Québec met finalement en place des mesures pour faciliter la venue de travailleurs étrangers

À terme, les permis de travail ouverts visent ainsi à rapatrier au Québec quelque 7000 travailleurs étrangers déjà détenteurs d’un Certificat de sélection du Québec.
Adil Boukind Le Devoir À terme, les permis de travail ouverts visent ainsi à rapatrier au Québec quelque 7000 travailleurs étrangers déjà détenteurs d’un Certificat de sélection du Québec.

Huit mois après avoir négocié des mesures d’assouplissement avec Ottawa, le gouvernement Legault mettra finalement en œuvre une « voie rapide » pour faire venir de l’étranger des travailleurs qualifiés et sélectionnés par le Québec en attente d’une résidence permanente. D’ici « quelques semaines », le Programme de mobilité internationale plus (PMI+) permettra à des travailleurs qui répondent aux besoins de main-d’œuvre du Québec de venir travailler ici grâce à un permis de travail ouvert octroyé par le gouvernement fédéral en attendant qu’on leur octroie la résidence.

À terme, les permis de travail ouverts visent à rapatrier au Québec quelque 7000 travailleurs étrangers déjà détenteurs d’un Certificat de sélection du Québec. Ceux-ci devront posséder une expérience de travail dans un secteur jugé prioritaire (ou dans une profession estimée en déficit de main-d’œuvre) ou encore détenir une offre d’emploi permanent d’un employeur. Le ministre du Travail et également titulaire du portefeuille de l’Immigration, Jean Boulet, qualifie ce programme de « bouffée d’air frais pour les employeurs » dans un Québec en pénurie de main-d’œuvre.

Le ministre Boulet a également annoncé que d’ici deux mois, soit le 24 mai prochain, les professions de catégorie C seront finalement ajoutées à la liste de traitement simplifié, qui permet notamment aux employeurs d’être exemptés de l’étape de l’affichage et de recruter plus rapidement des travailleurs de l’étranger. Le Devoir avait révélé à la mi-mars que ces professions demandant peu de compétences n’avaient toujours pas été ajoutées à la liste, tel que l’avait promis le ministre Boulet en novembre dernier. La faute aurait incombé à Emploi et Développement social Canada, le responsable du Programme des travailleurs étrangers temporaires, qui éprouvait des problèmes informatiques.

Espoirs et inquiétudes

 

Ces annonces ont été saluées par Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), qui croit qu’elles aideront les entreprises manufacturières, surtout en région, un secteur qui compose avec plus de 31 000 postes vacants. « On encourage les deux ordres de gouvernement à continuer de travailler ensemble afin de réduire les délais de traitement pour ces travailleurs et de faciliter les démarches », a par ailleurs affirmé Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ, par voie de communiqué.

L’organisme à but non lucratif Le Québec c’est nous aussi, qui milite notamment pour la réduction des délais d’obtention de la résidence permanente, se dit heureux que le gouvernement voie en l’immigration une des solutions à la pénurie de main-d’œuvre, mais s’inquiète pour les travailleurs temporaires qui occuperont des emplois de catégorie C. « Nous nous inquiétons de voir qu’à travers ses différentes mesures, le gouvernement du Québec continue de faire augmenter de manière importante le nombre d’immigrants temporaires sans toucher à ses cibles d’immigration permanente. Les travailleurs, une fois arrivés ici, risquent de se rendre compte que leurs chances de s’établir de façon permanente sont plus élevées dans les autres provinces et de quitter le Québec », a fait savoir Claire Launay, porte-parole de l’organisation.

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