Le Carnaval de Québec est maintenu malgré la pandémie

Pour une deuxième année pandémique, l’organisation résiste et refuse de laisser la COVID gâcher les réjouissances.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Pour une deuxième année pandémique, l’organisation résiste et refuse de laisser la COVID gâcher les réjouissances.

Masque au visage et ceinture fléchée à la taille, Bonhomme tient tête à Omicron et va de l’avant avec son 68e Carnaval. Du 4 au 13 février à Québec, il faudra être chaudement habillé et surtout adéquatement vacciné pour accéder à la fête.

Pour une deuxième année pandémique, l’organisation résiste et refuse de laisser la COVID gâcher les réjouissances. Le Carnaval monte aux barricades pour briser la morosité ambiante, en érigeant un des plus imposants châteaux de glace de son histoire devant l’Assemblée nationale.

Encore une fois, la pandémie aura raison du traditionnel défilé dans les rues de Québec, qui n’aura pas lieu pour une deuxième année consécutive. Les curieux et les curieuses pourront toutefois découvrir les coulisses de l’événement en entrant dans le ventre de quatre chars allégoriques.

Les soirées musicales sont elles aussi passées à la trappe. Plus de hip-hop ni d’électro pour faire danser la compagnie : le Carnaval propose plutôt un tournoi de hockey de rue à l’échelle de tous les quartiers, dont la grande finale aura lieu à l’amphithéâtre de Québec, foyer de l’équipe de junior majeur les Remparts.

Autre nouveauté cette année : Bonhomme régnera sur son royaume d’hiver du haut d’un château, contrairement à l’an dernier où le palais était dispersé sur plusieurs places publiques de Québec. Lundi, les ouvriers s’affairaient à empiler en remparts et en tourelles les 2700 blocs de glace qui composeront la villa carnavalesque inspirée des manoirs de la Californie.

La place George-V et le parc de la Francophonie accueilleront des glissades et des concours d’adresse inspirés du folklore des bûcherons. Il faudra, pour visiter le palais des glaces et profiter de ces deux sites, présenter un passeport vaccinal.

Quelques activités se voient reléguer aux oubliettes en raison de la pandémie. La baignade polaire, la course de pelle-traîneau et le défi des coureurs n’auront plus lieu dans la vallée de la Jacques-Cartier. Idem pour le rassemblement du bain de neige : les trempettes auront plutôt lieu dans les cours arrière, et c’est en ligne que les téméraires pourront partager leur exploit.

Pour attirer les familles dans le secteur nord de Québec, le Carnaval propose plutôt une chasse au trésor avec, à la clé, des prix pour « profiter de la magnifique région de la Jacques-Cartier ».

Enfin, les célèbres sculptures de glace reviennent encore une fois dans les différents quartiers de la ville. Une centaine d’entre elles embelliront les grandes artères de la Haute et de la Basse-Ville.

Des bénévoles manquants

À trois semaines de son lancement, le Carnaval peine à recruter les bénévoles dont il a besoin. L’organisation en cherche encore une centaine pour assurer la sécurité des sites et des carnavaleux, qui étaient un demi-million à profiter des dix jours d’activités en 2020. De ces 500 000 personnes, la moitié provenait de l’extérieur de Québec.

L’élaboration du Carnaval nécessite des mois de travail et est le fruit d’une année complète de réflexions. Depuis la COVID, les plans changent à chaque nouvelle vague, et Omicron a aussi fait des siennes : à un mois et des poussières du jour 1, l’organisation a encore dû se retrousser les manches pour réinventer l’événement.

« Je vais paraître un peu plate à dire qu’on s’habitue, mais ça fait deux ans, et dans le domaine de l’événementiel, c’est un peu notre quotidien, explique Mélanie Raymond, la directrice générale du Carnaval. Je ne dirais pas qu’on n’a pas hâte que ce soit derrière nous… mais on fait avec. »

Bonhomme est réputé pour lever la jambe bien haut : il entend mettre sa souplesse à profit pour faire un pied de nez à la COVID, encore cette année, et « mettre un peu de lumière dans la journée des gens », comme le souhaite l’organisation.

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