La vaccination des moins de cinq ans en cinq questions

La maladie frappe «en général» moins fort chez les enfants, mais «ce n’est pas complètement bénin».
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La maladie frappe «en général» moins fort chez les enfants, mais «ce n’est pas complètement bénin».

Ce texte, d’abord publié le 13 juin 2022, a été remanié le 14 juillet 2022 à la suite de l’approbation par Santé Canada de l’utilisation du vaccin anti-COVID de Moderna chez les bambins.

Dois-je faire vacciner mon bébé contre la COVID-19 ? Malgré des bénéfices moins évidents que chez les adultes, la vaccination des moins de cinq ans a bien des avantages, assurent les experts consultés par Le Devoir. Tour d’horizon en cinq questions.

La vaccination est-elle efficace ?

Santé Canada stipule que Spikevax, le vaccin de Moderna, prévient 36,8 % des infections de COVID-19 chez les enfants de 2 à 5 ans et 50,6 % des infections chez ceux âgés de 6 à 23 mois. Ce taux d’efficacité se base sur des observations effectuées lors d’une période où dominait le variant Omicron BA.1.

La puissance du vaccin est donc similaire chez les enfants et les adultes. Deux doses du vaccin de Moderna préviennent la maladie chez les plus de 18 ans dans 44 % des cas, selon une étude publiée dans la revue Nature.

Comment la COVID-19 frappe-t-elle les enfants ?

La COVID-19 est « en général » moins grave chez les enfants que chez les adultes, mais chaque cas sérieux est un cas de trop, a récemment expliqué au Devoir la Dre Hélène Decaluwe, spécialiste en immunologie pédiatrique au CHU Sainte-Justine. « Ce n’est pas complètement bénin d’attraper la COVID-19 pour les enfants », car des exemples de maladie grave et de « COVID longue durée » ont été répertoriés.

Elle recommande tout spécialement la vaccination des nouveau-nés de moins d’un an. Ces tout-petits ont « plus de risques de développer des formes graves de la COVID-19, de la même façon que les moins d’un an ont beaucoup plus de risques d’attraper une forme grave de grippe ».

Qu’en est-il des enfants qui souffrent déjà d’une maladie ?

Qu’ils souffrent de problèmes pulmonaires, cardiaques ou immunitaires, la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste et infectiologue au Centre de recherche du CHUM, estime que la vaccination contre la COVID-19 des enfants déjà malades est plus que nécessaire. « Ils ont besoin d’une protection supplémentaire », soutient-elle.

Pour ces tout-petits vulnérables, la vaccination est « absolument indiquée », confirme la Dre Decaluwe, car les risques de complications liées à la COVID sont trop élevés.

Y a-t-il des contre-indications ?

Très peu. Les risques de souffrir de problèmes cardiaques après l’administration du vaccin de Moderna demeurent extrêmement faibles. Ces rares infortunes ont surtout été observées chez de jeunes adultes, principalement des hommes. « Aucun cas n’a été rapporté chez les 6 mois à 5 ans dans l’étude de Santé Canada », souligne la Dre Tremblay.

L’organisme fédéral précise que, parmi la cohorte des quelque 4000 participants à l’étude, aucun décès n’est survenu en raison d’un effet secondaire.

Parmi les effets indésirables les plus répertoriés du vaccin pédiatrique, Santé Canada relève de l’irritabilité ou des pleurs, de la douleur au point d’injection, de la somnolence, une perte d’appétit et de la fatigue. En somme, des réactions juvéniles plutôt ordinaires.

Quand est-ce que la vaccination des bambins débutera au Québec ?

On ne le sait pas encore. Le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) doit d’abord donner son feu vert avant que ne démarre un nouveau chapitre de la campagne de vaccination.

Le comité d’experts, qui relève de l’INSPQ, « fera ses recommandations très bientôt », a mentionné en conférence de presse la Dre Marie-France Raynault, conseillère médicale stratégique senior au sein de la Santé publique.

« Nos premières discussions avec les autorités et les experts du CIQ laissent à penser que le vaccin sera disponible pour les parents qui voudront faire vacciner leur enfant. [Pour déterminer] l’intensité avec laquelle on recommandera cette vaccination, on attend [leur] avis », a-t-elle expliqué.

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