Olymbec rejette la responsabilité de la démolition du Domaine-de-l'Estérel

La compagnie affirme que le Domaine-de-l'Estérel a été détruit de façon «accidentelle» et «involontaire» la semaine dernière. 
Photo: Gilles Boucher La compagnie affirme que le Domaine-de-l'Estérel a été détruit de façon «accidentelle» et «involontaire» la semaine dernière. 

La compagnie Olymbec affirme que le Domaine-de-l’Estérel, un joyau patrimonial protégé en vertu de la loi québécoise, a été détruit de façon « accidentelle » et « involontaire » la semaine dernière.

Dans un communiqué, ce géant de l’immobilier rejette la responsabilité sur l’entrepreneur chargé des travaux de démolition de la partie arrière, laquelle n’était pas protégée.

« Nous envisageons des procédures juridiques à l’encontre de cet entrepreneur », affirme Richard Stern, le président d’Olymbec, par l’entremise de la firme de relations publiques National. La firme-conseil indique que son client se trouvait en Asie et qu’il ne souhaite pas en dire davantage. National indique que son client est rentré à Montréal mardi.

Une possible reconstruction

 

Le Devoir a appris que c’est la firme NZO Construction, propriété de Vince Riccio, qui a réalisé les travaux de démolition pour le compte d’Olymbec.

Le président d’Olymbec indique, dans son communiqué, vouloir faire « tout ce qui est possible pour réparer au mieux ce qui apparaît irréparable ». Il n’exclut pas « la reconstruction du bâtiment patrimonial », dont il ne reste plus un seul élément debout, mais dans le cadre de son « futur projet de redéveloppement ».

Devant les craintes de poussières gorgées de fibres d’amiante, le magnat de l’immobilier parle plutôt de « présence potentielle ».

Gilles Boucher, le maire de la municipalité de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, s’étouffe devant cette affirmation. Il a répété au Devoir qu’Olymbec ne pouvait ignorer que le bâtiment comportait de l’amiante. « C’était dans l’historique du bâtiment. On a même des rapports qui sont en ligne sur le site de la ville ! Ce n’est pas une petite compagnie, Olymbec : ils doivent les lire les rapports ! Ils ne peuvent absolument pas feindre l’ignorance. »

Ils ont continué le samedi, après que tout le monde a dénoncé la situation. Et encore lundi de cette semaine, ils continuaient ! On a dû téléphoner au ministère pour que ça arrête.

Le maire Boucher indique au Devoir que l’entreprise, même prévenue de la catastrophe vendredi, a néanmoins continué de remuer les décombres jusqu’à ce que tout soit couché au sol.

« Ils ont continué le samedi, après que tout le monde a dénoncé la situation. Et encore lundi de cette semaine, ils continuaient ! On a dû téléphoner au ministère pour que ça arrête. C’est la CNESST qui est venue sur place pour fermer le chantier lundi. »

« Nous sommes atterrés de cet accident et entendons faire la lumière sur la chaîne d’événements et ses causes », soutiennent les promoteurs immobiliers. Le Devoir rappelait lundi que l’entreprise Olymbec s’est portée acquéreur, au lac Masson, de plusieurs lots riverains.

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