Les quincailliers martèlent contre le passeport vaccinal

L'Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction  indique que 69 % des propriétaires «considèrent que c’est une mauvaise idée» d’exiger une telle preuve vaccinale.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir

L'Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction  indique que 69 % des propriétaires «considèrent que c’est une mauvaise idée» d’exiger une telle preuve vaccinale.

L’exigence du passeport vaccinal passe mal auprès des quincailliers québécois. « Un sondage express » auprès des membres de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT) indique que 69 % des propriétaires « considèrent que c’est une mauvaise idée » d’exiger une telle preuve vaccinale.

Cette statistique a été déduite des réponses de 207 répondants, sur les quelque 900 quincailleries que compte le Québec, précise l’AQMAT dans une lettre ouverte envoyée mercredi au gouvernement Legault.

« De source informée, les entrepreneurs en construction et leurs travailleurs afficheraient un taux de non-vaccination supérieur au 8 à 10 % dont les médias parlent pour la population générale », note Richard Darveau, président de l’AQMAT. Le mur érigé par le passeport vaccinal entre ces ouvriers et les matériaux de construction deviendra ainsi « un bâton de plus dans les roues de la relance économique », plaide-t-il.

Dans une série d’arguments, Richard Darveau soutient que la mesure sera de toute façon temporaire « du fait que le variant Omicron démontre un peu plus tous les jours sa gravité relative ». Par ailleurs, « aucun non-vacciné ne se pointera aux grands magasins, donc on aura installé un attirail technique et humain inutilement encombrant, coûteux et possiblement générateur de propagations du virus du fait des files d’attente. »

« Si la chasse au noyau dur de non-vaccinés à laquelle vous demandez à nos troupes, à leurs employés et à leurs clients de participer nous semble disproportionnée, ce sont surtout ses dommages collatéraux qui nous inquiètent et qui prendront la forme probable d’une aggravation du climat social et sanitaire, de la pénurie de main-d’œuvre et de la santé financière déjà fragilisée de milliers de commerces de détail », poursuit enfin Richard Darveau.

Les magasins de plus de 1500 mètres carrés devront exiger une preuve vaccinale pour autoriser les entrées dans les commerces à partir de lundi prochain.

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