Fin des études supérieures en conservation à l’Université de Montréal

Le campus de l'Université de Montréal
Photo: Getty Images Le campus de l'Université de Montréal

L’Université de Montréal met la clé dans la porte de son programme de maîtrise en conservation du patrimoine bâti.Depuis 1987, ce programme formait des spécialistes de diverses disciplines, notamment en architecture, en urbanisme et en histoire, pour penser la réutilisation du patrimoine bâti.

La dernière cohorte de ce programme devrait obtenir son diplôme en décembre 2017. « Ils sont sept. Cela n’a jamais été de grosses cohortes. C’est une formation de pointe. Mais on a besoin de la pointe aussi dans notre société », explique Claudine Déom, dernière responsable du programme.

La fermeture a pour cause des raisons budgétaires, ne cache pas Jacques Lachapelle, directeur de l’École d’architecture. « Même s’il n’y a jamais eu beaucoup de monde dans le programme, on arrivait à maintenir le programme. »

La situation n’enchante personne, dit-il. « Croyez-moi, ça ne fait plaisir à personne. Nous avons toujours cru, notamment pour les architectes, qu’une connaissance de la conservation du patrimoine était importante. »

Un nouveau programme, croit le directeur Lachapelle, orienté cette fois vers le patrimoine mondial, pourrait éventuellement attirer plus d’étudiants. Mais rien n’est fixé encore. « Si c’est dans le cadre d’un nouveau programme, cela pourrait prendre deux ou trois ans » avant que la mécanique de la nouvelle formation soit mise en place par l’université. Mais pour l’instant, le site Internet de l’université ne confirme qu’une chose : les admissions sont suspendues jusqu’à nouvel ordre pour ce champ d’études.

La maîtrise en conservation du patrimoine avait formé au fil du temps plusieurs spécialistes reconnus. De ce nombre, on compte Nathalie Bull, directrice à la Fiducie nationale à Ottawa, Zaki Aslan du Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels, ou encore Emilie Vézina-Doré, directrice d’Action patrimoine.

« La formation n’était pas spécifique à une discipline », explique Claudine Déom. « On accueillait des étudiants de plusieurs domaines. Les gens s’imaginent que “la conservation du patrimoine bâti” mène à figer des bâtiments dans le temps. Au contraire, il s’agit d’apprendre à les recycler, à favoriser le développement économique et social. Cette expertise a un impact important sur le terrain. »

Ce programme de maîtrise avait été créé notamment à la suggestion de l’architecte et urbaniste Jean-Claude Marsan et du défenseur du patrimoine Dinu Bumbaru, souligne Claudine Déom.