La FTQ cède à la demande de l’Assemblée nationale et lance une enquête indépendante

Le 28 avril dernier, Rénald Grondin a démissionné de son poste de président de la FTQ-Construction, dans la foulée de révélations selon lesquelles il a harcelé une secrétaire pendant deux ans.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le 28 avril dernier, Rénald Grondin a démissionné de son poste de président de la FTQ-Construction, dans la foulée de révélations selon lesquelles il a harcelé une secrétaire pendant deux ans.

À la suite d’une motion adoptée à l’Assemblée nationale exigeant la tenue d’une enquête sur les événements ayant mené à l’élection de Rénald Grondin à la présidence de la FTQ-Construction, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) fait volte-face et lance son enquête.

Dans un communiqué transmis en fin de journée mercredi, la FTQ dit avoir pris acte de la motion déposée plus tôt dans la journée par le ministre de l’Emploi et du Travail, Jean Boulet, et adoptée à l’unanimité par les députés.

En guise de réponse, la FTQ et la FTQ-Construction « annoncent la tenue d’une enquête indépendante », peut-on lire. Le syndicat ajoute que « les modalités et le mandat restent à être précisés », mais dit vouloir « aller au fond des choses » et « faire la lumière sur les récentes révélations qui ont conduit à la démission » de M. Grondin. Une firme indépendante sera chargée de l’enquête.

Mardi, le syndicat avait fait savoir qu’il allait se doter d’une série de mesures pour éviter qu’une situation semblable ne se reproduise, comme une révision des politiques internes et l’ajout de formations obligatoires.

Il avait toutefois fait fi de la demande de M. Boulet, qui réclamait une enquête sur les événements pour comprendre comment M. Grondin avait pu atteindre la présidence d’un des plus grands syndicats québécois.

Mercredi, le ministre est revenu à la charge avec une motion dans laquelle l’Assemblée nationale rappelle que toutes les organisations doivent être exemplaires dans la prévention du harcèlement psychologique et sexuel, et que l’industrie de la construction n’y fait pas exception.

L’industrie a la responsabilité « d’assurer un milieu de travail sain et exempt de toute forme de harcèlement pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses », peut-on lire dans la motion.

Elle souligne aussi qu’en 2021, les femmes ne représentaient que 3,27 % de la main-d’œuvre totale de l’industrie de la construction, et qu’environ 55 % de celles-ci quittent les chantiers après cinq ans.

« Que l’Assemblée nationale exige de la FTQ qu’elle lance une enquête afin de faire la lumière sur les récentes révélations concernant la présidence de la FTQ-Construction. »

Le 28 avril dernier, Rénald Grondin a démissionné de son poste de président de la FTQ-Construction, dans la foulée de révélations selon lesquelles il a harcelé une secrétaire pendant deux ans.

Selon la Commission des lésions professionnelles, les faits se sont produits entre 2008 et 2010, alors que M. Grondin était directeur général de l’Association des manœuvres interprovinciaux, affiliée à la FTQ-Construction.

Rénald Grondin a accédé en 2018 à la présidence de la FTQ-Construction, soit la plus importante organisation syndicale de l’industrie de la construction, avec 85 000 membres.

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