Décès d’une femme inuite dans les rues de Montréal

Centre-ville de Montréal
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Centre-ville de Montréal

Une femme inuite est morte dans le froid, samedi dernier, dans les rues de Montréal. Son décès ravive les souvenirs de Raphaël André, décédé tout aussi tragiquement l’hiver dernier.

Pierre Parent connaissait « très bien » Lizzie Pootoogook. L’intervenant pour Projet des Travailleuses de Soutien Autochtones et Projet Autochtone Québec travaille tous les jours auprès de ce type de personnes confinées à la pauvreté. « Elle avait un système immunitaire affaibli et de l’alcool dans le foie. Elle a trouvé ce coin pour être tranquille pour ne pas être poursuivi. Malheureusement, elle ne s’est pas réveillée. C’est triste, tragique », raconte-t-il.

Le Service de police de la Ville de Montréal confirme qu’aucun élément criminel n’est à noter dans ce décès survenu près d’un chantier de construction, coin René-Lévesque et Atwater. Un coroner est chargé de faire la lumière sur les causes exactes du décès.

« Ce n’est pas le premier et ça ne sera pas le dernier, malheureusement », croit Pierre Parent.

Les organismes pour lesquels il travaille tentent pourtant de trouver des logements adaptés, d’améliorer leurs services et d’ouvrir leur refuge 24 heures sur 24 heures pour les personnes en état d’ébriété. « Ce qui arrive, c’est que les gens sont punis », explique-t-il. « Tu es trop saoul, tu sacres ou tu fais ci ou ça, et tu ne peux plus venir ici pour une semaine. Mais il n’y a pas d’autres endroits pour les autochtones. »

La « même histoire » était arrivée à Raphaël André, se remémore l’intervenant.

« [Après son décès], ils nous avaient donné des couvertures et des cannes. Mais le problème est réel et ne va pas disparaître. Je pense même qu’il va en augmentant », assure-t-il. « De plus en plus de personnes partent du Nord et se rendent dans le Sud, à Montréal. Les ressources s’étirent et deviennent minces. » Il salue au passage les millions de dollars promis par Québec en ce sens.

Projets Autochtones tiendra lundi prochain une vigie au square Cabot pour « veiller à ce que sa mort mène à des options de logement culturellement sûres pour la communauté inuite de Montréal ».

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