Priorité au préscolaire et à l’alphabétisation, dit Couillard

Le dépistage des problèmes d’apprentissage dès le préscolaire et la lutte à l’analphabétisme doivent être hissés au rang des priorités en matière d’éducation, estime le premier ministre Philippe Couillard.

L’éducation doit devenir la grande priorité nationale du Québec, selon le premier ministre, qui participait jeudi à la conclusion de la vaste consultation menée par le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, en vue de définir les meilleurs moyens d’assurer la réussite éducative des élèves.

Après une tournée dans plusieurs régions du Québec, le ministre conclut l’exercice par deux jours de consultation nationale, jeudi et vendredi, au Centre des congrès de Québec.

Près d’une centaine de représentants du milieu de l’éducation (associations, syndicats, directions d’écoles, experts, etc.) y sont réunis pour tenter d’influencer le ministre et orienter le contenu de la future politique québécoise axée sur la réussite éducative de l’élève.

D’entrée de jeu, le ministre Proulx a déclaré qu’autrefois, dans les années 1960, l’objectif de la société québécoise consistait à garantir l’accès pour tous à l’éducation, alors qu’aujourd’hui il faut plutôt viser à rendre la réussite éducative accessible à tous les élèves.

Si le Québec veut atteindre tout son potentiel, notamment son potentiel économique, il aura besoin de citoyens bien formés, d’où l’importance de moderniser le système d’éducation, a commenté M. Couillard en point de presse, en marge de l’événement.

Chose certaine, a-t-il ajouté, la future politique qui suivra la consultation devra engager à la fois le gouvernement et la société tout entière.

Après deux années de compressions et le retour à l’équilibre budgétaire, l’argent ne semble plus être un obstacle. Le Québec est désormais en mesure d’investir de façon substantielle et avec stabilité dans le réseau scolaire au cours des prochaines années, a fait valoir le premier ministre.

Sceptique, l’opposition péquiste a dit craindre que le gouvernement Couillard cherche plutôt par tous les moyens à retarder la prise de décisions et l’adoption des mesures requises jusqu’à la prochaine campagne électorale. Car le gouvernement aurait pu agir au cours des deux dernières années, au lieu d’improviser et de sabrer des centaines de millions dans les budgets de l’éducation, a commenté le porte-parole péquiste en éducation, le député Alexandre Cloutier.

4 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 1 décembre 2016 20 h 14

    EN RETARD SUR LES ÉVÉNEMENTS

    Quand « e ministre Proulx déclare qu’autrefois, dans les années 1960, l’objectif de la société québécoise consistait à garantir l’accès pour tous à l’éducation, alors qu’aujourd’hui (2016) il faut plutôt viser à rendre la réussite éducative accessible à tous les élèves », sait-il, notre ministre de l'éducation, que la réussite du plus grand nombre a été fixé comme objectif de la réforme de 2000, il y a 16 ans et que...

    En raison de toutes les dérives depuis lors, la cible n'a pas été atteinte.

    S'il ne le sait pas, il ignore tous les faux pas qui se sont enchaînés depuis lors, et, comme plusieurs sont attribuables à son gouvernement, il les refera.

    Toute forme de néolibéralisme empeche l'atteinte de la réussite du plus grand nombre.

  • Patrick Daganaud - Abonné 1 décembre 2016 20 h 37

    Monsieur Couilard devra changer de parti politique

    Les intentions éducatives du premier ministre, outre qu'elles sont pour de mauvaises raisons, sont hors de portée d'un gouvernement libéral.

    C'est la société profilée par le PLQ (et celle qui le serait par la CAQ, comme par un PQ incapable de revenir à un idéal social-démocrate) qui invalide totalement toute perspective de réforme éthique et équitable.

    En d'autres termes, on ne fait pas du bon avec du mauvais et le PLQ est inapte à la congruence.

  • Patrick Daganaud - Abonné 1 décembre 2016 21 h 18

    Purement électoraliste

    Dans la bouche de Couillard, cela sonne faux et improvisé.

    Les cibles nommées sont bonnes et même prioritaires, mais il y en a d'autres, primordiales, dont la tenue consciencieuse durable des plans d'intervention de tous les écoliers vulnérables. L'absence de ces autres cibles enrayera l'atteinte des deux cibles nommées. L'éducation n'est pas une spécialité chirurgicale à zone restreinte...La démarche doit être holistique.

    Si l'on se contente du dépistage précoce et que les services s'estompent après le préscolaire, cela n'aboutira nulle part. Cela me fait penser aux services faméliques d'orthophonie...

    En outre, l'alphabétisation ne se déroule pas par l'opération du Saint-Esprit : c'est une oeuvre longitudinale qui implique,entre autres, la maîtrise du code linguistique. Or, son enseignement actuel affaisse les niveaux d'alphabétisation...

    Monsieur Couillard devrait lire le texte de Madame Lise Bissonnette. Il comprendrait peut-être la portée écosystémique de ce que son ministre de l'Éducation prétend entreprendre.

    L'Éducation, c'est un cran plus complexe que la médecine...

  • Daniel Gagnon - Abonné 1 décembre 2016 22 h 53

    Reconstruire sur un terrain dévasté, ruiné par Monsieur Couillard

    Dans l'état ou Philippe Couillard a mis le Québec, avec son implacable et cruel plan d'austérité, qu'espérer?

    Après deux ans d'oppression et de pillage des ressources pour les plus démunis, après les coupures sauvages et les destructions, voilà le héros du jour avec plein de promesses dans la bouche. Qui peut le croire, qui l'eût cru?

    Au total, des centaines de millions ont été sabrés, des écoles envoyés au poteaux d'exécution, des universités réduites à des rendements infimes, la plupart des postes nouveaux annulés, les commissions scolaires étranglées, les Cegeps en déplorable état, des classes sans professeur et des départements sans programmes, des plafonds et des toits qui coulent et qui croulent, un mobilier usé à la corde, des stocks de livres anéantis dans des bibliothèques ministérielles et autres catastrophes, tel est le bilan effroyable de la gouvernance égoïste et inculte des Libéraux de Philippe Couillard.

    Et, ô miracle! Philippe Couillard, comme un homme nouveau, vient nous parler de « dépistage des problèmes d’apprentissage dès le préscolaire et la lutte à l’analphabétisme »!

    Mais la reprise, il ne faut pas se faire d'illusion, même élémentaire, de l’activité dans la plupart des milieux scolaires détruits par les Libéraux se heurtera à mille obstacles et subira de grands retards.

    L'enfant ou l’étudiant qui n’a rien reçu pendant ces années de destruction ne sera jamais remboursé pour ces années cruelles, vidées de ressources.

    Les professeurs partis ne reviendront pas non plus : le professeur de violoncelle qui a été envoyé au chômage n’aura pas formé les nouveaux musiciens dont nous avions besoin.

    Monsieur Couillard ne dit pas la vérité quand il ânonne ses nouvelles priorités en éducation.

    Quand il laisse croire que le redressement sera puissant et rapide, il sait qu’il n’en sera rien, car tout devra être reconstruit sur une terrain dévasté, ruiné par lui et ses politiques insensibles, abruties et ignorantes.