À quoi servent les comités de la FEESP?

Pierre Vallée et Isabelle Delorme
Collaboration spéciale
Les comités ont la tâche d’être à l’écoute des besoins et des revendications des membres, selon leur champ de compétence respectif.
Photo: iStock Les comités ont la tâche d’être à l’écoute des besoins et des revendications des membres, selon leur champ de compétence respectif.

Ce texte fait partie du cahier spécial 75 ans de la FEESP

Au fil des années, la FEESP a créé trois comités consacrés respectivement à la condition féminine, à la santé, la sécurité et l’environnement et à la formation et la vie syndicale, afin de soutenir ses membres sur ces trois grands dossiers.

« Ces trois comités sont des comités statutaires, explique Benoit Malenfant, président de la FEESP. C’est-à-dire qu’ils ont été créés à la suite d’une résolution approuvée par les membres de la FEESP lors d’un congrès général, ce qui en assure leur permanence. » En d’autres mots, le comité exécutif et le bureau fédéral de la FEESP n’ont d’autre choix que de maintenir et de soutenir ces trois comités.

Chaque comité est formé d’un président et de deux membres, tous élus par les membres de la FEESP lors d’un congrès général ou un conseil fédéral. Un membre du comité exécutif siège sur chacun d’entre eux et ils sont soutenus par des employés permanents de la FEESP, soit des conseillers syndicaux et des employés de bureau. Ils ont la tâche d’être à l’écoute des besoins et des revendications des membres de la FEESP, selon leur champ de compétence respectif. Ils ont aussi l’obligation d’informer les membres de tout nouveau développement qui pourrait concerner leur champ d’action.

« Ensuite, les comités ont la responsabilité de mettre en place les outils nécessaires pour bien renseigner et bien former nos officiers syndicaux », souligne Benoit Malenfant.

Le syndicalisme au féminin

 

« Je peux affirmer qu’il y a plus de femmes aujourd’hui dans nos exécutifs que dans les années 1990 et même 2010 ! » lance Stéphanie Gratton, vice-présidente de la FEESP-CSN et responsable politique du comité de la condition féminine. En 1997, ce dernier a mis en place un programme d’accès à l’égalité pour augmenter la représentation des femmes dans les syndicats affiliés à la fédération.

Le comité de la condition féminine transmet aux syndicats les revendications mises en avant par le mouvement sur les questions spécifiques aux femmes, et développe des outils leur permettant de s’approprier les dossiers portés par le comité. « Chaque année, nous organisons deux journées consacrées à la condition féminine. Depuis quelques années, nous invitons le deuxième jour les hommes à se joindre à nous pour parler de sujets d’actualité », explique Stéphanie Gratton, qui se réjouit du succès de la formule : « Elles font toujours salle comble ! » Les deux journées de la session 2022 se sont tenues en avril à Drummondville. « Le premier jour, il y a eu une présentation sur la violence conjugale. Le lendemain, les hommes se sont joints à nous pour une conférence de Francis Dupuis-Déri sur le masculinisme », explique la vice-présidente.

Le comité a élaboré un guide de prévention du harcèlement et de la violence au travail. Il a aussi créé le réseau-femmes de la FEESP, dont les membres reçoivent quatre fois par an le bulletin L’inform-elles. Cet outil de communication contient des informations sur les questions féminines et invite les syndicats à réfléchir à la place des femmes dans leur structure et dans leur délégation, en donnant des pistes concrètes pour augmenter leur participation. La violence conjugale ayant augmenté durant la pandémie, le comité prévoit aujourd’hui l’adoption d’un plan d’action pour accompagner ses membres sur cet enjeu.

Des formations à l’année

Le comité de formation et de vie syndicale propose et coordonne quant à lui des formations sur des sujets variés, incluant les relations de travail (griefs, négociations) ou encore la santé et la sécurité. « Nous formons des militantes et des militants des syndicats tout au long de l’année, partout à travers le Québec », indique Mme Gratton, qui assure aussi la responsabilité politique de ce comité. Parmi les contenus créés, la formation de trois jours sur le harcèlement psychologique et la violence au travail rencontre un beau succès. « Nous doublons souvent les sessions, car elles sont vite complètes », se réjouit-elle. L’un des défis de ce comité est de pouvoir proposer des sessions d’urgence pour répondre aux besoins d’un syndicat. Après de longs mois de pandémie, il faut aussi reconnecter avec la vie syndicale, plus complexe à virtualiser que les formations. Le comité prévoit d’ailleurs un grand colloque à l’hiver 2023.

Une mission de prévention

 

« Notre rôle est de travailler sur la santé, la sécurité et l’environnement et d’amener des propositions aux décideurs de la fédération », résume pour sa part Simon Mathieu Malenfant, vice-président trésorier de la FEESP-CSN et responsable politique du comité de santé-sécurité-environnement. Dans le passé, ce comité a mené « de grands combats reconnus sur l’amiante, le cadenassage et la santé mentale, qui ont donné lieu à des formations », souligne-t-il. L’un des grands défis aujourd’hui concerne la qualité de l’air. « Il y a des problèmes de qualité de l’air dans les écoles et plus généralement dans les bureaux et les établissements du service public », précise M. Malenfant. Le comité est intervenu plusieurs fois auprès du gouvernement depuis le début de la pandémie pour obtenir des améliorations dans les écoles.

Bien qu’il en conteste encore le contenu, le comité assiste également les syndicats pour l’application du projet de loi 59 modernisant le régime de santé et de sécurité au travail (devenu la loi 27) et aide les syndicats à s’adapter à la transformation de leur environnement de travail, comme la transition électrique dans les transports, ou la consigne des bouteilles de vin à la SAQ. « Nous travaillons en collégialité avec tous les secteurs pour bien nous ancrer dans les changements à venir sur le plan de l’environnement de travail », indique le vice-président.

Une belle synergie

 

« Il est important qu’il y ait une synergie entre les comités et les secteurs d’activité, de sorte que les particularités de chaque secteur soient bien comprises par les membres des comités, avance Benoit Malenfant. Pareille synergie ne peut que renforcer l’appui des comités à nos secteurs. »

Pourrait-il y avoir un jour davantage que trois comités ? « Le bureau fédéral peut à sa guise créer un comité ad hoc, précise Benoit Malenfant. D’ailleurs, nous en avons créé un pour la communauté LGBTQ+, et si le besoin se faisait sentir sur une autre préoccupation, un comité à cet égard pourrait être mis en place. Mais pour qu’un comité ad hoc devienne un comité statutaire, donc permanent, il faudrait que les membres de la FEESP entérinent ce choix par vote en congrès général. Ce sont nos membres qui décideront si un enjeu est assez important pour mériter la création d’un comité statutaire. »

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