La pandémie n’assombrit pas la célébration des Fiertés

Environ 3500 personnes ont défilé à Berlin.
Photo: Tobias Schwarz Agence France-Presse Environ 3500 personnes ont défilé à Berlin.

Cinquante ans après la première Marche des Fiertés, à New York, la communauté LGBT s’est retrouvée essentiellement en ligne samedi, pour cause de pandémie de COVID-19.

Quelques petites manifestations ont marqué cet anniversaire, mais l’essentiel fut rassemblé sous l’étiquette de Global Pride, une manifestation virtuelle de 24 heures.

London Pride, l’un des évènements principaux du calendrier des célébrations des Fiertés, fut aussi une des premières victimes. Pour l’occasion, le mot d’ordre de la journée était « reporté, mais toujours unis ».

Un petit groupe d’une quinzaine de personnes, dont Peter Tatchell, un vétéran du mouvement, soigneusement masqué aux couleurs arc-en-ciel, s’est quand même retrouvé dans les rues pour célébrer la création il y a 50 ans, du London Gay Liberation Front (Front de libération homosexuel de Londres).

« Nous voulons refaire de cette manifestation un évènement pour les droits de la communauté LGBT » , a insisté le militant, aujourd’hui âgé de 68 ans, alors que les défilés de la Fierté gaie sont devenus des occasions commerciales.

Certaines manifestions étaient retransmises sur écran géant à Piccadilly Square, et le maire de Londres Sadiq Khan, a twitté son soutien.

À Berlin, la police a estimé que quelque 3500 personnes ont défilé par une température proche de 30 degrés, et le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a twitté son soutien aux LGBT du monde entier : « Soyez fiers de vous ! Peu importe qui vous aimez, peu importe où vous vivez ».

À Vienne, quelque 200 voitures et motos décorées de bannières arc-en-ciel ou de licornes gonflables ont paradé sur le célèbre Ring. Selon les organisateurs, environ 5000 spectateurs ont salué le cortège, version allégée de la parade annuelle qui réuni habituellement plusieurs centaines de milliers de personnes.

En ligne, la manifestation mondiale Global Pride, dont le mot d’ordre était « Exist, persist, resist » avait démarré à 6 h du matin à Londres.

Aux États-Unis, l’ancien président Barack Obama avait envoyé un message vidéo rendant hommage aux clients du bar new-yorkais Stonewall Inn qui s’étaient rebellés en 1969 contre une énième descente de police, lançant de facto le mouvement contemporain pour les droits des homosexuels.

« Grâce au mouvement qu’ils ont lancé et aux dizaines d’années de travail qui ont suivi, le mariage entre personnes du même sexe est devenu légal [aux États-Unis] il y a cinq ans, et pas plus tard que ce mois-ci la Cour suprême a décidé qu’un employeur ne pouvait pas discriminer les employés LGBTQ », a-t-il dit.

Le candidat démocrate à la présidentielle de novembre, Joe Biden, a lui aussi fait référence à la Cour suprême en estimant que la célébration était « particulièrement émouvante cette année ».

En Argentine, les bâtiments publics et les monuments devaient être illuminés aux couleurs de l’arc-en-ciel, et les militants organisaient une semaine de célébrations en ligne, bien que la Fierté soit habituellement fêtée en novembre dans ce pays.