Déconfinement: des bars envisagent de rouvrir malgré l’interdiction

Certains tenanciers pourraient être poussés à la «désobéissance civile» si le gouvernement maintient son refus de leur permettre de rouvrir en même temps que les restaurants.
Photo: Renaud Philippe Archives Le Devoir Certains tenanciers pourraient être poussés à la «désobéissance civile» si le gouvernement maintient son refus de leur permettre de rouvrir en même temps que les restaurants.

Financièrement à « bout de souffle » et se sentant victimes d’une injustice, les tenanciers de bars préviennent Québec que certains d’entre eux pourraient être poussés à la « désobéissance civile » si le gouvernement maintient son refus de leur permettre de rouvrir en même temps que les restaurants.

La Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec a indiqué avoir informé le gouvernement lundi soir de cette possibilité.

« On a reçu beaucoup d’appels de gens qui sont dans un ras-le-bol total pis qui vont sûrement peut-être défier la loi », a affirmé le p.-d.g. de l’association, Renaud Poulin, en entrevue avec La Presse canadienne.

Il ne digère pas que Québec les empêche d’ouvrir leurs portes alors que les restaurants pourront désormais vendre des boissons alcoolisées sans qu’un repas doive être consommé, soit la vocation même de leur secteur. C’est « très offensant », selon les tenanciers.

 

Si ces tenanciers découvrent des dizaines de personnes dans un restaurant en train de consommer uniquement de l’alcool tard en soirée, « ils ne l’accepteront pas », a résumé M. Poulin.

Son association accuse les autorités, et plus spécifiquement le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, de faire du « favoritisme » et d’utiliser de « faux arguments » pour justifier leur position.

Lors d’un point de presse, lundi, le premier ministre François Legault avait expliqué qu’« il y a une différence entre les bars où tout le monde est debout plus près les uns des autres que les restaurants où on limite le nombre de personnes à chaque table et les distances ».

Le Dr Arruda avait renchéri en expliquant que la consommation d’alcool se fait dans un « autre contexte » et que les décisions prennent en compte à quel point le milieu est propice aux règles de distanciation.

« Ce n’est pas vrai, a tranché M. Poulin. On peut facilement les placer aux tables. C’est la même chose au Nouveau-Brunswick et partout. On peut prendre des mesures pour qu’il n’y ait personne au bar. »

L’association constate aussi que les bars du Nouveau-Brunswick ont pu rouvrir et que ceux de l’Ontario pourront le faire en même temps que les restaurants vendredi.

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