine Harel Bourdon. L’ébauche du projet prévoit aussi un toit vert ainsi qu’un stationnement souterrain. La CSDM ne tient pas au stationnement, mais la réglementation municipale oblige l’ajout d’espaces de stationnement pour des projets comme celui-là au centre-ville.

Autres travaux

En plus de ces deux écoles au centre-ville, Québec a confirmé vendredi des investissements attendus dans d’autres quartiers :

une école primaire de 14 classes sera aménagée au 8075, rue Hochelaga, dans l’est de Montréal (13,05 millions) ;

l’école secondaire Sophie-Barat, dans Ahuntsic, sera agrandie (14,5 millions) ;

une étape est franchie en vue de la construction d’une salle de concert à l’école secondaire Joseph-François Perrault, dans le quartier Saint-Michel : Québec investit 4 millions pour aménager des salles de répétition. Le financement de la salle de concert évaluée à 29,7 millions reste à confirmer avec d’autres partenaires, notamment la Ville de Montréal et le ministère de la Culture, a indiqué la CSDM ;

la construction et le réaménagement des serres de l’École des métiers de l’horticulture (5,71 millions).

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 2 juin 2018 03 h 49

    le monde va-t-il être capâble de survivre a une telle appropriation

    pourquoi louer au lieu d'exproprier serait-ce que la sacro sainte notion de propriétés est en train de l'emporter sur tout le reste , est-ce que nous voulons tous,l'apologie du possédant quel univers vers lequell nous nous dirigeons, le monde va-t-il être capable de survivre a une telle appropriation,celui d'individus sacrés roi en toutes choses