Institut national de la recherche scientifique - Les travaux de recherche doivent «produire des retombées concrètes dans la société québécoise»

L’INRS regroupe 157 professeurs-chercheurs, et ses quelque 570 étudiants ont accès à plus d’une vingtaine de chaires de recherche et à plusieurs unités de recherche, soit des laboratoires et autres observatoires.
Photo: L’INRS regroupe 157 professeurs-chercheurs, et ses quelque 570 étudiants ont accès à plus d’une vingtaine de chaires de recherche et à plusieurs unités de recherche, soit des laboratoires et autres observatoires.

De l'entretien que nous a accordé Sinh LeQuoc, directeur général par intérim de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), on retient deux choses: excellence et pertinence. Explications.

Voué à la recherche et à la formation de haut niveau, l'Institut national de la recherche scientifique, une composante du réseau de l'Université du Québec, compte quatre centres de recherche, situés dans les régions de Québec et de Montréal. Ainsi, le Centre eau, terre et environnement concentre ses activités sur les ressources hydriques et terrestres dans une perspective intégrée de gestion, de conservation et de développement durable. Le Centre énergie, matériaux et télécommunications, lui, a pour principale mission de développer la recherche et de favoriser l'innovation dans le secteur des matériaux de pointe, des nanosciences et des nanotechnologies, de la photonique, des télécommunications et de l'énergie.

De son côté, l'INRS-Institut Armand-Frappier mise sur le transfert technologique dans le domaine de la santé humaine, animale et environnementale. Ce centre regroupe une cinquantaine de professeurs-chercheurs. Il met à profit son expertise en immunologie et en microbiologie pour comprendre comment les microbes, les cellules cancéreuses ou les greffes influent sur le système immunitaire.

Enfin, le Centre urbanisation, culture et société compte dans ses rangs 37 professeurs-chercheurs en provenance d'une dizaine de disciplines liées aux sciences sociales. Ce centre regroupe par ailleurs trois chaires de recherche du Canada et la Chaire Fernand-Dumont sur la culture.

Plus largement, l'INRS regroupe 157 professeurs-chercheurs, et ses quelque 570 étudiants ont accès à plus d'une vingtaine de chaires de recherche et à plusieurs unités de recherche, soit des laboratoires et autres observatoires. Cet institut, dont le centre administratif est situé à Québec, a un budget annuel d'environ 120 millions de dollars, dont 55 millions proviennent de fonds de recherche.

Défis

«L'un des défis qui se posent à nous présentement, c'est de maintenir le haut niveau d'excellence de notre corps professoral. L'autre défi concerne la pertinence de nos travaux de recherche», note Sinh LeQuoc, qui tient la barre de l'INRS depuis le départ, en novembre dernier, de l'ancien directeur général, Pierre Lapointe.

Parlons d'excellence dans un premier temps, propose-t-il. «L'excellence touche bien sûr la qualité de nos formations, et ce, dans le cadre des 21 programmes de 2e et 3e cycles que nous dispensons.» Et qui dit formation dit professeur. «Écoutez, poursuit M. LeQuoc, il existe depuis quelques années un problème de rétention et de recrutement des professeurs à l'échelle du réseau universitaire. À ce titre, nous avons tout de même assez bien tiré notre épingle du jeu. D'ailleurs, 75 % de nos nouveaux professeurs-chercheurs proviennent de l'étranger, alors qu'il y a beaucoup de concurrence à l'échelle internationale.»

Ainsi, ces nouveaux enseignants sont originaires de la France, de l'Allemagne, de l'Espagne, du Japon, de l'Autriche et de l'Australie. En tout, «nous avons embauché environ 50 professeurs au cours des quatre à cinq dernières années, ce qui représente 35 % de notre corps professoral». De plus, tient à préciser M. LeQuoc, bon nombre d'entre eux sont des Québécois et des Canadiens qui avaient quitté le pays à la fin des années 1990 ou au début des années 2000. «On note que certains d'entre eux sont de retour depuis quelques années en raison des réinvestissements sur le plan de la recherche; je pense par exemple à la Fondation canadienne pour l'innovation et aux chaires de recherche.»

Pour clore le volet sur l'excellence de la formation, Sinh LeQuoc rappelle que son établissement d'enseignement se classe parmi les trois premiers au Canada quant à «l'intensité de recherche»! C'est-à-dire? «Eh bien, dans notre jargon, cela se mesure par le volume ou le montant de subvention alloué par professeur.»

Pertinence

L'excellence, soit, mais la pertinence est aussi à l'ordre du jour à l'INRS, fait-il remarquer à grands traits. «Il faut savoir que, de par notre mandat — et cela est inscrit dans nos lettres patentes — la conduite de la recherche à l'INRS, qu'elle soit fondamentale ou appliquée, doit être orientée en vue du développement économique, social et culturel du Québec.»

En d'autres mots, les travaux de recherche à l'INRS doivent «produire des retombées concrètes dans la société québécoise».

Priorités

Pour ce qui est des priorités sur le plan de la recherche, M. LeQuoc en a décliné quatre pendant l'entrevue. Premièrement, l'INRS, en collaboration avec le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs du Québec, est en voie d'implanter au Centre eau, terre et environnement une chaire de recherche qui se consacrera à la séquestration géologique du dioxyde de carbone. Cette chaire de recherche profite d'un financement de cinq millions de dollars sur une période de cinq ans.

La recherche en nanobiophotonique est aussi au rang des priorités de l'INRS. Troisièmement, une chaire de recherche vient d'être mise sur pied en étroite collaboration avec Héma-Québec. Elle porte sur les aspects sociaux du don de sang. «L'un des objectifs de cette chaire, qui profite d'un financement d'un million de dollars, est de tracer le portrait géodémographique du don de sang au Québec», souligne M. LeQuoc. Il ajoute que cette chaire portera aussi un regard sur le don de sang dans les communautés ethnoculturelles, en vue de favoriser le recrutement des membres de ces communautés.

Enfin, et pertinence oblige, l'INRS parraine un projet de recherche sur l'analyse rétrospective des conditions hydroclimatiques. Ce projet bénéficie d'un appui financier du Consortium de recherche sur la climatologie régionale et l'adaptation aux changements climatiques (Ouranos) et du Conseil de recherche en sciences naturelles et génie, au montant de 2,9 millions de dollars sur cinq ans.

«Il faut savoir, dit-il, que le climat de la région boréale du Québec se réchauffe. Il y a une tendance à la sécheresse dans cette région; on y constate une baisse de 15 % des précipitations sur une base annuelle. Cela peut induire des conséquences graves, quand on sait que près de 50 % de la production hydroélectrique de la province provient précisément de cette région. Cela touche la réserve en eau et la sécurité énergétique.»

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Collaborateur du Devoir
2 commentaires
  • Pierre Demers - Inscrit 24 janvier 2009 12 h 09

    Du français en sciences?

    Du français en sciences?
    Aux auteurs de la page Éducation dans le Devoir du samedi 24. Je remarque les thèmes de mondialisation, de retombée concrètes, de sous-financement, de la nécessité d'investir des milliards de dollars...
    Les auteurs se font-ils une priorité d'affirmer et d'utiliser la langue française en sciences?

    Pierre Demers, Président
    Ligue internationale des scietifiques pour l'usage de la langue française
    Saint-Laurent

  • Michelle Bergeron - Inscrit 25 janvier 2009 15 h 53

    La catastrophe = argent

    Encore une fois on termine avec la sécurité énergétique quand l'on sait que Hydro nous plongent dans la pollution depuis les années 90 avec le reforcement de la combustion du bois qui émet tant de particules fines qui tuent. La première cause de la baisse est causée par trop de vente à l'extérieur du Québec. Notre énergie propre est dans la mire de nos grands penseurs qui ne voient que l'argent au détriment de nous tous. l'énergie propre pour les voisins et c'est à nous de payer la facture avec de multiples autres installations pour augmenté la production d'énergie, des alumineries pendant que nous, on meurt à petit feu avec un million et demi d'installation de combustion au bois au Québec le pire du Canada en rejet de PM 2.5= en mort et en soin de santé.