Les 7 249 800 Québécois vaccinés

L’adhésion de la population a été déterminante tout au long de la pandémie.
Photo: Maia Faddoul L’adhésion de la population a été déterminante tout au long de la pandémie.

Le respect des mesures sanitaires et l’adhésion au vaccin par la population se sont révélés parmi les meilleurs des pays développés.

Pour l’épidémiologiste Benoît Mâsse, de l’École de santé publique de l’Université de Montréal, c’est à la majorité de la population que doit aller le coup de chapeau de l’année 2021.

« La clé, dans une pandémie, c’est la réponse de la population. Même au Canada, on a vu que la réponse au vaccin variait selon les provinces. La campagne de vaccination, ici, a connu un franc succès en raison de la population qui a embarqué », dit-il.

Bien que certains antivax et malheureux « partys de la dernière chance » aient attiré l’attention, l’épidémiologiste considère que le comportement irréprochable d’une majorité des Québécois a été trop souvent passé sous silence. Tant en ce qui a trait au respect des multiples mesures sanitaires (port du masque, respect des couvre-feux et distanciation) que pour leur forte adhésion à la vaccination.

En date du 20 décembre, plus de 6,6 millions de Québécois de 5 ans ou plus étaient adéquatement vaccinés, soit un peu plus de 78 % de la population, selon la plus récente vigie de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). La part de Québécois doublement vaccinés, bien que moins élevée que celle des provinces atlantiques ou de la Colombie-Britannique, devance toujours celle de l’Ontario et la moyenne canadienne.

À titre comparatif, le Québec se classe, en matière de vaccination adéquate, parmi les 15 meilleurs pays du monde, aux côtés de l’Islande (78 %) et de la Malaisie (80 %), mais derrière l’Espagne (81 %), Cuba (83,7 %), le Chili (86 %) et le Portugal (88 %), selon le portrait mondial dressé le 20 décembre par l’université Johns Hopkins.

Le Dr Gaston de Serres, médecin-conseil à l’INSPQ et membre du Comité sur l’immunisation du Québec, juge que 90 % de l’effet d’une mesure sanitaire résulte de la capacité à « convaincre » les gens et à générer l’adhésion du plus grand nombre. « Le fait qu’une population ait confiance en ses dirigeants et en la science est la clé. C’est le plus gros déterminant pour la vaccination, dit-il. Le passeport sanitaire a aussi augmenté l’adhésion. Avec ce qui se passe chez nos voisins du Sud, on réalise toute l’importance que peut avoir un régime politique sur l’adhésion à des mesures sanitaires. »

Les deux puissances mondiales, la Russie (taux de vaccination sous les 45 %) et les États-Unis (62 %), illustrent à quel point l’instrumentalisation et la division politique peuvent porter ombrage et hypothéquer l’adhésion aux mesures populationnelles.

Même au sein de pays riches et considérés parmi les mieux organisés d’Europe, les campagnes de vaccination ont connu des ratés, notamment en Suisse (67 %), en Allemagne (70 %) ou en Autriche (71 %).

Francine Dupuis, p.-d.g. du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île de Montréal, ajoute que la confiance de la population s’est gagnée pas à pas sur le terrain, en atteignant notamment des collectivités isolées, au départ plus réticentes au vaccin. « À Montréal, on est carrément entrés dans le cœur de nos communautés, grâce à nos organisateurs communautaires, notamment chez certaines qui vivent quasiment en autarcie. Ça a aidé non seulement la vaccination, mais le dépistage, dit-elle. Cette sensibilité était là au départ. Sans cela, la couverture vaccinale aurait été beaucoup plus faible sur notre territoire. Ça a été un élément déterminant. »



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