Pas de quarantaine nécessaire en cas de bogue d’ArriveCAN

Le fédéral reconnaît qu’un problème technique a touché « moins de 3 % des utilisateurs et semble être lié à l’utilisation d’un appareil iOS d’Apple ». On assure qu’une mise à jour a été effectuée mercredi pour régler le problème.
Photo: Giordano Ciampini La Presse canadienne Le fédéral reconnaît qu’un problème technique a touché « moins de 3 % des utilisateurs et semble être lié à l’utilisation d’un appareil iOS d’Apple ». On assure qu’une mise à jour a été effectuée mercredi pour régler le problème.

Dans un message contredisant celui de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), la Santé publique fédérale demande aux voyageurs d’ignorer les quelques consignes de mise en quarantaine envoyées par erreur par l’application ArriveCAN.

« Dans l’intervalle, les voyageurs entièrement vaccinés qui ont rempli le formulaire ArriveCAN et qui reçoivent par erreur des avis de quarantaine ne sont pas tenus de se mettre en quarantaine », écrit l’Agence de la santé publique du Canada aux voyageurs victimes des ratés du formulaire obligatoire pour entrer au pays.

Le message obtenu par Le Devoir, daté de jeudi, ne laisse place à aucune ambiguïté : une personne de retour au pays qui a bel et bien reçu au moins deux doses de vaccin contre la COVID-19 ne risque pas une amende de 5000 $ en raison d’un simple bogue informatique. 

Le Devoir a révélé au début de juillet que l’application ArriveCAN imposait une quarantaine de 14 jours à certains voyageurs qui remplissent pourtant dûment le formulaire. L’application considère à tort que ces personnes ne sont pas vaccinées contre la COVID-19 et qu’elles doivent conséquemment s’isoler et remplir un questionnaire sur les symptômes, notamment, au risque d’être mises à l’amende.

C’est ce qui est arrivé à Xavier Minot, rentré de France jeudi avec sa famille. Bien que tous aient reçu trois doses de vaccin contre la COVID-19 et que cette information ait été correctement entrée dans le système, ils ont reçu des messages leur demandant quand même de se placer en isolement à la maison.

« Je ne vois pas pourquoi je ferais toutes les démarches, arrêter de travailler 15 jours, alors qu’on a suivi toutes les règles », témoigne-t-il. M. Minot a finalement pu joindre un agent fédéral par téléphone vendredi, qui lui a dit d’ignorer cet ordre.

Ottawa reconnaît qu’un problème technique a touché « moins de 3 % des utilisateurs et semble être lié à l’utilisation d’un appareil iOS d’Apple ». On assure qu’une mise à jour a été effectuée mercredi afin de régler ce problème.

Pas de réponse officielle

 

La Santé publique fédérale redirige toutes les questions sur ArriveCAN à l’ASFC. Malgré plusieurs tentatives d’obtenir une réponse, il était toujours impossible, au moment où ces lignes étaient écrites, de faire confirmer par les canaux officiels qu’une personne victime de ce couac peut ignorer cette mise en quarantaine erronément exigée.

« Les voyageurs entièrement vaccinés qui ont rempli le formulaire ArriveCAN et reçu un avis de mise en quarantaine par erreur devraient tout de même répondre aux appels téléphoniques qu’ils reçoivent, et fournir des réponses factuelles et/ou suivre les recommandations de tout fonctionnaire du gouvernement du Canada avec qui ils parlent », indique la porte-parole de l’ASFC, Rebecca Purdy.

Elle a plus tard indiqué ne pas être en mesure « de répondre définitivement par oui ou par non [à la question de savoir si une personne doit respecter une mise en quarantaine reçue par erreur], car chaque voyageur se présente dans des circonstances différentes, avec des niveaux d’information variables ».

Les personnes touchées par ce problème sont invitées à contacter la Santé publique fédérale, ce qui peut prendre plusieurs jours. Celle-ci se contente de confirmer que l’avis a été envoyé erronément, accompagné du verdict suivant : « Vous n’êtes pas tenu de vous mettre en quarantaine. »

L’ASFC a fait savoir au Devoir vendredi qu’elle avait besoin de plus d’une journée pour être en mesure d’indiquer quels facteurs entrent en ligne de compte pour savoir si une personne doit ou non respecter une quarantaine demandée par erreur même si elle répond à tous les critères d’entrée.

Du tout début de la mise en place des mesures aux frontières jusqu’au 1er juillet dernier, 1088 constats d’infraction ont été remis au Québec pour non-respect des consignes à l’arrivée au pays, pour un total de 4,4 millions de dollars. La grande majorité de ces constats ont été remis à Montréal (812), suivie de Terrebonne (92) et de Québec (30).

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