D’anciens diplômés de l’Université de Montréal réinvestissent dans l’établissement

Miriane Demers-Lemay
Collaboration spéciale
La Faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal forme environ 450 étudiants par année, ce qui représente 75% des étudiants formés dans la province.
Photo: Université de Montréal La Faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal forme environ 450 étudiants par année, ce qui représente 75% des étudiants formés dans la province.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Investir dans la recherche sur la sclérose en plaques, le soutien aux études de femmes autochtones ou la formation de la relève spécialisée en soins dentaires pour aînés… d’anciens diplômés de l’Université de Montréal (UdeM) réinvestissent dans l’établissement. Et leurs dons contribuent à améliorer les choses.

Répondre à un des besoins de la population vieillissante

Avec le vieillissement de la population québécoise, un besoin devient de plus en plus pressant dans les cabinets de dentiste : compter sur des gérontologues, c’est-à-dire des dentistes spécialistes dans les soins buccodentaires pour les aînés.

La Faculté de médecine dentaire de l’UdeM forme environ 450 étudiants par année, ce qui représente 75 % des étudiants formés dans la province, selon les chiffres de l’UdeM. De ce nombre, une minorité fera une spécialisation avec le programme de 2e cycle en gérontologie de l’université, unique au pays. Le hic, c’est qu’il ne manque pas seulement de gérontologues diplômés, mais également de professeurs ayant les connaissances requises en dentisterie et gériatrie pour former cette précieuse relève.

Pour pallier cette lacune, l’ancienne diplômée en médecine dentaire de l’université, Gisèle Beaulieu, a investi dans un fonds de bourses pour des finissants du doctorat de 1er cycle s’engageant à faire un programme de 2e cycle en gérontologie et souhaitant enseigner dans l’institution. Pour créer ces bourses, Mme Beaulieu s’est alliée avec André B. Charron, petit-fils du doyen de la Faculté de chirurgie dentaire de l’UdeM entre 1943 à 1957 et régulier donateur de l’université. Ils espèrent ainsi contribuer à répondre au besoin de professionnels dans ce domaine.

Porter un canot ou courir pour la sclérose en plaques

 

Plus de 77 000 Canadiens sont atteints de sclérose en plaques (SP), une maladie auto-immune dont les causes restent inconnues. Félix Jasmin fait partie du nombre. Pour contribuer à l’avancement de la recherche et la médecine afin de ralentir la progression de la maladie, il a décidé de partir une grande campagne de sociofinancement, nommée le Grand Portage.

« Le Grand Portage était le dernier tronçon d’une expédition de 37 jours, écrit M. Jasmin, sur le site Web de la campagne, en se référant à ses expéditions de canot en Ontario. Pour un jeune canoéiste, c’était un rite de passage intimidant, difficile, mais combien gratifiant. Aujourd’hui, en tant que patient atteint de la SP, il représente, pour moi et pour d’autres, atteints de cette maladie, le long chemin à parcourir. »

Dans le cadre du défi du Grand Portage, des équipes se relaient aussi pour transporter un canot sur 700 kilomètres sur les routes entre Toronto et Montréal. Des participants ont répondu à l’appel dans plusieurs provinces canadiennes et États américains, mais aussi ailleurs dans le monde, comme en Australie ou en Uruguay, pour réaliser leur version du grand portage, en marchant, courant ou à vélo.

L’argent ainsi récolté est entièrement remis aux projets de recherche conjoints du Dr Jack Antel, chercheur à McGill, et du Dr Alexandre Prat, chercheur au CRCHUM, professeur à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la sclérose en plaques. Ces deux experts étudient les mécanismes immunologiques et neurologiques qui contribuent à la progression de la maladie. « Née il y a plus de 35 ans, cette collaboration unique entre les deux grandes institutions montréalaises leur permet de demeurer à la fine pointe des connaissances mondiales dans le domaine de la SP », explique Félix Jasmin. Jusqu’à présent, le Grand Portage a permis de récolter plus de 580 000 $ pour la recherche.

Soutenir les étudiantes autochtones

 

C’est dans le soutien des étudiantes autochtones qu’ont décidé d’investir Bernadette Ska, professeure à l’École d’orthophonie et d’audiologie de la Faculté de médecine, et Jean-Marie Van Der Maren, professeur honoraire de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UdeM. Ils ont créé un fonds de bourses pour soutenir les jeunes femmes autochtones dans leurs études universitaires dans des programmes principalement liés aux domaines de la santé et de l’éducation. Le fonds a été nommé en l’honneur de Marie Two-Axe Earley, activiste autochtone canadienne pour les droits des femmes et des enfants autochtones. Le fonds philanthropique créé par le duo professoral constitue l’équivalent d’une fondation privée créée au sein de l’université. Depuis la création du fonds en 2017, 11 personnes ont reçues cette bourse.

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