La question des CHSLD n’était pas visée spécifiquement par les premières directives de Québec

L’ex-sous-ministre adjoint Pierre Lafleur a reconnu que la question spécifique des CHSLD n’avait été abordée en Comité de gestion de réseau qu’autour de la mi-mars 2020.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ex-sous-ministre adjoint Pierre Lafleur a reconnu que la question spécifique des CHSLD n’avait été abordée en Comité de gestion de réseau qu’autour de la mi-mars 2020.

Les premières directives sur la COVID-19 transmises par Québec au réseau de la santé en janvier 2020 ne concernaient pas spécifiquement la question des CHSLD, a avancé un ex-haut fonctionnaire lundi, à la reprise des travaux dans l’enquête de la coroner sur les décès survenus lors de la première vague de la pandémie.

Devant la coroner Géhane Kamel, l’ex-sous-ministre adjoint à la Direction générale de la coordination, de la planification, de la performance et de la qualité, Pierre Lafleur, a déclaré qu’un drapeau « jaune » avait été levé dans une lettre aux établissements le 28 janvier 2020, « en disant : “Il va peut-être se passer quelque chose, il faut s’organiser et voici ce qu’on s’attend de vous”. »

« Dans le fond, il n’y a rien dans cette lettre-là qui indique aux gens : “Attention, c’est votre premier drapeau rouge concernant les CHSLD” », l’a relancé la coroner.

« Dans cette lettre-là, on s’adresse aux établissements. Les établissements ont plusieurs missions, dont les CHSLD », a insisté M. Lafleur.

Il a reconnu que la question spécifique des CHSLD n’avait été abordée en Comité de gestion de réseau (CGR) qu’autour de la mi-mars 2020. Entre janvier et mars, « c’est ce portrait-là qui me manque », a répondu Me Kamel.

« Je reste préoccupée. […] Je n’entends personne me dire vraiment ce qui se passe entre janvier et mars et je suis dans les derniers milles », s’est-elle exclamée.

Témoignages clés repoussés

Le témoignage fort attendu de la ministre des Aînés, Marguerite Blais a par ailleurs été repoussé d’une journée et aura finalement lieu vendredi.

Témoin clé, Mme Blais, qui est âgée de 71 ans, avait d’abord annulé sa participation à l’enquête en raison d’ennuis de santé, avant de récemment changer son fusil d’épaule.

Lundi, Me Kamel a expliqué qu’elle était censée entendre Mme Blais jeudi, mais que la salle du palais de justice de Trois-Rivières mise à sa disposition n’était disponible que vendredi.

Elle a du même souffle annoncé que le responsable de la sécurité civile, Martin Simard, qui était censé témoigner lundi matin, avait eu un « contretemps », mais qu’il pourrait se présenter à l’enquête vendredi ou lundi prochain.

Le témoignage de M. Simard constitue, selon la coroner, le « morceau de puzzle qui manque » pour comprendre quelles préparations ont réellement été faites entre janvier et mars 2020 pour faire face à la pandémie de COVID-19 dans les CHSLD.

La coroner Kamel se penche depuis des mois sur la situation des CHSLD lors de la première vague de la pandémie. Près de 4000 personnes sont décédées dans ces établissements entre mars et juin 2020.

Son objectif n’est pas de désigner un coupable, mais bien de formuler des recommandations pour éviter de futures tragédies, a-t-elle affirmé.

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