Les bibliothèques ont les jeunes dans leur mire

Les jeunes d'aujourd'hui sont nés avec la technologie. Quand vient le temps de faire leurs devoirs par exemple, ils sont toujours à un clic de Google et ne cherchent souvent pas plus loin que là leurs sources documentaires.

Pour cette raison comme pour d'autres, les jeunes sont une clientèle cible pour les bibliothèques publiques, qui doivent rivaliser avec ces moteurs de recherche pour les attirer dans leurs enceintes. C'est un public difficile et très sollicité, reconnaît Suzanne Payette, présidente de l'Association des bibliothèques publiques du Québec. Aussi, plusieurs centaines de bibliothécaires étaient réunis à Montréal cette semaine sur le thème «Cap sur les jeunes», dans le cadre d'un colloque satellite du grand colloque de l'International Federation of Library Associations and Institutions, qui se tiendra la semaine prochaine à Québec.

Attirer les jeunes à la bibliothèque, c'est entre autres le faire par le jeu, comme en témoignait hier la présentation de Francine Le Saint, de la médiathèque de la Cité des sciences et de l'industrie de Paris, musée très fréquenté de Paris.

Puisant largement sa clientèle dans son voisinage immédiat, cette médiathèque accueille une forte proportion de familles défavorisées. Près de la moitié des jeunes de moins de 20 ans y sont nés à l'étranger. Au-delà du service documentaire, la bibliothèque devient alors un lieu d'inclusion sociale. Plusieurs jeunes en difficulté de lecture n'y consultent que la vidéothèque ou encore assistent à des projections de films. C'est donc par le jeu que la médiathèque a tenté de leur faire «dépasser le clic» pour les plonger dans l'univers des livres.

Confection de livres en tissu, jeux africains, ateliers sur les plantes, sessions thématiques sur la santé, ce sont les activités interactives avec les jeunes qui ont été utilisées pour «réduire la fracture sociale» et favoriser l'inclusion des jeunes dans une société nouvelle.

Cindy Mediavilla, de la bibliothèque d'État de la Californie, a pour sa part fait connaître à l'assemblée des fournisseurs d'aide informatique aux devoirs, utilisés dans plusieurs bibliothèques publiques de la Californie. Les bibliothèques abonnées fournissent en effet gratuitement à leur clientèle l'accès aux fournisseurs tutor.com et brainfusion.com, qui mettent en contact, en ligne, les jeunes et des professeurs compétents dans différentes disciplines, en anglais et en espagnol.

«La majorité des demandes des étudiants concernent les mathématiques», explique Mme Mediavilla, qui a effectué une étude sur la question.

Mme Mediavilla a par ailleurs fait état d'une certaine réticence des bibliothécaires à fournir une aide aux devoirs aux étudiants. Or c'est un service qui pourrait devenir une voie de l'avenir pour plusieurs bibliothécaires. Car la majorité des étudiants qui font leurs devoirs ne vont pas plus loin que les premières réponses fournies par une simple recherche sur Google. «En effet, 71 % des jeunes n'utilisent qu'Internet pour effectuer leurs recherches pour leurs devoirs», dit Mme Payette.

Le congrès Cap sur les jeunes s'est terminé hier avec la présentation des finalistes au prix TD de littérature jeunesse, dont les noms seront dévoilés en octobre. Les livres finalistes en français sont Un cadeau pour Sophie, de Gilles Vigneault, illustré par Stéphane Jorisch, La Petite Rapporteuse de mots, de Danielle Simard, illustré par Geneviève Côté, Le Mur, d'Angèle Delaunois, illustré par Pierre Houde, Farouj le coq, de Badiâa Sekfali, illustré par Jean-Marie Benoît, et Chester de Mélanie Watt. Le lauréat recevra une bourse de 20 000 $.