L'Université de Sherbrooke au service des étudiants et de la communauté

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
«L’argent recueilli [par la Fondation de l’Université de Sherbrooke] a permis de créer des contextes d’apprentissage actif», fait valoir le recteur de l’établissement, Pierre Cossette.
Photo: Université de Sherbrooke «L’argent recueilli [par la Fondation de l’Université de Sherbrooke] a permis de créer des contextes d’apprentissage actif», fait valoir le recteur de l’établissement, Pierre Cossette.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Avec sa nouvelle image de marque et ses initiatives multipliées au cours des dernières années, l’Université de Sherbrooke désire devenir un moteur de changement en oeuvrant auprès de la communauté.

La plus récente campagne de financement de la Fondation de l’Université de Sherbrooke a pris fin en 2018. Pour le recteur de l’établissement, l’opération a beau être terminée, ses retombées philanthropiques sont encore observables aujourd’hui. « Tous ces dons font une grosse différence », déclare Pierre Cossette. Ainsi, l’argent recueilli a permis de créer des contextes d’apprentissage actif, explique-t-il.

« Le Centre RBC d’expertise universitaire en santé mentale est un bel exemple de ce qu’une université peut faire dans son milieu », illustre M. Cossette. Cet établissement multiplie les initiatives, notamment dans un partenariat avec l’Université Bishop’s et des cégeps de la région. « On a mutualisé les ressources pour aider les jeunes ayant des problèmes de santé psychologique. Ainsi, on leur offre à tous le même cadre de référence, le même coffre à outils », dit-il.

Le centre est aussi un lieu de recherche universitaire aux deuxième et troisième cycles. « C’est de la recherche-action qui laisse derrière elle beaucoup plus qu’un diplôme », souligne le recteur, qui ajoute que les bonnes pratiques continuent à se répandre dans le milieu de la santé.

Les dons philanthropiques à l’Université de Sherbrooke ont également mené à la création d’un partenariat unique entre l’établissement et le CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour mettre sur pied le Laboratoire de simulation clinique (LSC). Il permet à la fois à des employés du réseau de la santé et à des étudiants en médecine et en soins infirmiers de se côtoyer. Ils créent ainsi des équipes multidisciplinaires travaillant ensemble sur des situations complexes. « Il y a des laboratoires de simulation clinique dans toutes les facultés de médecine. Mais pour nous, c’est le même pour l’établissement de santé, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, et pour la Faculté », résume le recteur.

Des étudiants philanthropes

 

La campagne philanthropique qui s’est terminée en 2018 a fait naître le studio de création au nom de la Fondation Huguette et Jean-Louis Fontaine, inauguré en octobre 2019. Ce projet qui a coûté 11,2 millions de dollars a été financé à 75 % par des donateurs. Les étudiants de l’Association générale des étudiants en génie (AGEG) ont également mis la main à la pâte, en contribuant à hauteur d’un million de dollars.

L’initiative fait des petits puisque le studio accueillera prochainement l’Usine-école Siboire, un OBNL créé en partenariat avec la microbrasserie du même nom. Un véritable « laboratoire de formation » qui sera inauguré en 2022, souligne M. Cossette. L’endroit possédera les infrastructures pour proposer notamment aux élèves de faire du génie biotechnologique et du génie chimique. « C’est un bel exemple de la façon dont la philanthropie nous permet de faire différemment, à la fois pour les étudiants, mais aussi pour les employés et le corps professoral », ajoute-t-il.

Aider les entrepreneurs

 

Alors que la première vague épidémiologique a entraîné une chute des activités économiques au pays, les étudiants en entrepreneuriat de l’université ont tout de même pu compter sur l’Accélérateur d’entreprises technologiques (ACET). La Banque Nationale y a d’ailleurs fait don de 2,4 millions de dollars en 2018. « L’équipe a continué de soutenir nos jeunes pousses pour passer à travers la crise et repartir sur une autre lancée », se réjouit le recteur.

L’ACET permet également le travail interdisciplinaire entre des élèves en gestion et ceux d’autres facultés. Cela donne naissance à des projets pratiques comme l’analyse en santé publique de tours de ventilation ou la dépollution des plages, illustre M. Cossette. « Mais ce n’est pas juste pour financer des entreprises », précise-t-il. De ce fait, l’ACET met l’accent sur le mentorat afin de prêter main-forte aux étudiants pour passer de la phase d’idéation à celle de la commercialisation. « L’accélérateur aide les jeunes à traduire leurs rêves, leurs idées, leurs intuitions, en quelque chose de concret », se réjouit-il.

L’Université travaille également de pair avec la Ville de Sherbrooke pour aller au-devant des besoins de la communauté locale. Ainsi, la municipalité s’engage à verser une somme pouvant grimper jusqu’à 6 millions de dollars sur dix ans. Ce financement vient sous forme de ristournes sur les sommes tenant lieu de taxes générées par les nouvelles constructions sur le campus. Cela a permis à l’établissement d’enseignement supérieur d’embaucher du personnel destiné à mettre en lien les experts de l’université et la population.

« Cheminer dans une organisation où il y a 7000 employés et 30 000 étudiants, c’est assez compliqué de trouver qui peut faire quoi », observe le recteur. Ainsi, des spécialistes de différents domaines prêtent main-forte à des entrepreneurs locaux de secteurs diversifiés. « Parfois, ce sont de petites PME qui ne peuvent pas se payer de la recherche et du développement. Avec notre groupe des partenariats d’affaires, ça crée un guichet pour la communauté » qui facilite le processus, détaille-t-il.

Un nouveau logo rassembleur

 

Afin de devenir une « marque de communautés », l’Université de Sherbrooke a d’ailleurs dévoilé en octobre un tout nouveau logo. « On veut un univers de marque qui est beaucoup plus flexible », projette M. Cossette. Ainsi, le logo « UdS » remplace « UdeS » en décloisonnant la dernière lettre.

Par ce changement, l’université désire non seulement pouvoir adapter son symbole aux plateformes numériques et aux réseaux sociaux, mais également s’assurer que ses partenaires puissent le modifier à leur image. « On sort le “S” de la boîte pour que notre communauté et nos associations étudiantes puissent se l’approprier », explique le recteur. « Parfois, c’est difficile de voir tout ça dans un seul petit logo, mais l’idée est vraiment de dire “l’UdS, c’est nous”. »

À voir en vidéo