L’appui à la loi sur la laïcité baisserait au Québec, selon un sondage

Le sondage indique que les premières lignes de brisure entre partisans et opposants sont d’ordre linguistique et générationnel.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le sondage indique que les premières lignes de brisure entre partisans et opposants sont d’ordre linguistique et générationnel.

Un sondage laisse entendre que le soutien à la loi québécoise sur la laïcité de l’État a baissé, même si une majorité de répondants continuent à l’appuyer.

Selon un sondage en ligne mené par Léger pour l’Association d’études canadiennes, 55 % des répondants se disent pour l’interdiction du port de symbole religieux par les enseignants.

En septembre, l’appui à la loi s’élevait à 64 %, selon un autre sondage de la firme.

Selon le président de l’Association d’études canadiennes, Jack Jedwab, cette baisse peut être attribuable aux récents débats soulevés notamment par le cas d’une enseignante de l’Outaouais à qui on a retiré sa classe parce qu’elle contrevenait à la loi en portant le voile.

Divers opposants à la loi avaient alors exhorté le gouvernement fédéral à appuyer les diverses contestations judiciaires. Ce cas avait incité des maires du Canada anglais à s’engager à aider ces contestations.

Le sondage a été mené en ligne du 7 au 9 janvier auprès de 1547 Canadiens âgés de 18 ans et plus.

Le Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien dit qu’une marge d’erreur ne peut pas être attribuée à un sondage en ligne parce qu’ils ne constituent pas un échantillon aléatoire de la population.

En décembre, la commission scolaire Western Québec avait assigné Fatemeh Anvari, une enseignante de 3e année, à des tâches autres que l’enseignement parce qu’elle portait un hidjab. Cela avait soulevé l’ire de l’autre côté de l’Outaouais.

M. Jedwab croit que l’incident a jeté un nouvel éclairage sur les véritables répercussions de la loi autrefois perçue comme étant plutôt symbolique.

« Quand on voit une personne portant le hidjab ne plus pouvoir enseigner, je crois que cela a contribué à cette baisse d’appui », commente-t-il.

Le premier ministre François Legault a souvent rappelé à ceux qui, à l’extérieur de la province, comptaient contester la loi que celle-ci recevait un fort appui de la population.

M. Jedwab dit que les résultats du sondage peuvent laisser entendre que cet appui est en train de s’éroder, même s’il est encore trop tôt pour vérifier si cette baisse est une réaction temporaire au cas de Mme Anvari.

Division linguistique et générationnelle

Le sondage indique que les premières lignes de brisure entre partisans et opposants sont d’ordre linguistique et générationnel.

Ainsi, 59 % des répondants francophones se disent « totalement » ou « plutôt » en faveur d’interdire les symboles religieux visibles par les enseignants. Du côté des répondants anglophones, cet appui dégringole à 26 %.

Parmi les Québécois, ce sont les répondants âgés de 65 à 74 ans qui appuient le plus cette interdiction à 73,9 %, comparativement à seulement 27,8 % de ceux âgés de 18 à 24 ans.

Dans l’ensemble du pays, un répondant sur trois se dit en faveur de l’interdiction, contre 55 % d’opposants et 12 % d’indécis.

Une majorité de répondants, même au Québec, estime qu’il est important que la Cour suprême du Canada se penche sur la question.

Mais une intervention du gouvernement fédéral devant la Cour suprême divise plus l’opinion. Une telle action reçoit l’appui de 39 % des répondants contre 29 % qui s’y opposent.

Au Québec, une majorité des répondants désapprouve une intervention du gouvernement fédéral, 42 % contre 37 %.

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