Une fête du Canada sous surveillance policière à Ottawa et à Gatineau

Durant la journée, des manifestants ont protesté sur la rue Wellington contre les mesures sanitaires en période de COVID-19.
Photo: Lars Hagberg La Presse canadienne Durant la journée, des manifestants ont protesté sur la rue Wellington contre les mesures sanitaires en période de COVID-19.

Le centre-ville d’Ottawa était une fois de plus inondé de rouge, de blanc et d’unifoliés à l’occasion de la fête du Canada, vendredi.

L’ambiance était festive, mais discrète dans la capitale fédérale, où les grandes festivités habituellement tenues sur la colline du Parlement ont été déplacées au parc voisin des Plaines-LeBreton et à la Place des festivals Zibi, de l’autre côté de la rivière des Outaouais, à Gatineau.

Un grand nombre de policiers étaient présents dans tout le centre-ville d’Ottawa. Les festivaliers qui espéraient entrer sur la Colline ont été contrôlés par des détecteurs de métaux et des fouilles de sacs.

À midi, un groupe de personnes opposées aux mesures sanitaires contre la COVID-19 et au gouvernement libéral se sont rassemblées devant les édifices du Parlement sur la rue Wellington, où ils ont chanté le cri désormais familier de « Liberté ». Le groupe s’est mêlé à ceux qui faisaient la queue pour participer aux célébrations traditionnelles de la fête du Canada.

La grande majorité des personnes présentes au centre-ville d’Ottawa étaient d’ailleurs là pour profiter de la chaude journée, le soleil ayant fait son apparition en fin d’après-midi. Les familles ont déambulé dans les rues fermées en mangeant de la crème glacée, en prenant des photos et en assistant à des spectacles de rue.

Quelques perturbations

 

Les responsables avaient indiqué qu’il n’y aurait aucune tolérance pour le « bruit inhabituel », le blocage des routes ou l’allumage de feux d’artifice ce week-end. Mais les tentatives d’application d’un règlement ont donné lieu à une situation tendue devant les portes du parlement.

Le bref affrontement était principalement dû à deux femmes appartenant à un groupe appelé Stand For Thee, qui distribuaient des copies de la Déclaration des droits et qui demandaient l’arrestation du premier ministre Justin Trudeau. Le couple vendait des marchandises à partir d’une table sur le trottoir lorsque des agents lui ont dit de s’arrêter, évoquant un règlement municipal sur l’utilisation et l’entretien des routes. Cet ordre a incité une foule à commencer à crier et à chanter. Les policiers se sont retirés alors que la foule se précipitait en clamant « État de droit ! », mais les dames ont finalement enlevé la table de marchandises.

Une femme, qui a refusé de donner son nom, a dit à la foule : « Tout ce qu’ils font est une violation de nos droits. C’est une violation du Code criminel. Faites votre travail, allez sur la Colline et abattez les gens qui ont créé la tyrannie. » Personne ne l’a prise au mot. Les manifestants se sont dispersés peu de temps après. En tout, la perturbation a duré environ 20 minutes.

Un groupe beaucoup plus grand a ensuite défilé dans le centre-ville. La police a fermé les intersections et escorté des centaines de marcheurs qui ont chanté, dansé et appelé à la démission de Justin Trudeau. Ils se sont réunis au Monument commémoratif de guerre du Canada, à l’est de la colline du Parlement, où ils ont chanté l’Ô Canada.

Le Service des règlements municipaux d’Ottawa affirme avoir donné 275 contraventions et remorqué 72 véhicules depuis mercredi.

Les organisateurs de la manifestation ont annulé un événement, un pique-nique prévu au parc Strathcona dans la matinée, en raison d’un incident violent survenu jeudi soir au Monument commémoratif de guerre du Canada, où une grande foule s’était rassemblée pour marquer la fin d’un événement baptisé « Marche pour la liberté ».

La police d’Ottawa affirme que quatre personnes ont été arrêtées après une altercation et allègue qu’un agent a été étranglé.

Différentes des années précédentes

 

Patrimoine canadien signale d’ailleurs que pour la première fois en 50 ans, les principales célébrations d’Ottawa ont été déplacées hors de la colline du Parlement, car il y a des travaux à l’édifice du Centre.

Outre les événements prévus au parc des Plaines-LeBreton et à la Place des festivals Zibi, plusieurs spectacles se sont tenus à travers la région de la capitale fédérale.

Autre entrave aux habitudes : les avions Snowbirds des Forces armées canadiennes n’ont pas survolé Ottawa cette année. Un problème technique, récemment corrigé, a empêché l’équipe de reprendre l’air à temps pour les célébrations.

À voir en vidéo