La détresse psychologique préoccupe les étudiants universitaires

Selon une étude de la FAECUM, un étudiant universitaire sur cinq montre des signes de dépression.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Selon une étude de la FAECUM, un étudiant universitaire sur cinq montre des signes de dépression.

Les associations étudiantes fourbissent leurs armes en vue du scrutin provincial de l’automne. Les nouveaux leaders des associations, tout juste entrés en fonction, ont une nouvelle priorité : lutter contre le stress et l’épuisement causés par les études supérieures.

Les deux principaux regroupements — l’Union étudiante du Québec (UEQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) — comptent documenter la détresse psychologique des étudiants au cours des prochains mois.

Une étude de la FAECUM (Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal) a sonné l’alarme en 2016 : un étudiant universitaire sur cinq montre des signes de dépression qui nécessitent une consultation ; 8 % ont même eu des pensées suicidaires au cours de la dernière année, trois fois plus que la moyenne de leur groupe d’âge.

« On peut présumer que c’est une cause majeure d’échec scolaire », dit Guillaume Lecorps, président de l’UEQ depuis le 1er mai.

Plusieurs étudiants souffrent d’isolement. Ils subissent une grande pression de performance et ils ont une grande charge de travail, note le représentant de 79 000 étudiants universitaires.

L’UEQ planifie une vaste consultation sur la santé mentale de 200 000 étudiants, en collaboration avec une vingtaine d’associations. La FECQ envisage aussi de consulter ses membres sur la détresse dans le réseau collégial, explique Fred-William Mireault, nouveau président de l’association à compter de vendredi.

« Ça prend aussi une campagne de sensibilisation sur la santé mentale. Les étudiants ont encore de la misère à dire qu’ils ont besoin d’aide », dit M. Mireault.

Santé financière

Les deux associations réclament de l’aide supplémentaire pour les étudiants ayant des besoins particuliers, par exemple pour un déficit d’attention, de la dyslexie ou un autre « trouble d’apprentissage ».

La santé financière des étudiants figure aussi parmi les priorités des associations. Elles réclament une compensation financière pour tous les stages, au collégial et à l’université.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a annoncé récemment que le stage final des étudiants en éducation sera rémunéré — il faut maintenant étendre cette mesure à l’ensemble des stages, insistent les représentants étudiants.

Ils demandent aussi une bonification de l’aide financière aux étudiants, en plus de dénoncer la déréglementation des droits de scolarité pour les étudiants étrangers.

Violences sexuelles

Le mouvement étudiant doit renouveler ses revendications, car la ministre David a mis en branle au cours des derniers mois une série de mesures réclamées par les associations.

Les étudiants comptent ainsi surveiller de près la mise en place des bureaux de lutte contre les violences sexuelles dans chacun des établissements, en vertu du projet de loi 151, qui a été adopté.