La dignité de plusieurs élèves-athlètes compromise à l’école St-Laurent

Trois entraîneurs de basketball ont été arrêtés au printemps à l’école secondaire Saint-Laurent de Montréal.
Photo: Thomas Coex Archives Agence France-Presse Trois entraîneurs de basketball ont été arrêtés au printemps à l’école secondaire Saint-Laurent de Montréal.

La dignité de plusieurs élèves-athlètes a été compromise lors de leurs années passées à l’école secondaire Saint-Laurent de Montréal, où trois entraîneurs de basketball ont été arrêtés au printemps, conclut un rapport d’enquête commandé par le ministère de l’Éducation.

Daniel Lacasse, Robert Luu et Charles-Xavier Boislard ont été arrêtés en février dernier par la police et accusés de divers crimes, dont des agressions sexuelles commises sur des mineures.

 

Peu après, le ministère a déclenché cette enquête administrative pour savoir ce qui avait pu se passer dans cette école située dans l’arrondissement de Saint-Laurent.

Il a fait connaître certaines de ses conclusions par communiqué, sans trop les détailler. Il fait état d’« importantes lacunes sur le plan de la supervision et des contrôles liés au programme de basketball de l’école Saint-Laurent ».

Un niveau de confiance organisationnelle « particulièrement faible » a également été constaté dans cet établissement d’enseignement.

L’enquête visait à dresser un portrait de la situation et à déterminer les actions à prendre, le cas échéant. Elle a été réalisée en même temps que l’enquête sur la Fédération de basketball du Québec, déclenchée, quant à elle, en vertu de la Loi sur la sécurité dans les sports.

Intervention indépendante

 

Parmi les recommandations formulées se trouvent celles-ci : améliorer les contrôles concernant les programmes sportifs dans cette école, rendre obligatoire une formation sur l’intervention des témoins dans les écoles et sensibiliser à « l’effet spectateur » — un phénomène psychosocial désignant l’indifférence face aux agressions —, et outiller les centres de services scolaires et les fédérations sportives afin « de changer la culture des programmes sportifs et de prioriser le respect de la dignité des athlètes ». 

Il est aussi recommandé de mandater une firme externe indépendante afin de mener une intervention sur le climat et l’incivilité à l’école Saint-Laurent et d’en faire rapport au ministère.

Le cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a indiqué ne pouvoir dévoiler le rapport complet au Devoir « puisqu’il s’agit toujours d’une situation faisant l’objet d’un processus judiciaire ». Il a toutefois révélé certaines conclusions et recommandations « dans un souci de transparence », soutient-il.

Le gouvernement s’engage par ailleurs à donner suite aux recommandations et à exercer une vigie pour s’assurer qu’elles sont bel et bien mises en oeuvre.

Les procédures criminelles se poursuivent contre les trois entraîneurs, qui ont été remis en liberté en attendant leur procès. Les actes qui leur sont reprochés auraient été commis entre 2008 et 2017.

 

La police a lancé en février un avis de recherche d’autres victimes potentielles, puisque les trois hommes ont été en contact avec de nombreuses mineures qui ont fait partie des équipes sportives de cette école montréalaise au fil des années.

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