Les parents interpellent Bolduc

Près de 300 élèves de Notre-Dame-de-Grâce (NDG) devront parcourir une quinzaine de kilomètres de plus en autobus pour se rendre dans d’autres écoles, dès le mois de septembre prochain.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Près de 300 élèves de Notre-Dame-de-Grâce (NDG) devront parcourir une quinzaine de kilomètres de plus en autobus pour se rendre dans d’autres écoles, dès le mois de septembre prochain.

En désespoir de cause, les parents de l’école Sainte-Catherine-de-Sienne, dans Notre-Dame-de-Grâce, s’adressent au ministre de l’Éducation. Convaincus d’avoir épuisé tous les recours à leur disposition pour éviter que leur école « éclate » à la fin juin, ils demandent à Yves Bolduc de forcer la Commission scolaire English-Montréal (CSEM) à leur prêter un bâtiment, dans une lettre obtenue par Le Devoir.

Près de 300 élèves de Notre-Dame-de-Grâce (NDG) devront parcourir une quinzaine de kilomètres de plus en autobus pour se rendre dans d’autres écoles, dès le mois de septembre prochain, si les commissions scolaires de Montréal et English-Montréal ne parviennent pas à s’entendre à la suite de la découverte de moisissures et de problèmes d’infiltration d’eau à Sainte-Catherine-de-Sienne, une école de langue française. L’établissement de la rue Somerled doit être fermé dès juin, pendant de deux à trois ans, le temps que soient effectués d’importants travaux de nettoyage et de reconstruction.

Dans la cour

Aux yeux des parents et de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la seule véritable solution se trouve juste à côté. L’école St. Ignatius, fermée il y a quelques années puis rouverte en tant que centre d’éducation pour jeunes à risque de décrocher, partage sa cour d’école avec Sainte-Catherine.

Président du conseil d’établissement de Sainte-Catherine, Louis Simard demande au ministre de « convaincre » la CSEM. Celle-ci refuse catégoriquement, affirmant avoir l’intérêt de ses élèves à coeur.

« La CSEM refuse toujours d’entendre raison et de considérer le prêt de l’école St. Ignatius, située juste à côté de notre école, pour le temps des travaux. Les arguments avancés par le CSEM n’apparaissent d’aucune manière raisonnables, notamment en ces temps de compressions. L’école pouvant contenir 320 places n’accueille qu’une quarantaine d’étudiants […] qui proviennent de toute l’île de Montréal et n’ont aucune attache au quartier. »

« Monsieur le Ministre, nous ne pouvons plus attendre », ajoute-t-il.

Les programmes Outreach et Focus pour décrocheurs qu’accueille l’école St. Ignatius sont à durée limitée, et peu d’élèves actuels seront présents en septembre prochain, fait-il valoir.

« Si on n’avait pas le choix, on le ferait, mais comme on en a un, on juge que ce n’est pas idéal de déplacer des jeunes de l’école alternative », a affirmé la présidente de la CSEM, Angela Mancini la semaine dernière. Elle a offert des espaces dans deux écoles secondaires ou une école désaffectée, dans Côte-Saint-Luc ou Ville-Émard. Beaucoup trop loin, de l’avis des parents de Sainte-Catherine.

Le cabinet du ministre Bolduc n’a pas rappelé Le Devoir lundi soir. La semaine dernière, une porte-parole avait indiqué que le ministre « se garde le droit d’intervenir » dans ce dossier.