Louise Mailloux réclame 68 000$ à Dalila Awada

Louise Mailloux
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Louise Mailloux

Poursuivie pour diffamation par Dalila Awada, Louise Mailloux non seulement demande que soit retirée cette charge contre elle, mais réplique en réclamant 68 000 $, estimant que c’est elle qui a été diffamée. Dans le document de la défense déposé mercredi et dont Le Devoir a obtenu copie, elle nie ou elle doute de la conformité de certaines allégations de Mme Awada, une jeune militante féministe anti-charte connue du public, qui en mai dernier avait lancé une poursuite et réclamé 120 000 $ en dommages moraux et punitifs.

Selon Mme Mailloux, enseignante de philosophie et ancienne candidate du Parti québécois, cette poursuite et la façon dont elle a été reprise sur la place publique et dans les médias ont fait d’elle une persona non grata, ce qui l’a privée de revenus. Elle allègue qu’elle ne publie plus autant d’articles et qu’elle est moins invitée à des débats et des émissions de radio ou de télévision qu’auparavant. Cette poursuite l’aurait aussi grandement affectée émotivement, l’empêchant de prendre la parole en public et lui causant stress et insomnie, d’où les 68 000 $ réclamés (53 000 $ pour diffamation et perte de revenus et 15 000 $ en dommages punitifs.)

Dans sa défense, Louise Mailloux soutient que Dalila Awada n’a pas bien assumé les conséquences de ses prises de position publiques dans le débat sur la charte de la laïcité. Selon la philosophe, l’attaque en cour perpétrée à son endroit en est la preuve, et c’est là une tentative de bâillon. « Malheureusement, plutôt que d’accepter les contrecoups inhérents à sa prise de position publique, [Dalila Awada] a choisi d’intenter une poursuite abusive contre la défenderesse Mailloux afin de la discréditer dans l’opinion publique dans le but de la bâillonner », peut-on lire dans son document de défense et sa demande reconventionnelle.

Réputation salie

La militante laïque intente donc une poursuite pour diffamation, estimant que sa réputation a été salie dans les médias, en grande partie par l’avocate de Mme Awada, Anne-France Goldwater, qui a donné plusieurs entrevues sur le sujet à des émissions de télévision, à Télé-Québec et à Radio-Canada notamment. « […] des propos énoncés par [Me Goldwater] lors des entrevues qu’elle a accordées aux médias portent atteinte à la réputation de la défenderesse Mailloux, en donnant notamment l’impression que celle-ci aurait qualifié la demanderesse de terroriste », souligne la requête.

Défendue par Patrick Ouellet, du cabinet Woods, Mme Mailloux n’est pas la seule à être visée par la poursuite de Mme Awada : Philippe Magnan et la Société des amis de vigile.net le sont aussi. Toutefois, selon ses dires, son nom est le seul à être repris par les médias pour désigner la poursuite, ce qui nuit à sa réputation et à son image, fait-elle valoir. Mme Mailloux croit également que c’est pour cette raison qu’elle est devenue persona non grata dans les médias et qu’elle n’a par conséquent plus été invitée pour commenter des sujets d’actualité ayant trait à la laïcité, comme les attentats à la rédaction de Charlie Hebdo et ceux perpétrés au parlement d’Ottawa et à Saint-Jean-sur-Richelieu.

25 commentaires
  • Claude Lachance - Inscrite 29 janvier 2015 08 h 14

    Lisa-marie-gervais a-t-elle vraiment besoin de parler de la militante laïque ? Etrange!

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 29 janvier 2015 08 h 19

    Comme on fait son lit on se couche

    Mme. Mailloux n'a peut-être pas dit " terroriste" , mais si je me rappelle bien, elle avait tout de même prononcé des paroles assez dures envers Mlle Awada, et laissé supposer que son militantisme était subversif pour notre société.

    Elle n'est pas chanceuse, car l'avocate qui a cru en sa cause est tout qu'une " show-girl". Bien entendu que la Goldwater à fait de ce fait divers un réel cas de société. Tout le monde à su.

    Mais je lui répondrais par sa propre offensive, je dirais encore plus d'elle que de Mlle awada, qui, portant le voile, était directement touchée par la charte, qu'elle n'assume pas bien sa part de lutte dans ce débat épineux.

    Elle a dit haut et fort son opinion et madame Goldwater s'est chargée de nous expliquer ce qu'il y avait de diffamant dedans. Parce que beaucoup de gens tolérants sont dotés d'une perspicacité civile, elle a perdu beaucoup de crédibilité et c'est normal, j'en ai moi-même découvert la fatalité ici: " qui se propose s'expose", et moi, je commente bénévolement. Si on la paie pour qu'elle dise son opinion, il va de soi que la dite opinion nous apporte de nouveaux éclairages et non nous encourage à régresser dans l'évolution.

    Ce n'est pas de la faute de Mlle Awala si on ne demande plus son avis, c'est de sa faute à elle. Elle a profité de sa position d'influence pour assombrir la réputation de Mlle Awala et la population ne lui a pas donné raison. Elle a essuyé un revers et un mauvais coup de PUB peut arriver à n'importe qui se prononce sur des sujets sociaux publiquement.

    Qu'elle laisse donc les tribunaux et qu'elle compte sur le précieux temps pour verser l'oubli sur la civilisation qui sera de nouveau prête à avaler ses critiques professionnelles lorsqu'elles regagneront le cachet de cette étiquette.

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 29 janvier 2015 22 h 39

      De quoi parlez-vous, la population ne lui a pas donné raison ? Ce n'est pas la population qui la poursuit, mais Dalila Awada. Vous n'êtes pas sans savoir que beaucoup de gens appuient Madame Mailloux ?

  • Gilbert Talbot - Abonné 29 janvier 2015 08 h 32

    Louise Mailloux s'est calée elle-même dans l'opinion publique.

    Je crois que c'est Louise Mailloux elle-même, par ses propos incendiaires, qui s'est discréditée auprès des médias qui ne l'invitent plus à commenter l'actualité, en temps que philosophe de la laïcité.

    • Robert Beauchamp - Abonné 29 janvier 2015 10 h 56

      Parce qu'elle a osé exprimer ce que d'autres pensent tout bas, monsieur?

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 29 janvier 2015 22 h 38

      Bien sûr, et c'est seulement un hasard si ça coïncide avec l'action de Madame Awada. Aussi, que beaucoup de gens supportent Louise Mailloux n'est sûrement pas le signe qu'elle a sa place dans les médias...

    • Micheline Trépanier - Inscrite 30 janvier 2015 14 h 32

      Le problème est que Louise Mailloux veut combattre le fanatisme par son propre fanatisme. Trop c'est comme pas assez. Il ne faut pas prendre les québécois et québécoises pour des valises. Sous prétexte de lutte pour la laïcité elle perdcomplètement les pédales pour cracher son venin sur tout ce qu'il y a de religieux.

      On peut comprendre qu'un passé religieux oppressant laisse des traces mais on ne peut accepter que les frustrations de madame Mailloux lui servent à tout éclabousser sur son passage pour arriver à ses fins. Personnellement, je doute que madame Mailloux puisse donner objectivement un cours de philo à des jeunes du cégep. Que les médias la mette de côté suite à ses grotesques dérapages est tout à fait justifié et elle n'a qu'à s'en prendre à elle-même. On n'a pas besoin d'une telle fanatique au P.Q... ni dans les médias!

  • Gaston Bourdages - Abonné 29 janvier 2015 08 h 47

    Fort souvent délicat sujet à...

    ...commenter. D'autant plus qu'une Cour de justice a été «invitée» dans le débat. À la lecture de l'article de madame Gervais, une des conclusions que j'en tire: discréditation. Genre ? Tirer sur le messager lorsque c'est son propos qui, au fond des fonds, dérange. Dommage pour toutes les gens qui s'y voient ainsi «traités».
    Gaston Bourdages,
    «Pousseux de crayon sur la page blanche»
    Saint-Mathieu de Rioux, Qc.

  • Johanne St-Amour - Inscrite 29 janvier 2015 09 h 02

    Des poursuites-baillons?

    Louise Mailloux, Djemila Benhabib, Vigile.net, le journal Les immigrants de la Capitale et le journaliste Mihai Claudiu Cristea: des poursuites qui visent à faire toute critique?

    • Lise Bélanger - Abonnée 29 janvier 2015 12 h 40

      Une personne bien connue, bien placée, mentionnée dans la poursuite ci-haut, a bien dit un jour et cela a été écritdans un journal, que la gagne des péquistes sont tous des racistes.

      Il faudrait vérifier si on peut se plaindre de diffamation en pareil cas ou de mépris à une collectivité ou groupe.

      Cette personne bien médiatiése crierait peut-être un peu moins fort sa francophobie.