Des projets de philanthropie qui rapportent à la société

Miriane Demers-Lemay
Collaboration spéciale
Une équipe composée d’étudiants stagiaires et de professeurs de l’Université de Montréal donnent des services en orthopédagogie, en optométrie et en médecine dentaire aux enfants du quartier de Parc-Extension.
Photo: Benjamin Seropian Une équipe composée d’étudiants stagiaires et de professeurs de l’Université de Montréal donnent des services en orthopédagogie, en optométrie et en médecine dentaire aux enfants du quartier de Parc-Extension.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Dès le début de la pandémie, le bureau de la philanthropie de l’Université de Montréal a lancé une campagne de fonds pour soutenir les étudiants et investir dans la recherche sur la COVID-19. Outre cette mobilisation exceptionnelle, les dons permettent d’investir continuellement dans divers projets qui ont un impact direct sur la vie de plusieurs personnes et dans la société. Trois exemples.

Soutenir les étudiants ainsi que la recherche en temps de pandémie

 

« La Faculté de musique a été la première à lever la main pour dire que leurs étudiants ne pouvaient plus faire de prestations musicales [en raison de la pandémie], que leurs revenus sont tombés à zéro et qu’ils sont en précarité financière », se rappelle Hélène Véronneau, directrice générale du développement philanthropique de l’Université de Montréal (UdeM), concernant les difficiles conditions vécues par les étudiants au printemps 2020. Une évidence s’est par la suite manifestée, alors que plusieurs étudiants se sont retrouvés dans une situation similaire. Une campagne d’urgence a donc rapidement été déployée pour leur venir en aide, et la réponse de la communauté ne s’est pas fait attendre.

En 2020, une campagne de fonds visant à collecter 5 millions de dollars a aussi été lancée pour soutenir la recherche ainsi que des scientifiques propulsés sur la ligne de front concernant la lutte contre la COVID-19. Les fonds collectés ont été transférés dans des projets visant à accélérer la découverte de solutions pour freiner la pandémie, ainsi qu’à tirer les leçons de cette crise sanitaire, économique et sociale. « Au-delà de la santé, la pandémie a des effets sur différentes sphères de la société ; les fonds ont aussi servi pour des études en psychologie, comment soutenir les gens en période de deuil », observe Mme Véronneau.

Plus d’une centaine de projets de recherche ont ainsi été développés pour répondre à cette demande. Les projets visent notamment à combler le manque de connaissances fondamentales face au virus, mettre au point des traitements et un vaccin, élaborer les approches pour prévenir les infections, intégrer l’intelligence artificielle dans différents secteurs de recherche. Les projets sont financés par le fonds philanthropique créé pour lutter contre la COVID, ainsi que des investissements du gouvernement fédéral.

Bourses de la réussite étudiante

 

« Ma situation n’est pas facile, j’ai un fils, je dois respecter les échéanciers, remettre les devoirs à temps. Pour y arriver, il faut de la détermination », témoigne Rebecca Charles, jeune diplômée en études internationale et récipiendaire d’une bourse de la réussite étudiante au premier cycle, dans une vidéo sur le site de l’UdeM. « Recevoir une bourse, ça change une session, ça change une vie. » Comme dans ce cas précis, les dons philanthropiques permettent également de décerner des bourses de la réussite étudiante à des étudiants du premier cycle qui se démarquent pour leurs études, leur persévérance ou leur engagement tout au long de leur parcours.

L’université ancrée dans le tissu communautaire

Dans le quartier montréalais de Parc-Extension, un organisme soutenu par la Fondation Marcelle et Jean Coutu réunit les familles et les écoles du quartier, ainsi que des professeurs et des étudiants de l’UdeM depuis environ 15 ans. Les membres de l’université donnent des services en orthopédagogie, en optométrie et en médecine dentaire aux enfants du quartier. L’un des objectifs du projet est d’aider les étudiants à gagner de l’expérience dans des milieux multiculturels et plus défavorisés.

« L’Extension permet d’assurer le bien-être des élèves, qui seront ensuite mieux disposés à apprendre », souligne Laila Tamda, directrice adjointe de l’école Barclay, dans un article de l’UdeM paru à l’octobre 2020. Pendant plusieurs années, l’organisme a logé dans les salles de classe de l’école Barclay, dans le quartier. L’école accueillant de plus en plus d’élèves, l’Extension a dû déménager dans de nouveaux locaux en 2020. L’inauguration de nouveaux locaux près du métro Acadie a été permise par une mobilisation philanthropique de plus de 350 donateurs, ainsi que par un don de la Fondation Marcelle et Jean Coutu. L’expansion de l’organisme permettra d’élargir l’implication des étudiants provenant d’autres facultés de l’université et d’offrir des services aux jeunes de l’école secondaire.

Le chancelier de l’UdeM, Frantz Saintellemy, souligne d’ailleurs l’importance pour l’université d’être ancrée dans la communauté. « Si on regarde le nouveau campus MIL, son aménagement a été pensé de façon à donner accès à la communauté locale à l’infrastructure universitaire, observe-t-il. Entre les quartiers du Mont-Royal, Outremont et Parc-Extension, il y a comme une séparation physique, et l’université vient connecter, comme une passerelle, ces trois quartiers. »

La construction du campus MIL a également bénéficié de la contribution de mécènes, tel le couple d’anciens diplômés, Michel Saucier et Gisèle Beaulieu. « On veut être une université qui est plus proche de son environnement, tant au niveau local qu’international, affirme le chancelier. Et éventuellement, [on veut] être une université de proximité qui est un acteur important dans sa localité. »

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